Guérillères

Marta Izquierdo Munoz

Le 18 juin 

Jonglant avec les images et les énergies, GUÉRILLÈRES nous emmène à la rencontre d’un trio au féminin pluriel, égaré dans un monde imaginaire. Ni enfants ni adultes, ni fantasques ni sérieux, iels se préparent à la lutte, à une libération, dans une succession d’élans aussi ludiques que poétiques.

Juggling images and energies, GUÉRILLÈRES sweeps us alongside a trio based on feminine figures lost in an imaginary world. They are not children nor are they adults, they are neither serious nor fanciful. They prepare for struggle, for liberation, in surges of urges and impetus, playful and poetic.

Sur un espace aux allures à la fois de carte militaire et de plateau de jeu, Marta Izquierdo Muñoz et deux complices s’imaginent en Amazones d’un nouveau genre. Short et tee-shirt noirs, sein gauche dégagé, carquois en lanières mauves, accessoires aux accents amazoniens, soquettes japonaises bleu-layette : leur uniforme atteste d’un goût plutôt mosaïque, sinon kitsch. Seul·e·s sur ce bout de terre balisé, iels s’inventent des histoires, des armes, des chevaux, des batailles. Imaginaires ou concrets, leurs jeux se suivent au gré d’envies multiples et volatiles. À l’image des paysages sonores qui ponctuent leur voyage tantôt de notes de piano, tantôt de galops, d’une gigue, d’ambiances électroniques, d’un feu d’artifices ou de rythmes électro-pop.
Partant de l’idée d’une « communauté utopique de combattantes en attente d’un ennemi invisible », GUÉRILLÈRES (néologisme féminisé de « guérilleros ») glisse régulièrement d’une couleur, d’un registre, à l’autre : du satirique au lyrique, du tragique au fantastique, du jeu d’enfants au « rituel sauvage », pour reprendre l’expression de la chorégraphe. Car s’il est bien question dans cette pièce de se préparer au combat, ce ne sont pas les muscles et la force que l’on aiguise ici, mais l’imaginaire et le second degré. Quand on ne convoque pas les mots, à travers un récit poético-politique, incantation à la fois burlesque et puissante pour qu’enfin ce monde nous laisse « être ce rêve à nous-mêmes ».


Conception, chorégraphie Marta Izquierdo Muñoz
Avec Adeline Fontaine, Marta Izquierdo Muñoz, Éric Martin
Dramaturgie Robert Steijn
Assistant à la chorégraphie Éric Martin
Regard extérieur Pol Pi
Assistant Ebenezer Kouadio
Création lumière Samuel Dosière
Création son Benoist Bouvot
Costumes La Bourette
Scénographie Alexandre Vilvandre
Régie générale, régie lumière Alessandro Pagli
© Marc Coudrais

Attention, présence de lumières stroboscopiques.

Coproduction, soutiens Réseau des CDCN (Les Hivernales – CDCN d’Avignon, La Manufacture – CDCN Nouvelle-Aquitaine Bordeaux · La Rochelle, L’échangeur – CDCN Hauts-de-France, Le Dancing CDCN Dijon Bourgogne – Franche-Comté, Chorège | CDCN Falaise Normandie, Le Pacifique – CDCN Grenoble – Auvergne – Rhône-Alpes, Touka Danses – CDCN Guyane, Atelier de Paris / CDCN, Le Gymnase CDCN Roubaix – Hauts-de-France, Pôle-Sud CDCN / Strasbourg, La Place de la Danse – CDCN Toulouse / Occitanie, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, La Briqueterie CDCN du Val-de-Marne), ICI–CCN de Montpellier / Occitanie, Théâtre Molière Sète - scène nationale archipel de Thau, Le manège - scène nationale de Reims, Théâtre de Vanves - scène conventionnée d’intérêt national Art et création pour la danse (soutien et accueil en résidence), Centre National de la Danse (accueil studio).
[lodudo] producciòn est soutenue par la DRAC Occitanie en aide à la structuration - Ministère de la Culture et bénéficie de l’aide du Conseil Régional d’Occitanie dans le cadre du soutien à la création artistique, ainsi que du soutien du Conseil Départemental de Haute-Garonne en aide au fonctionnement des associations culturelles.


Rencontre avec Marta Izquierdo Muñoz (propos recueillis par Olivier Hespel)

Quelles sont les origines de GUÉRILLÈRES ?
Je remontrais à la fin de la création de ma précédente pièce, IMAGO-GO [2018], qui s’est construite autour de la figure de la majorette, et dans laquelle l’utilisation des bâtons de twirling est petit à petit détournée, transformée, jusqu’à donner à ces majorettes une image de combattantes. Une image qui m’a rappelé un voyage que j’avais fait l’année d’avant, dans la jungle colombienne, où j’avais rencontré une communauté de femmes, de guerrilleras… De là est née l’idée de ce qui pourrait être une suite, une autre pièce, qui partirait de figures féminines hybrides, guerrières de guérillas (entre fictions et modèles réels), avec l’envie d’imaginer une communauté utopique de femmes, à l’écart de toute civilisation, qui choisit de réinventer ses propres règles, ses propres jeux, ses propres armes. L’ambition étant de capter la vie de cette communauté par le biais chorégraphique, et de mettre en mouvement aussi bien des combattantes utopiques que des super-héroïnes de la culture populaire.

Dans votre travail, vous partez presque toujours de figures féminines. Une démarche féministe, en soi ?
C’est vrai que je construis toujours mes projets autour d’une figure – et surtout d’une figure féminine ambigüe, tiraillée entre la marge et la culture populaire (comme j’ai pu le faire avec la majorette ou Britney Spears, par exemple)… Partir d’une figure en particulier, et commune à chaque participant·e au projet, c’est pour moi une façon à la fois de se rassembler et – pour chacun·e – de se déplacer, de se « fictionnaliser », de faire travailler son propre imaginaire… Après, il est évident que travailler à partir de portraits au féminin participe d’une démarche féministe. Mais pas seulement… Les idées politiques peuvent souvent « enfermer »… Je n’ai pas envie de dire que je suis « juste » féministe. Je viens du contexte de la movida madrilène, dans les années 1980, qui m’a énormément marquée, où tou·te·s – femmes et hommes – portaient des idées féministes. Ce contexte me plaît beaucoup : le féminisme est une manière de voir le monde ; il n’appartient pas qu’aux femmes. C’est dans ce sens notamment que, dans mes projets, j’invite également des hommes à incarner des figures de femme.

On retrouve clairement ce point de vue dans la pièce, à travers un texte où il est entre autres question de se débarrasser de l’« étiquette de femme ».
J’aime travailler à ouvrir les idées, à ouvrir vers davantage de possibles. À la base de GUÉRILLÈRES, il y a cette revendication-là, en effet : éviter de s’enfermer dans des étiquettes ou dans toute autre forme de dénominations, quelles qu’elles soient ; prendre la liberté de se laisser aller à vivre ce que l’on rêve de vivre.

C’était nécessaire, pour vous, de passer par les mots ?
Tout au long de la pièce, nous – les « guérillères » – jouons à combattre, à inventer des armes (avec des objets ou certaines parties du corps), et nous ne parlerions pas ? Le langage est aussi une arme. Cela me paraissait nécessaire donc, effectivement, que les mots soient présents. Mais je les ai placés en voix off, comme si c’était un texte de cinéma, car le traitement cinématographique est un élément avec lequel nous avons travaillé pour GUÉRILLÈRES, dans certains choix esthétiques ou dans le rapport à la bande sonore, qui convoquent toute une série d’images.

  • samedi 18 juin à 21h30
  • durée 55 minutes / Jardin de l’évêché
  • Parking de la Mairie (au pied de la cathédrale Saint-Théodorit) et Parking des Marronniers à proximité.

    CONVIVIALITÉ
    Nous vous accueillons 1h avant et après la représentation. Dans notre Bar - salon d’été, La Roulante propose un bar bio et une restauration légère de qualité, éco-responsable et diversifiée, faite de produits frais et locaux.

    ACCESSIBILITÉ
    Le Jardin de l’évêché est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, signalez-nous votre situation avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    COVID-19
    Merci de respecter les règles sanitaires en vigueur au moment de la représentation. Pas de pass sanitaire, pas de masque obligatoire.

    VIGIPIRATE
    Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place, il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.

    À VOIR ENSUITE, LE MÊME SOIR
    23:00 CONCERT Greta Oto (1h) PAPILLONS D’ETERNITE / TANIA CARVALHO & MATTHIEU EHRLACHER - Jardin de l’évêché


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