Algeria Alegria

David Wampach

Le 18 juin 

Soutenu·e·s, soulevé·e·s presque, par un puissant flux musical, à la fois percussif et vocal, Dalila Khatir et David Wampach nous offrent un captivant rituel de célébration, à l’intensité croissante – et résolument communicative.

Upheld and nearly blown away by powerful musical flow of percussion and voice, Dalila Khatir and David Wampach dance a captivating ritual of celebration. Increasingly intense and straightforwardly communicative.

Artiste associé à La Maison CDCN entre 2016 et 2019, David Wampach a marqué de sa présence le festival Uzès danse par la radicalité de ses propositions. Son dernier passage, BÉRÉZINA, en 2019, déroulait une suite contrastée de solos dont l’énergie tenait autant du plaisir et de l’insistance, que de la pulsion de vie. Cette année, il revient avec une pièce, créée il y a quelques mois à peine : ALGERIA ALEGRIA, duo né d’une collaboration avec Dalila Khatir, chanteuse performeuse, et complice de longue date.
La question des rituels de danse sillonne le parcours du chorégraphe. Avec ce nouvel opus, il l’explore cette fois par le biais de l’Algérie. Une façon pour lui également de se rapprocher du versant algérien de ses racines familiales, et de faire jonction avec celles de Dalila Khatir.
Pour autant, rien de documentaire ou d’autobiographique ici, mais l’occasion de puiser dans leurs rapports personnels à ce pays pour mieux signer ensemble une frappante traversée, un rituel de transformation, où viennent s’entrelacer le noir, la chair et le « scintillant ».
Jaillissement, éruption : des mots qui ont parcouru le processus d’écriture de cette pièce dont le titre « invoque » à la fois l’Algérie et l’alegria (joie, en espagnol et en portugais). Et de fait, quelque chose de l’ordre de l’allégresse ou de l’élévation se dégage progressivement de ce duo aux mouvements étrangement tenus, contrastant avec les appels insistants d’un flot musical physiquement obsédant.

Chorégraphie, costumes David Wampach
Interprétation Dalila Khatir, David Wampach
Conseils artistiques Magda Kachouche, Tamar Shelef
Lumières Samuel Dosière
Son Jordan Dixneuf
Régie lumière Gabriel Bosc
Confection costumes Marion Duvinage, Eli del Oro
Remerciements à Régis Badel, Nadim Bahsoun, Foxie 2000, Salladhyn Khatir, Mustapha Lakhdari, Zoé Lenglare, Rachel Garcia, Pierre Mourles, Silvia Romanelli

Production, diffusion Karen Jouve
Administration Sylvie Suire
© David Wampach
© Angélique Pichon

Production déléguée Association Achles. Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, KLAP Maison pour la danse - Marseille, Scène Nationale d’Orléans, CCN Roubaix Hauts-de-France / direction Sylvain Groud, Le Dancing CDCN Dijon Bourgogne Art Danse, Viadanse - CCN Bourgogne Franche Comté à Belfort, Charleroi danse - Centre chorégraphique de Wallonie-Bruxelles, ICI–CCN Montpellier Occitanie / Direction Christian Rizzo, CNDC Angers. Prêt de studio Montévidéo, Centre d’Art - Marseille, Marseille objectif dansE.

Rencontre avec David Wampach (propos recueillis par Olivier Hespel)

Quels ont été les enjeux de départ de cette pièce ?
Ayant des origines algériennes, j’ai eu besoin de questionner ma relation à ce pays et à sa culture. J’avais envie aussi d’apporter de la lumière sur des parts sombres ou cachées, aussi bien sur un plan personnel que sur celui d’une histoire collective. Quand je parle de « lumière », je veux dire qu’il me semblait vital de ne pas rester bloqué sur le passé et de se focaliser sur le présent de l’Algérie, sa jeunesse. Au moment où je préparais la pièce, en 2019, émergeait le hirak, ce mouvement populaire et pacifique où les Algérien·ne·s sont descendu·e·s dans la rue, tous les vendredis, pour protester. […] Je me suis ensuite demandé quel·le artiste pourrait porter cela au plateau. J’ai rapidement pensé à Dalila Khatir, d’origine algérienne également, qui m’accompagne depuis 2012 en tant que conseillère artistique sur la voix, et à qui j’ai proposé cette fois-ci d’être au plateau avec moi. Jouant avec les différences de nos deux corps, nous avons cherché dans ce projet à prendre du plaisir, à aller vers ce qui est contenu dans le terme anglais « joy », autour des notions d’allégresse, d’espoir, de lumière.

Chorégraphiquement, comment avez-vous développé le vocabulaire ?
Il s’est construit dans un dialogue constant entre des mémoires personnelles, que nous avions par rapport aux danses liées à l’Algérie, notamment lors des mariages, et une recherche photographique et vidéographique sur des danses provenant de différentes régions d’Algérie. En écartant la reproduction de ces gestuelles, il s’agissait de s’imprégner et d’observer comment ces danses mobilisent le corps, et notamment le bassin, les bras et les mains.

Partenaire puissant de ce duo de corps, la musique. Comment s’est construite cette partition ?
L’idée d’une traversée a été très présente pour l’ensemble du développement de la pièce. Musicalement, cela s’est traduit par un système de superposition et d’accumulation de sons (enregistrés avec Mustapha Lakhdari au gembri) et des voix de Dalila Khatir et de moi-même. Plus qu’un effet de transe, le côté répétitif nous a permis de nous plonger dans nos évocations, nos fantômes et nos représentations des corps dansants que nous avions observés.

ALGERIA ALEGRIA : quelle est la genèse de ce titre ?
Pour choisir mes titres, j’ai toujours aimé travailler sur la sonorité des mots, tout en jouant sur la polysémie et leur signification. Ici, ce sont deux termes très semblables, des anagrammes en réalité, dont le rapprochement crée une rythmique particulière, tout en reliant leur sens : « ALGERIA », pour l’Algérie, et « ALEGRIA », qui signifie la joie en espagnol et en portugais. J’aime les associer et penser que la joie est inscrite dans le nom même de l’Algérie. Car souvent, l’évocation de l’Algérie amène à ses aspects sombres comme la guerre d’Algérie ou la Décennie noire des années 90. D’ailleurs, on parle de la « guerre d’Algérie » en France, alors que du côté algérien, on parle de la « guerre d’indépendance » ou de la « Révolution algérienne », ce qui apporte une tout autre signification. Encore actuellement, même s’il est certain que tout n’est pas joyeux, le militantisme et l’activisme de la jeunesse s’appuie énormément sur l’humour dans ses slogans, et notamment lors des manifestations de 2019 (pour une réforme de la République et le départ du président Bouteflika) que les Algérien·ne·s ont baptisé le hirak, qui veut dire le « mouvement » en arabe.

  • samedi 18 juin à 19h30
  • durée 55 minutes / L’Ombrière
  • Parking gratuit Ombrière - Refuge
    Spectacle co-accueilli avec le Festival Montpellier Danse 2022.

    SUR PLACE
    Nous vous accueillons 1h avant le début de la représentation. Pas de bar, mais des boulangeries à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    L’Ombrière est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, signalez-nous votre situation avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    COVID-19
    Merci de respecter les règles sanitaires en vigueur au moment de la représentation. Pas de pass sanitaire, pas de masque obligatoire.

    VIGIPIRATE
    Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place, il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.

    À VOIR ENSUITE, LE MÊME SOIR
    21:30 GUÉRILLÈRES (55’) MARTA IZQUIERDO MUNOZ - Jardin de l’évêché
    23:00 CONCERT Greta Oto (1h) PAPILLONS D’ETERNITE / TANIA CARVALHO & MATTHIEU EHRLACHER - Jardin de l’évêché


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