Natural Drama

Sorour Darabi

Le 16 juin 

Sur un plateau blanc, noir et chair, Sorour Darabi imagine un monde en flottaison où s’enchevêtrent tous les contraires. Un corps s’y glisse en ondulations régulières. Chargé d’émotions contrastées, il nous dessine un récit à la fois sinueux et enveloppant, interrogation plurielle de la notion de « naturel ».

On a stage that is white, black and flesh, Sorour Darabi conjures up a floating world where opposites tangle. A figure slides across in steady undulations. Conveying contrasting emotions, he/she illustrates a tale that is both sinuous and all-enveloping, constantly questioning what is meant by ‘natural’.


En 2019, Soroui Darabi venait pour la première fois à Uzès danse avec Savušun, un solo entrelaçant danse, action performative et prise de parole, pour une intrigante « ode à la vulnérabilité, à l’affection, aux êtres affecté·e·s ». Une attention que l’on retrouve dans son dernier solo, Natural Drama. Même si l’artiste place ailleurs l’enjeu de cette pièce : « Créer un nouvel être mythologique errant dans les interstices du ‘normé’ et du ‘naturel’ ».
Pour y parvenir, Sorour Darabi s’est notamment penché sur deux figures féminines, contemporaines l’une de l’autre : la chorégraphe américaine Isadora Duncan qui, en s’inspirant de la « nature », a cherché une danse libérée de tout ornement, et Zahra Khanom, princesse iranienne, symbole d’une beauté perse propre à la dynastie Kadjar, où moustaches et larges sourcils n’étaient pas le seul apanage des hommes…
Traversé par les notes flottantes d’une harpe ou d’un orgue, des ressacs marins et des chants aux oscillations mélancoliques, Natural Drama nous plonge dans un monde où « nous serions en train de devenir un », une somme de « petites gouttes de poison dans un océan toxique », pour reprendre quelques-uns des mots que nous donne à lire Sorour Darabi, quand iel ne se met pas à les chanter, voire à les grimacer. Car si l’atmosphère globale de la pièce dégage une délicate énergie de soin, le grincement, voire le monstrueux, ne sont jamais loin. Une manière pour l’artiste de travailler à l’encontre de notre pensée binaire, qui ne peut s’empêcher de tout cliver, d’opposer des notions comme beauté et laideur, grâce et vulgarité, plaisir et souffrance.


Conception, chorégraphie, texte, interprétation Sorour Darabi
Dramaturgie Lynda Rahal
Création sonore Pablo Altar
Création lumière, scénographie Yannick Fouassier
Création décor, accessoires, costume Alicia Zaton, Marine Peyraud, assistée de Juliette Ritter, sur une idée originale de
Sorour Darabi
Régie générale Jean-Marc Ségalen, Selma Benramdane
Coach vocal Pierre Derycke
Remerciements Thélia Merchadou Pineau (aide à la recherche de
collaborateurs), Pierre Renard
Administration/Production Charlotte Giteau
Production/Diffusion Sandrine Barrasso
© Pe Ferreira

Production déléguée MÉTÉORES. Coproduction le réseau WEB : La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, WP Zimmer, Beursschouwburg, Black Box Theater, Tanzquartier Wien, Frascati Theater, PICA (Portland Institute of Contemporary Art), Centre national de la danse – CN D Pantin, Festival d’Automne à Paris, ICI–CCN Montpellier – Occitanie / Pyrénées Méditerranée dans le cadre du projet Europe Creative Life Long Burning financé par l’Union européenne, L’Echangeur – CDCN Hauts-de-France. Avec le soutien de la DRAC – Île de France et de la SPEDIDAM. Mise à disposition de studio Ballet du Nord – CCN Roubaix Hauts de France, Centre national de danse contemporaine ANGERS, Stuk Kunstencentrum Louvain, Agora/Montpellier danse, Trauma Bar & Kino.

Spectacle accueilli avec le soutien de l’Onda.


Rencontre avec Sorour Darabi (propos recueillis par Olivier Hespel)

Natural Drama : qu’est-ce qui se cache derrière ce titre en anglais ?

Il renferme une certaine complexité que l’on ne retrouverait pas dans sa traduction en français : « Drame naturel ». D’autre part, il y a du texte en anglais dans cette pièce. Cela n’aurait donc pas vraiment eu de sens de lui donner un titre en français. […] Je l’ai choisi non seulement pour le double sens que renferme « drama », qui désigne à la fois un genre théâtral et le « drame » en soi, mais aussi parce que je voulais parler de la question de la « nature », de ce que l’on considère comme « naturel », en partant de ma pratique artistique, théâtrale notamment. […] Après, dans ma danse aussi, il y a quelque chose de l’ordre du « drama », dans le sens où j’ai une approche plus expressive du mouvement. […] J’ajouterais que cette façon « dramatique » d’aborder les choses me parait – politiquement – très importante à partager sur scène : on a grandement besoin de s’exprimer à partir de là. Par rapport à tout ce qui se passe aujourd’hui, proposer des pièces un peu froides, très lisses, très propres, m’énerve un peu : c’est un choix esthétique légitime en soi mais, politiquement, j’ai du mal à les accepter.

En même temps, Natural Drama dégage globalement une sensation plutôt douce, enveloppante même, une esthétique très soignée aussi, moins « brute » me semble-t-il que dans Savušun, présenté à Uzès danse en 2019.
Dans ces deux solos, il y a à la fois de la douceur et quelque chose de plus « rageur », une douceur cruelle. Ces deux éléments vont de pair : l’un n’existe pas sans l’autre… Dans les textes que l’on retrouve dans Natural Drama, il y a des mots très cruels ou sombres qui sont dits, même si leur forme peut paraître plus douce, parce qu’ils sont chantés notamment. Ce rapport au chant est d’ailleurs une dimension importante de la pièce – son point de départ même. Je pratique beaucoup l’écriture, mais j’avais envie ici de m’essayer, pour la première fois, à l’écriture de chansons ; les premières résidences ont été consacrées à cela.

Dans la note d’intention de Natural Drama, vous convoquez deux figures du début du XXe siècle : la chorégraphe américaine Isadora Duncan et la princesse iranienne Zahra Khanom. Qu’ont-elles de particulier ?
Natural Drama questionne la notion de « nature » et de « naturel » en ce qui concerne le corps dit « féminin », ses constructions et ses représentations. Entre les deux figures que vous citez, ce qui me frappe, c’est le potentiel grand écart entre les lectures féministes que l’on peut avoir d’elles : Isadora Duncan pourrait être reliée à un féminisme occidental, blanc et bourgeois, tandis que j’associerais symboliquement Zahra Khanom à un féminisme que je qualifierais de queer, car plus inclusif et ouvert à la diversité. Mais ma démarche n’a rien de documentaire : ces deux histoires ont été pour moi des « outils » pour créer une fiction, un mythe, pour imaginer une figure à partir d’un dialogue entre ces deux réalités.

  • jeudi 16 juin à 21h30
  • durée 1h / L’Ombrière
  • Parking gratuit Ombrière - Refuge

    SUR PLACE
    Nous vous accueillons 1h avant le début de la représentation. Pas de bar, mais des boulangeries à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    L’Ombrière est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, signalez-nous votre situation avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    COVID-19
    Merci de respecter les règles sanitaires en vigueur au moment de la représentation. Pas de pass sanitaire, pas de masque obligatoire.

    VIGIPIRATE
    Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place, il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.


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