FILMS Eternelle Jeunesse

#Uzès & #Pont-Saint-Esprit - Christophe Haleb

Le 11 juin 

Après deux saisons d’échanges et de travail avec une cinquantaine de jeunes de Pont-Saint-Esprit et d’Uzès, Christophe Haleb conclut cette belle aventure au festival Uzès danse. Au menu ? Films, installation vidéo, performance, concert, pour un regard intime et lumineux sur « notre » jeunesse.

After two seasons of working with some fifty youngsters from Pont-Saint-Esprit and Uzès, Christophe Haleb brings the adventure to the Uzès dance festival. They have concocted films, a video installation, performance and concert, shedding incisive, glowing light on ‘our’ youth.

Entre Christophe Haleb et La Maison CDCN, presque vingt années de maillages artistiques. Une riche collaboration qui, depuis 2020, s’est lancée dans un vaste projet avec la jeunesse gardoise, à Pont-Saint-Esprit tout d’abord, et à Uzès cette saison.
Qu’est-ce qui fait vibrer aujourd’hui les adultes de demain ? Telle pourrait être condensée la curiosité qui a guidé le chorégraphe dans ses rencontres avec la diversité adolescente de la région. Un travail réalisé (contre vents et marées sanitaires) avec cœur et générosité, au gré d’une trentaine de rendez-vous et d’ateliers, passés à danser, bouger, marcher, parler, rêver et… filmer !

Éternelle Jeunesse #Uzès &
Éternelle Jeunesse #Pont-Saint-Esprit

Autre « trace » de ces deux années d’échanges : un format « film », avec son rapport plus intime et ses portraits plus rapprochés. Alors que l’installation Entropic Now entremêle les deux contextes (sociaux, politiques…) distincts que sont Pont-Saint-Esprit et Uzès, ils sont ici les points d’ancrage à deux narrations autonomes, deux moyens métrages complémentaires. Où l’on retrouve cette attention à l’autre, propre à la démarche de Christophe Haleb, sa finesse d’écriture aussi, à la fois picturale, chorégraphique et documentaire. Où l’on retrouve également cette même sensualité qui vient entrelacer architecture, nature, corps et paroles, et nous entraîner dans les pensées, actions, rêves et passions d’une jeunesse plurielle.


Conception, écriture, réalisation Christophe Haleb
Image Evan Rouillard
Montage, co-écriture Sylvain Piot
Musique originale, concert live Benoist Este Bouvot et le duo Postcoïtum / Damien Ravnich et Bertrand Wolff
Prise de son Léo Couture, Bertrand Roure, Hugo Perineau
Étalonnage Matthieu Weil

Avec la collaboration et la participation des jeunes rencontrés à Pont-Saint-Esprit
Hugo Aiello, Nasser-Allah Tatique, Kilian Bico, Yanis Boinaidi, Loïc Boiron, Nolan Campione, Caroline Defaisse, Liam Demma, Alex Doyen, Thomartur Duc, Ilyes Fares, Antonin Ghestin, Louna Gomez, Théo Goumarre, Frédéric Hugon, Chloé Lapechin, Enzo Lionnet, Nathan Massul, Yannis Mezroub, Thomas Nalais, Eden Ortega, Kevin Sabater, Lilian Sabin, Nicolas Scholl, Ryan Verneau, Marion Wasilewski, Allan Zitoun

Avec la collaboration et la participation des jeunes rencontrés à Uzès
Tania Achard, Hinaa Artigouha, Pierre Batte, Hélia Burlot, Lily Cade, Léa Carmin, Jules Casier, Abel Chavagné, Pierre Coupez, Thaïs Cunchon, Urbain Doucet, Clara Farlin, Lou Fourcault, Léandra Graziana, Oriane Haulard, Elliot Horn, Léo Keesing, Juliette Lamure-Laloyaux, Gaël Lassagne, Alexy Ledirac, Tiffany Lemetayer, Gabriel Lendru, Alexandre Marignan, Melissa Navarrete, Juliette Nuno Perez, Mike Olivier, Laura Pierrez, Thelma Prot, Mady Querillacq, Marie Rouverand, Samuel Segura, Sébastien Thomas, Juliette Treinsoutrot, Mélodie Varichon

Administration, suivi de production Géraldine Humeau, Nicolas Beck
© Evan Rouillard

Production La Zouze – Cie Christophe Haleb. Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, avec le soutien du mécénat de la Caisse des Dépôts, de la ville de Pont-Saint-Esprit, de la Communauté de Communes Pays d’uzès, du conseil départemental du Gard, de la région Occitanie / Pyrénées Méditerranée, de l’agence nationale de la cohésion des territoires, du ministère chargé de la ville, du dispositif Quartiers solidaires, dans le cadre du Contrat de Ville.

La Zouze - cie Christophe Haleb est conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, et subventionnée par la Ville de Marseille, la Région Sud - Provence Alpes-Côte d’Azur et le Département des Bouches-du-Rhône.

Remerciements à la Cinéfabrique – école supérieure nationale de cinéma à Lyon, à la ville de Pont-Saint-Esprit : ses élu·e·s, Claire Lapeyronie, Christine Clerc, Catherine Pecastaing, ses administrateur·rice·s, Vincent Cuozzo, Stéphane Marmain, Jocelyne Lardin, Gérôme Bouvier, Yann Elissalde, Brice Rozier, qui ont accompagné le projet de leurs compétences, et qui ont permis l’accès à tous les lieux nécessaires aux ateliers et aux tournages, au Ciné 102, à l’association Silverback et Léo Dutoya qui nous a permis de rencontrer les pratiquants de streetworkout, au collège Georges Ville, sa principale adjointe Sandra Muñoz, son professeur d’EPS M. Ernault et son professeur d’arts plastiques Mme Guillaume, au Musée laïque d’art sacré du Gard, sa directrice Béatrice Roche et son équipe, à La Chartreuse de Valbonne et M. Gilles son président, à La Table solidaire du Logis du Soleil et au Rosalbin pour leurs bons petits plats, à l’association Les Cerises bleues qui œuvre de manière remarquable dans le quartier prioritaire et aux habitant·e·s rencontré·e·s ici et là.

Remerciements à la Cinéfabrique – école supérieure nationale de cinéma à Lyon, au cinéma Le Capitole, au lycée Gide et ses équipes pour l’accueil d’ateliers et de sessions de tournage : M. Delaigue, Carole Foll, Loraine Folli, Béatrice Huet, Rose-Marie Guin, au Forum danse et Geneviève Berger, à l’association Hip Hip Hop et Adil Boulabat, à la ville d’Uzès et la Communauté de Communes Pays d’Uzès pour leurs prêts de salle, à Samuel Rayssiguier pour son relais auprès des jeunes à La Mifa, à Salem Maharzi pour son accueil dans la salle de boxe et au stade Pautex, à Frip’So pour son large choix de vêtements/costumes, à M. Blanquet du Gîte Les Olives.

Rencontre avec Christophe Haleb (propos recueillis par Olivier Hespel)

Ces deux dernières saisons, vous avez travaillé à Pont-Saint-Esprit, puis à Uzès, dans le cadre de votre projet Éternelle Jeunesse. En quoi consiste-t-il ?
Il s’agit de fabriquer des films (une série de moyens métrages) à partir de rencontres, pratiques et échanges réguliers avec des jeunes, entre 15 et 20 ans, et avec comme point de départ, une même question : « qu’est-ce qu’être vivant ? ». Comme je l’ai fait à Valence tout d’abord, mais aussi à Amiens, Lyon, Paris et Marseille, je prélève sur chacun de ces territoires des images de cette jeunesse, en considérant sa parole, son éloquence du corps, ses gestes, son appartenance au lieu. Ce processus d’écriture appelle beaucoup de temps de discussion, d’observation, de cheminement aussi. L’envie d’en apprendre plus sur leurs passions, les formes que prennent leur ennuis, leurs rêves, leur qualité de présence aux choses, leur relation au vivant, à l’environnement, aux autres ; sur leur façon de vivre et de penser le monde en somme.

À côté d’Éternelle Jeunesse, il y aussi l’installation Entropic Now : une autre « trace » tissée à partir de votre expérience…
À travers un montage distribué sur cinq écrans différents, j’ai choisi ici de faire dialoguer entre elles les séquences tournées à Pont-Saint-Esprit et à Uzès, de faire dialoguer les jeunes présent·e·s à l’écran, même s’iels ne se sont jamais rencontré·e·s dans la réalité… L’installation des écrans en simultanéité dans l’espace ouvre la possibilité d’une image « plasticienne », d’une « image-paysage », traversée de phases documentaires et d’autres plus « lyriques ». Je trouvais intéressant de juxtaposer, voire d’entremêler, les temps, les histoires, les lieux, les paroles, les pratiques... Au seuil de leur majorité, iels nous parlent de leurs projections dans un futur « post-lycée », leur désir d’apprentissage, d’autonomie, d’argent, d’amour... De leur plaisir d’être en relation directe avec la nature, de vibrer ensemble.

Voilà plusieurs années que vous vous engagez dans des projets avec la jeunesse. Qu’est-ce qui vous « parle » dans une telle démarche ?
D’une certaine façon, cela me replonge dans mon énergie d’adolescent : être en même temps émerveillé, excité et déprimé par la vie – toutes ces choses que les jeunes peuvent avoir en eux. […] Pour moi, la jeunesse que l’on célèbre pour ses vertus et ses potentialités dialogue avec sa non-conformité et ses « déviances ». C’est un peu une métaphore de ce qui la dépasse – de ce qui nous dépasse : ses anxiétés, ses projections, ses peurs sociales… Ce qui m’intéresse aussi, c’est de voir comment une pratique nous déplace, comment ça bouge dans les cadres – et hors champs : une question qui se pose à nous tou·te·s, que ce soit durant la fabrication d’un film, d’un spectacle, mais aussi dans l’invention de sa propre vie. […] Cette démarche a également bousculé ma vie et mon rapport à l’écriture : depuis 2016, je suis principalement en contact avec des jeunes, à longueur d’année, et dans des villes très différentes, avec des cultures, des désirs, des inquiétudes différentes. C’est une expérience très intense. D’autant que la jeunesse, tu ne peux l’« attraper » que dans son énergie, de l’intérieur, à partir de ses sensations magnifiques. Ce n’est qu’en étant dans leur tempo, leur jeu, leur groove, leur doute, que la rencontre peut fonctionner. Cela te force à te déplacer, à te mettre à leur endroit...

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