Rideau

Anna Massoni

Le 12 juin 

Cohabitation multiple entre mouvement, espace, lumière et son, Rideau joue subtilement avec les contrastes et nos perceptions. Avec minutie, Anna Massoni s’amuse à croiser rupture et continuité, détails et « trop-pleins », fragilité et maîtrise, dans ce seul en scène – en réalité – très accompagné.

Complex coexistence between movement, space, light and sound, Rideau subtly plays with contrasts and our perceptions. Anna Massoni meticulously intersects disruption and continuity, detail and overload, fragility and control. The sole dancer on stage is actually anything but alone.


Pour parler de sa danse, Anna Massoni aime utiliser le terme « activité », son vocabulaire prenant comme points de départ des actions ou tâches concrètes, qu’elle emmène ensuite vers des imaginaires plus diffus. Être dans une attention au « faire », dans la fabrication de mouvements plus que dans leur reproduction : un moteur central chez elle – qui lui offre une présence si particulière au plateau, à la fois attentive et captivante.
Avec Rideau, son nouveau solo, elle décline un jeu de dialogues pluriels entre mouvement, espace, lumière et son. Croisement et déphasage, apparition et disparition : des éléments-clés dans cet enjeu d’écriture entre un corps et son environnement scénique. Une fine cohabitation dans laquelle, tel un écosystème, chaque élément suit son propre chemin de façon à la fois autonome et interdépendante. Sur scène, le velours d’un pan de rideau esquisse un coin de ce que l’on appelle dans le jargon théâtral, une « boîte noire ». Ce principe du fragment se retrouve dans la partition musicale, généreuse en intonations romantiques, mais elle aussi coupée, trouée même, par de réguliers silences ou des salves d’applaudissements. Cette composition en contraste et en ellipse guide également les mouvements qui se faufilent dans un tressage entre entrées et sorties de scène, présence et absence de lumière, voire de corps… Une construction tout en ruptures acérées, mais qui pourtant nous glisse avec douceur dans un état étrangement apaisé. Anna Massoni aime travailler le paradoxe ; elle nous y plonge ici, littéralement – physiquement.


Chorégraphie, interprétation Anna Massoni
Chorégraphie, dramaturgie Vincent Weber
Création lumière Angela Massoni
Régie lumière, plateau pour la tournée Fanny Lacour
Régie son Vincent Weber
Aide à la composition sonore Renaud Golo
Regards extérieurs Simone Truong, Maud Blandel
Administration de production Marc Pérennès
© Angela Massoni

Production Association 33ème parallèle. Coproduction ÉTAPE DANSE (Fabrik Potsdam, Institut Français Deutschland/Bureau du Théâtre et de la Danse, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Théâtre de Nîmes, Mosaico Danza - Interplay Festival Turin), CN D Centre National de la Danse, La Manufacture-CDCN Nouvelle Aquitaine Bordeaux - La Rochelle, La Place de la Danse-CDCN Toulouse Occitanie, Les Hivernales-CDCN Avignon, Le Dancing-CDCN Bourgogne Franche Comté. Avec le soutien du Ministère de la Culture - DRAC Bourgogne - Franche-Comté pour l’aide à la création chorégraphique et du CNDC d’Angers.
Spectacle accueilli avec le soutien de l’Onda.


Rencontre avec Anna Massoni (propos recueillis par Olivier Hespel)

Rideau s’annonce comme le prolongement d’un précédent solo, Notte (2019). Dans quel sens ?
Dans Notte, je fredonne, je sifflote plusieurs airs, en même temps que je déploie différentes tâches, mouvements… L’écriture de ce solo se développe à partir d’une tension, d’une double attention permanente, entre ces deux partitions, leur rencontre et leur déphasage. Dans ce solo, je suis donc motrice de tout ce qu’il y a lieu sur scène ; il y a un point de focale très appuyé sur moi. Pour Rideau, nous avons eu envie (avec Vincent Weber qui a pensé la dramaturgie et fabriqué la pièce avec moi) à la fois de décentrer le regard et de continuer à creuser ces questions d’attention démultipliée et de rencontres/écarts entre différentes partitions, en me mettant cette fois en relation avec des partenaires extérieurs : lumière, espace, son... En somme, en difractant, sur plusieurs plans, ce qui se passait dans Notte à l’échelle de mon seul corps.

Ce changement de « paradigmes » a-t-il déplacé vos enjeux chorégraphiques ?
Oui, dans le sens où j’appréhende différemment la manière d’occuper l’espace. Dans Notte, j’occupe différentes positions sur le plateau et, à chaque fois, je propose un rapport particulier au mouvement et à la voix. Ici, j’explore davantage des questions d’entrée et de sortie, et j’ai cherché plutôt à « couvrir », balayer l’espace. Ceci a généré un vocabulaire différent, tout en poursuivant un même travail – à l’échelle de mon corps – à partir d’actions « paradoxales », d’éléments qui ne vont pas dans le même sens, voire qui vont l’un à l’encontre de l’autre.

Rideau . Pourquoi ce titre ?
Dans « rideau », j’entends à la fois la possibilité d’ouvrir et de fermer. J’aime cette idée d’un titre qui puisse évoquer des actions contraires, car c’est précisément ce qui est à l’œuvre dans l’écriture de ce solo. Et puis, ce terme est un élément fortement rattaché à l’espace de la scène, l’un de mes partenaires dans cette pièce, avec la lumière et le son.

Parlez-nous du son, justement. On y retrouve différents éléments musicaux, quelques salves d’applaudissements aussi…
Le choix des musiques s’est orienté avant tout sur des compositions orchestrales, pour la multiplicité des timbres qu’elles mettent en jeu, et pour évoquer d’emblée une certaine idée de masse, en contrepoint à cette solitude du corps en scène. Le choix des applaudissements va dans le même sens. Pour la construction sonore, nous avons opté pour une accumulation de fins de partition (en écho au titre, Rideau) et travaillé – comme pour les autres éléments d’écriture – sur des principes de rupture et d’apparition/disparition, en créant notamment des « trous » à l’intérieur des morceaux (littéralement en coupant le volume tout en laissant courir le son), comme c’est le cas du final de la Symphonie pathétique de Tchaïkovski, qui ouvre la pièce. Nous avons joué aussi avec différentes tonalités musicales, en convoquant un concerto pour piano de Ravel, un quatuor à cordes de Samuel Barber, Apollon musagète de Stravinsky ou encore, une composition de John Cage.

  • dimanche 12 juin à 18h00
  • durée 55 minutes / L’Ombrière
  • Parking gratuit Ombrière - Refuge
    Spectacle co-accueilli avec le Théâtre de Nîmes.

    SUR PLACE
    Nous vous accueillons 1h avant le début de la représentation. Pas de bar, mais des boulangeries à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    L’Ombrière est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, signalez-nous votre situation avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    COVID-19
    Merci de respecter les règles sanitaires en vigueur au moment de la représentation. Pas de pass sanitaire, pas de masque obligatoire.

    VIGIPIRATE
    Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place, il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.

    À VOIR ENSUITE, LE MÊME SOIR
    19:30 Like Me (35’) LÉA LECLERC - Jardin de l’évêché
    20:30 Soirée jeux mêlés (1h30) LAURENT PICHAUD / Les Vins AOP Duché d’Uzès création - Bar du Jardin de l’évêché



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