Générations - Battle of portraits

Fabrice Ramalingom

Le 17 juin 

Entre Jean Rochereau et Hugues Rondepierre, cinquante-cinq ans d’écart… Qu’ont-ils à se dire, à partager ? Réponse à travers le récit, généreux et un rien espiègle, d’une rencontre entre deux corps, deux puissances. Trait d’union, voire de fusion, entre deux souffles de danse – et de vie.

Fifty-five years separate Jean Rochereau and Hugues Rondepierre… What could they possibly share or have to say to each other ? The story here, generous and a bit mischevious, gives the answer as it tells the tale of the encounter between two figures, two sources of power. The connection, indeed the fusion, between two breaths of dance – and of life.


Invité régulier du festival Uzès danse, artiste associé à La Maison CDCN de 2012 à 2015, Fabrice Ramalingom a toujours placé l’humain et la question de la relation – à soi, aux autres – au centre de son travail. Oscillant entre goût pour les « portraits » et des constructions autour de la notion de groupe, son écriture s’appuie volontiers sur la personnalité de ses interprètes, pour mieux révéler la complexité – par essence – de tout individu. Sa dernière création, GÉNÉRATIONS - battle of portraits, ne faillit pas à cette démarche.
Sur un plateau traversé par un long tapis blanc, deux tabourets et un large écran ponctuent l’espace de jeu que le chorégraphe offre ici à deux danseurs, l’un au « crépuscule » de sa carrière, l’autre à l’« aube » : Jean Rochereau (78 ans) et Hugues Rondepierre (23 ans). Un esprit simple, sans fard, et une complicité ludique parfument cette rencontre entre deux âges que tout pourrait séparer – de prime abord.
Car c’est bien ce qui les réunit, voire les unit, qui se cherche et se tisse ici, à travers des jeux de rythmes et de mains aux tonalités enfantines, des battles aux accents hip-hop, une séquence de drag où chacun se construit son oiseau imaginaire, pour finir dans un corps-à-corps où chacun s’appuie et se soutient, où le « deux » en deviendrait presque « un ». À l’instar de la vidéo qui, après de longs chemins étroits traçant comme une ligne de démarcation au plateau, s’ouvre sur un horizon lointain, point de vue commun où l’on se prend à observer, ensemble et silencieux, le lent ballet des nuages et du temps qui passe…

Conception, chorégraphie Fabrice Ramalingom
Interprétation Jean Rochereau, Hugues Rondepierre
Lumières, scénographie Romain de Lagarde
Paysage sonore Matthieu Doze
Réalisation vidéo Sébastien Casino, assisté de Boris Proust
Costumes La Bourette
Regard extérieur Nathalie Collantes
Régie générale Bastien Pétillard
Production, diffusion Luc Paquier
Administration Anne Guiraud
Chargé de production Laurent Mercadier

Production R.A.M.a. Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie et théâtre de Nîmes, scène conventionnée d’intérêt national - art et création - danse contemporaine, avec le soutien de la Ville de Pont-Saint-Esprit et dans le cadre du dispositif Résidence Association de la région Occitanie, Paris Réseau Danse : Atelier de Paris CDCN, L’étoile du nord scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, Micadanses-ADDP, Le Regard du Cygne-AMD XXe), La Manufacture CDCN Nouvelle-Aquitaine Bordeaux · La Rochelle. Avec le soutien financier de la Direction régionale des affaires culturelles Occitanie et de la Ville de Montpellier.

Rencontre avec Fabrice Ramalingom (propos recueillis par Olivier Hespel)

Entre ce que vous imaginiez de cette création et ce qu’elle est aujourd’hui, mettriez-vous les mêmes mots ?
Ce que j’imaginais, dès le début, c’est la fin : ce jeu à partir du poids du corps l’un sur l’autre, cette attention de l’un pour l’autre ; une certaine façon d’être ensemble… Je travaille toujours avec une direction, une image finale en tête. Mais, à chaque fois, je sais que le travail au plateau va me faire « dériver ». Et ce fut le cas… Initialement, j’envisageais GÉNÉRATIONS - battle of portraits comme un prolongement de la fin de Postural : études [2007] et son duo entre deux hommes d’âge différent, qui dessinait pour moi un rapport père-fils assez fort. Mais une fois en studio, cette approche a rapidement volé en éclat – d’autant que le père de Hugues n’a pas du tout l’âge de Jean, mais mon âge ; et que la première fille de Jean est plutôt de ma génération… Je me suis ainsi rendu compte que cette pièce était davantage une question de triangulation entre nous trois, qu’il fallait la penser comme un trio – mais à deux. L’écran, la vidéo, ouvre cela… Nous avons ensuite cherché à voir comment je pourrais avoir une présence plus « concrète » dans ce duo. Pour commencer, l’idée était de leur parler, à certains moments, depuis les gradins, comme si nous étions en session de travail ; nous avons l’abandonnée, même s’il en reste des traces – mais sans que j’intervienne. Ce n’est que peu avant la première, en mars dernier, que j’y ai trouvé une place, et que je danse durant l’entrée public, pour ensuite inviter Jean et Hugues à venir sur scène.

Pourquoi avoir choisi ces deux interprètes en particulier ?
Jean Rochereau faisait partie de Postural : études  ; je l’avais trouvé magnifique… Je vous disais que j’avais senti que la fin de cette pièce pouvait être le début d’une autre ; mais je m’étais promis également que si je faisais cette « suite », ce serait avec Jean… Hugues Rondepierre, je l’ai rencontré à Istres, lors d’une création avec les danseur·euse·s de la formation Coline. Lui aussi était magnifique, « solaire », tellement heureux de danser… L’idée de les réunir est arrivée plus tard, lors des répétitions de Frérocité [2021]. Nous faisions une pause. Ils étaient tous les deux, un peu à l’écart, à se parler et à s’amuser, Jean essayant de reprendre des figures hip-hop que Hugues venait de faire. En les voyant, comme deux gamins presque, le choix m’a paru évident.

Comment s’est passé le processus de création ?
On ne peut pas travailler avec une personne de 78 ans comme on le ferait avec quelqu’un de beaucoup plus jeune : il y a des choses que cette personne ne peut plus faire ; il faut aménager des temps de repos également, durant les répétitions – et dans la pièce. C’est notamment pour cette attention que sont arrivées les chaises et ces séquences de danse assise… De son côté, Hugues aime se donner jusqu’à l’épuisement. Pour qu’il ne « s’éteigne » pas dans ce soin à apporter à Jean – pour que sa richesse soit présente également –, je lui ai proposé des moments solo où il peut « lâcher » son énergie, sa puissance. […] Au début du processus, nous avons beaucoup discuté aussi – ou plutôt je les ai fait parler à deux, lors de balade notamment ; je leur ai posé des questions sur des sujets comme l’engagement, la liberté, l’amitié, le rapport à leur image... Ces échanges ont beaucoup nourri le travail – leur relation.

  • vendredi 17 juin à 19h30
  • durée 55 minutes / L’Ombrière
  • Parking gratuit Ombrière - Refuge

    SUR PLACE
    Nous vous accueillons 1h avant le début de la représentation. Pas de bar, mais des boulangeries à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    L’Ombrière est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, signalez-nous votre situation avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    COVID-19
    Merci de respecter les règles sanitaires en vigueur au moment de la représentation. Pas de pass sanitaire, pas de masque obligatoire.

    VIGIPIRATE
    Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place, il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.

    À VOIR ENSUITE, LE MÊME SOIR
    21:30 Devenir Crocodile (45’) DANYA HAMMOUD création - Jardin de l’évêché


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