Le soutien aux artistes

Les résidences

L’accompagnement des artistes est l’essence même de La Maison CDCN. Offrir aux artistes des temps de recherches, des espaces de création, soutenir financièrement des productions ou encore accompagner certains dans leur structuration professionnelle fait partie intégrante de notre mission. Les résidences sont des temps de réflexion, de travail, de recherche et d’expérimentation pendant lesquels La Maison ouvre ses portes et met à la disposition des artistes un lieu de travail, un logement, une assistance technique et une aide financière. Sans lieu fixe, La Maison CDCN accueille ces résidences grâce à des partenaires engagés et en déployant son studio mobile sur le territoire.

au Théâtre de Nîmes, salle de l’Odéon, dans le cadre du programme ÉTAPE DANSE

ANNA MASSONI / Association 33e parallèle (France)
Rideau

Après un parcours d’une quinzaine d’années en tant qu’interprète, ou dans des démarches collaboratives, sinon collectives, Anna Massoni crée en 2019 un premier solo, Notte. Une signature précise, détaillée, se révèle. Un intriguant jeu de cohabitations aussi, entre voix et corps, fredonnements et partitions physiques. Deux écritures qu’elle fait dialoguer dans une subtile oscillation entre croisements et déphasages. Une démarche qui exige de sa part une double attention constante, et génère une captivante présence au plateau.
Ce travail profond et singulier, La Maison CDCN a choisi de l’accompagner, dans le cadre d’Étape danse, programme européen de soutien à la création. Cette année, l’artiste s’engage ainsi dans la construction d’un nouvel opus, Rideau, en prolongement direct de son premier solo. Mais cette fois, la question de l’attention dédoublée s’externalise, et se multiplie : c’est avec l’environnement scénique (lumière, espace, son) que la chorégraphe-interprète doit à présent construire un écosystème.
Une sorte de diffraction de l’univers proposé par Notte, et de son principe de cohabitations entre différentes partitions à la fois autonomes et interconnectées.

Résidence du 17 au 24 septembre 2021

Le studio mobile s’installe au Prieuré Saint-Pierre, à Pont-Saint-Esprit

FABRICE RAMALINGOM / R.A.M.a (France)
Générations

Invité régulier du festival Uzès danse, artiste associé à La Maison CDCN de 2012 à 2015, Fabrice Ramalingom a toujours placé l’humain et la question de la relation – à soi, aux autres – au centre de son travail. Oscillant entre goût pour le « portrait » et construction autour du groupe, son écriture s’appuie volontiers sur la personnalité de ses interprètes, pour mieux révéler la complexité – par essence – de tout individu. Explorer les maillages ou métissages, allier l’intime et le politique : des enjeux qui résonnent également avec sa démarche résolument ancrée dans les corps, sans pour autant s’interdire de jouer avec les mots, voire la vidéo.
En travail cette saison à l’écriture d’une nouvelle pièce, Générations, Fabrice Ramalingom sera en octobre en résidence à Pont-Saint-Esprit. Présenté en juin prochain au festival Uzès danse, ce futur duo entre Jean Rochereau et Hugues Rondepierre s’envisage comme une battle entre deux danseurs, l’un au « crépuscule » de sa carrière, l’autre à l’« aube »… Une façon de creuser l’entre-deux de ces temps d’une vie, et ce chemin qui les relie qu’on appelle « vieillissement ».

Résidence du 7 au 26 octobre 2021

au studio Condorcet à Nîmes, dans le cadre du programme ÉTAPE DANSE
HERMANN HEISIG (Allemagne)
7 Spells (titre provisoire)

Un esprit loufoque, un rien tarabiscoté, doublé d’une esthétique du bricolage : telle pourrait être résumée la facture singulière de ce chorégraphe qui affiche volontiers une certaine maladresse, pour mieux se mettre en relation, en empathie, avec le monde –
espace, objets, interprètes, public…
C’est à l’âge de 15 ans qu’il lance ses premiers dés dans la danse, en participant à un concours de solos organisé par le festival euro-scene à Leipzig. Le premier prix l’attend, et le pousse à poursuivre son jeu de performances absurdes dans des soirées alternatives. Vers 20 ans, il part pour Berlin et prend la voie d’une professionnalisation, qui l’amènera jusqu’à Montpellier et au master Exerce. C’est ainsi qu’il rencontre le festival Uzès danse, auquel il participera en 2009 dans le cadre de Looping, projet européen de soutien aux jeunes chorégraphes, puis en 2017 en tant qu’interprète pour Martine Pisani (UNDATED).
Dans son travail de chorégraphe, Hermann Heisig s’intéresse aux aléas, à la vaine maîtrise absolue des choses. Ce questionnement l’a mené à explorer les notions de résonance et d’écho. Un rapport à la voix, aux triangulations entre corps, voix et espace, s’est ainsi glissé dans son écriture. Cet enjeu est au cœur d’un projet de trio, 7 Spells (titre provisoire), qu’il développe avec Elpida Orfanidou et Roger Sala Reyner – et pour lequel ils seront en résidence à Nîmes, grâce au programme européen Étape danse et au conseil départemental du Gard.

Résidence du 19 février au 6 mars
Atelier de pratique dimanche 27 février de 10:00 à 13:00

Le studio mobile s’installe au Prieuré Saint-Pierre, à Pont-Saint-Esprit

Danya Hammoud / L’Heure en commun (Liban / France) - ARTISTE ASSOCIÉE
Devenir crocodile

Danya Hammoud développe une écriture ciselée, détaillée, tout en tensions contenues mais résolument perceptibles. Une danse de l’attention – à soi, à l’intérieur de soi, et aux autres. Un goût prononcé pour une certaine lenteur aussi, ou « densité » pour
reprendre son expression.
Avec Sérénités était son titre, présentée au dernier festival Uzès danse (et en tournée dans la région cette saison), l’artiste a pris quelques distances avec les contraintes d’écriture qui guidaient jusque-là sa démarche. Ce chemin de recherche, Danya Hammoud le poursuit à travers la création d’un nouvel opus, dont la première se tiendra en juin prochain, au festival, et qu’elle a choisi d’intituler – pour l’instant – Devenir crocodile.
« Un animal est toujours présent dans mes processus. Une sorte de compagnon dont l’état de corps, ou ce qu’il représente, est une espèce de guide... Le crocodile a une texture rugueuse et une « économie » particulière : une énergie, une stabilité, un regard et, soudain, jaillit un déferlement, qui peut être dévastateur… »

Résidence du 10 mars au 1er avril
Atelier de pratique dimanche 20 mars de 10:00 à 13:00

Toujours dans le Prieuré Saint-Pierre, à Pont-Saint-Esprit

Hamdi Dridi / Cie Chantiers Publics (France)
Black / White

Depuis le hip-hop qu’il pratiquait à Tunis, en passant par ses formations auprès de Maguy Marin à Rillieux-La-Pape, au sein du CNDC d’Angers ou encore, dans le cadre du master Exerce à Montpellier, Hamdi Dridi ne semble avoir de cesse d’affiner son langage personnel en se frottant à de nouveaux contextes, de nouvelles formes ou esthétiques.
Dans ce développement empli d’hybridations, le geste ouvrier est devenu une de ses ressources récurrentes. Susciter des maillages entre musique et danse, explorer les espaces possibles entre le mouvement et le sens, l’abstraction et le tangible : d’autres points d’attention dans sa démarche chorégraphique.
En résidence cette saison à Pont-Saint-Esprit, Hamdi Dridi poursuit ses recherches en vue d’un futur projet, dont le point de départ est l’univers exploré dans le processus de création de son récent Black / White /// Opus 2, duo écrit en complicité avec Emmanuel
de Almeida. Une suite – en quelque sorte – pour une version à la fois décuplée dans son nombre d’interprètes, et redéployée dans ses paysages physiques et sonores. Ces deux semaines de travail dans le Gard seront l’occasion d’aller à la rencontre de cet artiste « nomade », comme il se qualifie lui-même, à travers une représentation de Black / White /// Opus 2.

Résidence du 4 au 15 avril
Spectacle jeudi 7 avril à 20:30

Toujours dans le Prieuré Saint-Pierre, à Pont-Saint-Esprit

Léa Leclerc / Cie Patchwork (France)
Like Me

Enfant du Gard, Léa Leclerc a commencé très tôt la danse. Tutu et chaussons étaient ses accessoires jusqu’à ce qu’elle rejoigne le Jeune Ballet d’Aquitaine et découvre d’autres formes que la danse classique. C’est là qu’elle rencontre en particulier le chorégraphe Gilles Baron, qui lui donne le désir d’explorer la danse contemporaine et de s’engager dans la recherche d’un langage propre.
Au sortir de cette formation, elle entame ainsi d’emblée une carrière professionnelle en tant que chorégraphe. Paul, son troisième solo en date (présenté en juin dernier au festival Uzès danse), révèle clairement le premier sillon creusé par cette jeune artiste : une signature nerveuse, à la fois condensée et saccadée, jouant volontiers entre vitesse et arrêts brusques.
Cette saison, accompagnée par La Maison CDCN et le Conseil départemental du Gard, Léa Leclerc s’investit dans l’écriture d’un nouveau solo, Like Me, qu’elle créera en juin prochain à Uzès danse. Tout en questionnant l’identité et l’exposition de soi – démarche récurrente dans son parcours –, elle entend également s’aventurer ici dans l’exploration de nouvelles tonalités chorégraphiques.

Résidence du 18 au 30 avril
Sortie de résidence jeudi 28 avril à 19:30