Somnole

Boris Charmatz

Le 10 juin 

Seul sur scène, Boris Charmatz danse en même temps qu’il siffle, siffle en même temps qu’il danse. De cette contrainte d’écriture, il tire délicatement le fil d’une dérive, medley aussi musical que chorégraphique, où s’entremêlent poésie et humour, simplicité et virtuosité.

Alone on stage, Boris Charmatz dances, and at the same time he whistles, he whistles as he dances. This choreographic constraint gives him access to a delicate diversion, a musical and choreographic medley combining humour, poetry, simplicity and virtuosity.

Dans SOMNOLE, Boris Charmatz réunit deux univers qui le constituent : le mouvement – bien sûr – à partir duquel il a construit son métier, son renom ; et le sifflement, passion jusque-là discrète, mais qui l’accompagne pourtant depuis l’enfance. Par cette réunion, il questionne également, presque l’air de rien, ce qui relie danse et musique. Un lien qu’il rend ici on ne peut plus intrinsèque : les deux langages naissent du même endroit, au même moment ; émergent du même souffle.
Sur un large plateau noir, le chorégraphe, vêtu d’une jupe-patchwork aux allures de kilt, semble se laisser dériver avec légèreté ou nonchalance. Au gré d’une danse sifflotée, il varie avec tact les énergies, les gestuelles, les mélodies. Musicalement, le medley qu’il nous siffle joue volontiers avec notre mémoire, convoque tous azimuts bien des pistes reconnaissables : Vivaldi, Bach, Gershwin, Ennio Morricone croisent Billie Eilish, la B.O. de La Panthère Rose, le chant d’un oiseau, Les Feuilles mortes… Point de zapping pour autant dans cette partition composite, mais un lent et habile slalom qui, progressivement, vient réveiller le geste, le visage, déployer le corps, l’ouvrir à l’espace, et à la conscience de l’autre. Dans cette trajectoire à la fois libre et funambule, SOMNOLE nous offre ainsi un nouage précieux, délicat, entre danse et musique, pour mieux tracer un trait d’union entre l’intime et le commun, l’individu et le collectif.

Chorégraphie, interprétation Boris Charmatz
Assistante chorégraphique Magali Caillet Gajan
Lumières Yves Godin
Collaboration costume Marion Regnier
Travail vocal Dalila Khatir
Avec les conseils de Bertrand Causse et Médéric Collignon
Inspirations musicales J.S. Bach, A. Vivaldi, B. Eilish, La Panthère Rose, J. Kosma, E. Morricone, chants d’oiseaux, G.F. Haendel, Stormy Weather
Régie générale Fabrice Le Fur
Directrice déléguée [terrain] Hélène Joly
Direction des productions Lucas Chardon, Martina Hochmuth
Chargé·e·s de production Jessica Crasnier, Briac Geffrault
© Marc Domage

Production, diffusion [terrain]. Avec le soutien de Dance Reflections by Van Cleef & Arpels. Coproduction Opéra de Lille – Théâtre Lyrique d’Intérêt National, le phénix - scène nationale de Valenciennes – pôle européen de création, Bonlieu – scène nationale d’Annecy, Charleroi Danse – Centre chorégraphique de Wallonie-Bruxelles (Belgique), Festival d’Automne à Paris, Festival de Marseille, Teatro Municipal do Porto, Helsinki Festival, Scène nationale d’Orléans, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis (Bobigny), Pavillon ADC (Genève). Avec le soutien de Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, dans le cadre du programme Atelier en résidence. Avec la participation du Jeune théâtre national. Remerciements Alban Moraud, Mette Ingvartsen, Iris Ingvartsen Charmatz, Xenia Ingvartsen Charmatz, Florentine Busson, Germain Fourvel.

Rencontre avec Boris Charmatz (propos recueillis par Olivier Hespel)

Après quasi trente ans de carrière, pourquoi revenir à la forme solo ?
C’est vrai que, depuis Les Disparates (1994), je n’ai plus fait de solo. Et encore, ce n’était pas exactement un solo : le projet s’est inventé à deux, avec Dimitri Chamblas, et je dansais avec une sculpture de Toni Grand... Pour beaucoup de chorégraphes, le solo est une première forme, un passage « obligé » quasiment. Cela n’a pas été mon cas. Je ne me voyais pas chorégraphier pour moi ; cela m’intéressait davantage de travailler avec d’autres… Alors pourquoi faire un solo, aujourd’hui ? Je n’ai pas vraiment de réponse à cette question… En tout cas, j’ai adoré cette période de préparation de SOMNOLE. Seul, le lien avec la dimension intuitive du travail de création est beaucoup plus direct : il n’y a pas besoin de transmettre, de se faire comprendre. Ceci dit, je n’étais pas seul pour la finalisation de ce solo. Dans le dernier tiers des répétitions, des regards extérieurs sont intervenus. Comme Magali Caillet Gajan, qui m’assiste habituellement sur la chorégraphie, et Dalila Khatir, qui m’aide régulièrement sur le travail vocal. Toutes ces personnes m’ont questionné sur ce que je faisais, sur le choix des musiques, etc. Elles m’ont aidé à construire la pièce que SOMNOLE est devenue.

Siffler : un acte qui vous accompagne depuis l’enfance, mais c’est la première fois qu’il intervient dans votre travail.
Le souffle, la voix, le bruit des corps (tout ce qui a trait à la dimension sonore de la danse) ont toujours été importants chez moi. Par contre, je n’avais encore jamais recouru au sifflement, c’est vrai… Et c’est vrai aussi que c’est très lié à mon enfance : vers 8-9 ans, je passais plus de temps dans la cours de récréation à siffler qu’à jouer avec mes amis au handball. […] Ce qui me plaît beaucoup dans le sifflement, c’est sa fragilité : si j’ai les lèvres trop sèches par exemple, je n’arriverai pas à siffler ; si je danse « trop », non plus et, à l’inverse, si je siffle « trop », je ne pourrai plus danser. Tout est sur le fil, suspendu à mes lèvres en quelque sorte. […] Siffler en dansant, c’est d’une certaine façon également rendre le mouvement audible, rendre sensible ce qui se passe à l’intérieur quand on danse.

Quels ont été les points de départ de la matière chorégraphique ?
Tout est parti d’improvisations où je sifflais ce qui me passait par la tête, et où je bougeais ce qui me passait par le corps… Je sifflais surtout de la musique classique ou jazz. Ce n’est que beaucoup plus tard que d’autres sifflements se sont ajoutés, en allant chercher du côté des animaux ou d’autres registres musicaux. Pour ce qui est du mouvement, le point de départ était de se laisser aller à une forme d’errance dans son corps, avec son corps, tout en travaillant sur cet équilibre fragile entre siffler et danser dont je viens de vous parler, et donc d’explorer une danse du « peu », une danse alanguie – comme l’évoque le titre de la pièce. Avec l’idée que le mouvement puisse être traversé également par des sursauts, de convoquer ces états d’insomnie ou de sommeil agité – sans pour autant vouloir jouer ces états-là.

  • vendredi 10 juin à 19h00
  • durée 1h / L’ombrière
  • Parking gratuit Ombrière - Refuge

    SUR PLACE
    Nous vous accueillons 1h avant le début de la représentation. Pas de bar, mais des boulangeries à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    L’Ombrière est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, signalez-nous votre situation avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    COVID-19
    Merci de respecter les règles sanitaires en vigueur au moment de la représentation. Pas de pass sanitaire, pas de masque obligatoire.

    VIGIPIRATE
    Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place, il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.

    À VOIR ENSUITE, LE MÊME SOIR
    20:30 Cocktail d’ouverture, avec les Vins AOP duché d’Uzès - Bar du Jardin de l’évêché
    22:00 L’Aurore (1h) ALAIN MICHARD création- Jardin de l’évêché



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