Devenir Crocodile

Danya Hammoud

Le 17 juin 

À partir d’un maillage entre un univers sonore et un texte aux tonalités troubles, Danya Hammoud (son corps, sa voix) nous entraîne dans une réflexion sensible sur le monde tel qu’elle le perçoit aujourd’hui. Un monde qui est peut-être en train de nous faire « devenir crocodile »…

Meshing together a world of sound and a troubling text, Danya Hammoud (her body, her voice) draws us into perceptible considerations on the world as she sees it today. A world that quite possibly is making us ‘go crocodile’…


Artiste associée à La Maison CDCN, Danya Hammoud développe une danse ciselée, détaillée, tout en tensions contenues mais résolument perceptibles. Dans Sérénités était son titre, présenté l’an dernier au festival, la chorégraphe mettait en jeu de nouveaux outils d’écriture. À commencer par la prise de parole et une cohabitation plus marquée de la danse avec un paysage sonore. De récents sillons dont elle poursuit l’exploration dans sa nouvelle création, Devenir crocodile, où partitions textuelle, sonore et physique s’intriquent davantage encore les unes aux autres.
Face à ce qu’elle sent du monde d’aujourd’hui, l’artiste a tissé un parcours narratif à partir de rêves personnels et de situations vécues, reflet intime de l’« état de corps dans nos sociétés actuelles ». Un récit qu’elle a choisi d’articuler en étroite collaboration avec David Oppetit et un travail de composition sonore dans lequel s’entremêlent enregistrements de terrain ou instrumentaux, réminiscences de musiques populaires et séquences d’archives.
Sur scène, le corps et la voix de Danya Hammoud sont tout à la fois émetteurs et récepteurs de cet entrelacs de textes et de sons. Une certaine rugosité émerge de ce travail où le corps reste le coeur d’une attention minutieuse, et se voit teinté d’une étrangeté nouvelle, d’une texture particulière, comme froissée…


De et avec Danya Hammoud
En collaboration avec David Oppetit à la composition sonore
Lumières Jade Rieusset
Accessoire Clara Perreaut, plasticienne
Remerciements à Camille Lorin, artiste photographe, vidéaste, pour son regard et ses retours.
Dessin de Paul Lorin

Production L’Heure en commun. Administration de production In’8 circle, Marseille. Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Les Scènes croisées de Lozère, L’échangeur – CDCN Hauts-de-France. Partenaire DANS LES PARAGES, Marseille pour la mise à disposition de studio.


Rencontre avec Danya Hammoud (propos recueillis par Olivier Hespel)

Le point de départ de Devenir crocodile n’est pas un questionnement à partir du corps, mais l’écriture d’un texte et son dialogue avec un univers sonore. Une première, non ?
C’est vrai que les outils qui forment le point de départ de ce projet se trouvent dans un développement entre l’écriture d’un texte et celle d’une partition sonore – qui sont toutes deux indissociables, intriquées même. Mais le corps, sa présence, sa place au plateau, sont au centre du « dialogue » dont vous parlez – c’est bien le corps qui fait surgir les mots. Ma réflexion sur le mouvement est donc toujours présente, mais j’ouvre ici une autre manière de la poursuivre. Car, artistiquement, je pense aussi que d’autres choses me motivent aujourd’hui, que j’ai envie d’explorer, d’assumer aussi.

Dans la note d’intention de la pièce, vous posez la question de savoir comment agir aujourd’hui, dans « ce contexte d’effondrement »… Devenir crocodile évoquerait-il une forme de réponse ?
Cette pièce est vraiment différente de tout ce que j’ai pu faire jusqu’ici. La question « comment agir ? » reflète donc, déjà en soi, le processus de création de ce projet : j’ai dû me la poser et réapprendre à faire, car ce travail appelait de nouveaux outils. Après, bien sûr, il y a cette même question, posée cette fois à un niveau plus politique, voire existentiel. Mais à laquelle la pièce n’entend pas répondre. Comment y répondre d’ailleurs, avec toutes ces incertitudes, cette instabilité, dans lesquelles nous baignons ? La pièce est plutôt le fruit d’une observation, ou un état des lieux peut-être. C’est cela que le titre, Devenir crocodile, évoque.

C’est-à-dire ? Avoir la peau plus épaisse, devenir moins poreux ? Attendre, observer, être prêt·e à bondir ? À l’image d’un crocodile, justement.
Peut-être… Mais, en tout cas, cette observation n’est pas heureuse. Elle n’évoque pas une résistance, une défense. Elle traduit plutôt un sentiment rugueux, lourd, qui coince, et reflète ce que l’on est peut-être en train de devenir, suite à cette accumulation d’événements et à tout ce que l’on peut subir ces derniers temps – ou plutôt que l’on accepte de subir. Je pense surtout ici au contexte politique, économique et social, dans une géographie qui m’est plus intime, le Liban – et de façon plus large aussi, dans le monde… Mais encore une fois, ce n’est en rien ce qu’il faudrait être ; c’est l’impression que j’ai de ce qui est en train de se passer.

Et c’est de cela dont parle le texte ?
J’avais envie de parler de ce contexte, oui, mais sans en faire un « discours ». J’avais besoin de mettre de la distance. J’ai donc choisi d’écrire à partir de récits personnels de rêves ou de cauchemars, auxquels s’insèrent des événements vécus, mais toujours dans une écriture qui ramène au rêve (et à ce que ce lieu/espace du rêve permet), afin de donner à voir/écouter une relation à un lieu, à une appartenance, à une mémoire… L’ensemble s’est construit par étapes successives – et dans un va-et-vient constant avec l’écriture sonore, qui à chaque fois me l’a fait réenvisager – pour trouver comment dans son évolution (par rapport aux tensions, aux obstacles que ces rêves citent, mais aussi par rapport à l’espace, à la voix, au son) il peut, en sous-texte, faire écho au monde d’aujourd’hui.

  • vendredi 17 juin à 21h30
  • durée 45 minutes / Jardin de l’évêché
  • Parking de la Mairie (au pied de la cathédrale Saint-Théodorit) et Parking des Marronniers à proximité.

    CONVIVIALITÉ
    Nous vous accueillons 1h avant et après la représentation. Dans notre Bar - salon d’été, La Roulante propose un bar bio et une restauration légère de qualité, éco-responsable et diversifiée, faite de produits frais et locaux.

    ACCESSIBILITÉ
    Le Jardin de l’évêché est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, signalez-nous votre situation avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    COVID-19
    Merci de respecter les règles sanitaires en vigueur au moment de la représentation. Pas de pass sanitaire, pas de masque obligatoire.

    VIGIPIRATE
    Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place, il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.


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