L’Aurore

Alain Michard

Le 10 juin 

Avec un goût pour le non-sense et l’éclectisme, Alain Michard et six interprètes nous livrent une variation à partir de l’aurore. Une pièce à la fois narrative et onirique, déclinée en tableaux, où se croisent allègrement temporalités, genres et esthétiques.

With his penchant for non-sense and things eclectic, Alain Michard and six dancers perform amazing variations on the theme of dawn. The work is both narrative and dreamlike, a series of tableaux that brings together different time frames, genres and aesthetics.

Alain Michard développe une écriture hybride où mouvements, textes, sons et objets tissent des récits poético-ludiques aux accents volontiers performatifs. Voilà plusieurs années qu’il entend développer un projet autour de cet instant particulier de la nuit qu’est l’aurore. Un état d’entre-deux qu’il explore avant tout pour ses paradoxes, où excitation et fièvre flirtent avec repos et torpeur.
Jouer sur le trouble entre rêve et réalité, développer une trame narrative plurielle en s’appuyant avant tout sur les corps et sur les personnalités qui peuvent en émerger : quelques-uns des enjeux de cette pièce pour six interprètes qu’Alain Michard a réuni pour leur expressivité et leur imaginaire singuliers. Un appétit pour la diversité qu’il confirme dans un maillage de styles contrastés : danse pour corps endormis, travail d’inspiration expressionniste, ambiances de forêt ou de music-hall, parfums de rituel animiste…
Oscillant entre espaces urbains, intimes ou « sauvages », L’Aurore jongle également avec les textures sonores : enregistrements de récits, de musiques, de sons de rue, de nature côtoient un travail en direct à l’aide d’objets ou de la voix, allant jusqu’à une improbable reprise d’une composition pour cors de Haendel, interprétée à la bouche. Sans oublier un jeu entre masque et maquillage qui transforme, ici et là, l’humain en figures colorées, à la fois grotesques et cubistes. Autant d’ingrédients éclectiques qui entrent pourtant en résonance. Pour autant de déclinaisons à partir de l’aurore ; à découvrir… à la tombée de la nuit.

Chorégraphie, mise en scène, scénographie, son Alain Michard
Danse, voix, textes, manipulation d’objets Nuno Bizarro, Matthieu Blond, Eliott Pradot, Teresa Silva, Emma Tricard, Mariana Viana
Lumières Selma Bourdon
Maquillage Matthieu Blond
Regard extérieur Alice Gautier
Administration, production Alice Léonard-Pons
Soutien technique Aurélie Ganachaud
© Alain Michard

Production LOUMA. Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Chorège CDCN Falaise Normandie. Avec le soutien de Réservoir Danse (Rennes) pour l’accueil en résidence.
LOUMA est soutenue par le Ministère de la Culture - DRAC Bretagne, la Région Bretagne et la Ville de Rennes.

Spectacle accueilli avec le soutien de l’Onda.

Rencontre avec Alain Michard (propos recueillis par Olivier Hespel)

Dans votre note d’intention, vous épinglez trois sources d’inspiration : Sunrise de Murnau, Au Bois lacté de Dylan Thomas, et le compositeur américain Robert Ashley. En quoi ces sources ont nourri L’Aurore ?
Robert Ashley [1930-2014] est un musicien, connu dans la scène jazz et expérimentale, qui a réalisé des œuvres-récits qui tiennent un peu de l’opéra. Deux d’entre elles sont présentes dans L’Aurore : Automatic Writing [1979] et Backyard [1977]. Quant à Sunrise [1927], ce qui m’a particulièrement intéressé dans ce long métrage muet, en noir et blanc, ce sont ses atmosphères nocturnes, légèrement cauchemardesques parfois, aux contrastes très forts entre zones éclairées et parties sombres ; et tous ces états de corps, ces expressions du visage, typiques de l’expressionnisme allemand… Pour ce qui est d’Au Bois lacté [1945], c’est son aspect sonore qui est central pour moi : cette façon de donner à voir et de raconter par le son uniquement.

Le son, précisément : quelles intentions ont guidé cette partition ?
Pour cette pièce, j’ai voulu explorer une forme de danse-théâtre dont l’écriture serait moins « documentaire » ou in situ qu’à mon habitude ; où la dimension fictionnelle serait davantage présente, même s’il s’agit plutôt d’une juxtaposition de bribes d’histoire – de tableaux – qu’un récit à proprement parler, avec sa chronologie, ses personnages, etc. Le travail sonore participe à cette idée de fiction en tableaux, permet de dessiner différents espaces, différentes atmosphères. L’intention était aussi de mêler les textures : musiques (un madrigal de Monteverdi notamment), enregistrements « documentaires » et créations sonores en direct utilisant la voix ou des objets… Durant le processus de création, j’ai demandé aux interprètes de faire une collecte personnelle de sons nocturnes : errance en rue ou chez soi, récit de rêve, etc. Une recherche dont on retrouve certains éléments dans la pièce.

Une attention singulière a été portée sur l’apparence des corps, qui leur donne une étrangeté, un côté loufoque même par moments.
Dans les prémices du projet, j’avais l’envie de chercher autour d’extensions et de transformations des corps à partir de maquillages, coiffures ou masques, inspirés par les impressionnantes statues vivantes de certains rituels en Afrique, au Mali notamment… Cette première inspiration est lointaine aujourd’hui, mais elle a fait émerger le travail sur les corps que vous mentionnez. Notamment cette feuille de papier qu’iels se mettent devant le visage, qui l’efface, et permet une écriture un peu grotesque, tirée du théâtre gestuel type commedia dell’arte… Ceci dit, ce jeu de transformations vient aussi de l’un des interprètes, Matthieu Blond – performeur et architecte –, qui nous a partagé son travail de drag, développé à partir de papier découpé sur lequel il peint ou dessine. Cette technique très particulière tient autant du maquillage que du costume et du masque. Nous l’avons « détournée » ici, en allant vers des compositions à la Picasso, disons, qui renforce ce relief très étrange des corps dont vous parlez, quelque chose aussi d’à la fois outrancier et très graphique.

  • vendredi 10 juin à 22h00
  • durée 1h / Jardin de l’évêché
  • Parking de la Mairie (au pied de la cathédrale Saint-Théodorit) et Parking des Marronniers à proximité.

    CONVIVIALITÉ
    Nous vous accueillons 1h avant et après la représentation. Dans notre Bar - salon d’été, La Roulante propose un bar bio et une restauration légère de qualité, éco-responsable et diversifiée, faite de produits frais et locaux.

    ACCESSIBILITÉ
    Le Jardin de l’évêché est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, signalez-nous votre situation avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    COVID-19
    Merci de respecter les règles sanitaires en vigueur au moment de la représentation. Pas de pass sanitaire, pas de masque obligatoire.

    VIGIPIRATE
    Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place, il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.


  • Votre itinéraire sur Google Map

Partagez

tarifs & réservation