A D-N

Régine Chopinot

Le 19 juin 

Avec une grande générosité, avec fragilité et humilité aussi, quatre corps accompagnent l’élasticité du temps. Traversent, caressent l’espace. Et tracent avec finesse les traits d’union qui les relient, au-delà de leurs différences.

With abundant generosity, fragility and humbleness, four dancers express the elasticity of time. They traverse and caress space. And delicately outline the connections that bind them regardless of their differences.

En guise de point d’amorce à cette pièce, la figure d’Alexandra David-Neel, personnalité hors norme, bouddhiste, anarchiste, féministe, qui a marqué l’histoire en étant la première femme occidentale à s’être aventurée dans le Tibet du début du XXe siècle. Mais que l’on ne s’y trompe pas : A D-N n’a rien du portrait…
Sur un plateau nu, un guitariste emplit l’espace de sonorités amples. Aux alentours de ce point fixe, trois autres corps, trois femmes, trois générations, dessinent une écriture précise, minutieuse, à partir de la marche. À partir du temps aussi, qu’elles étirent ou resserrent. À partir du plateau, dont elles explorent les frontières. Autour du lien, également, qu’elles tissent et détissent, pour mieux se rejoindre dans le geste ou dans l’espace. A D-N. Ces trois lettres ne manquent pas d’évoquer cette molécule à double hélice, présente dans toute cellule vivante, et qui renferme son héritage génétique... Et de fait, avec cette pièce, Régine Chopinot semble tramer les fils de son propre parcours. Que ce soit par l’équipe qu’elle rassemble ici, reflet de relations construites avec le temps ; que ce soient quelques pas, tirés de pièces comme Appel d’Air (1981 – une de ses premières créations) ou Végétal (1995) ; que ce soit encore, ce pantalon noir aux multiples franges que Jean-Paul Gautier lui a offert dans les années 1980… Autant d’invité·e·s qu’elle convie ici, avec une grande simplicité/sérénité, dans un récit des sens au pluriel.

Conception Régine Chopinot
Avec Nicolas Barillot, Prunelle Bry, Régine Chopinot, Sallahdyn Khatir, Phia Ménard, Nico Morcillo
Conseillères scientifiques Christine Breton (docteure en histoire), Nadine Gomez (conservatrice en chef du patrimoine et directrice de la maison d’Alexandra David-Neel à Digne-les-Bains)
© Vincent Lappartient

Production MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis. Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie. Avec le soutien du ministère de la Culture – DRAC Île-de-France. Avec Cornucopiae – the independent dance, le Port des créateurs – Toulon, Villa Tamaris Centre d’Art de la Seyne-sur-Mer.

Rencontre avec Régine Chopinot (propos recueillis par Olivier Hespel)

Comme point de départ à cette pièce, la figure d’Alexandra David-Neel ; d’où le titre, A D-N. Pourquoi ce choix ?

Je dirais plutôt que c’est un prétexte, comme un pré-mouvement. Mais un prétexte, c’est énorme ; vous vous rendez compte ? Ce qui est avant ? Cela modifie tout – mais ne s’impose pas… Je n’ai d’ailleurs jamais forcé qui que ce soit dans l’équipe à lire ses écrits, ou même à s’intéresser à qui était Alexandra David-Neel. Même si c’est une femme hallucinante, multiple de chez multiple, qui me parle et continue à me parler, à m’intriguer, à me donner du courage, le courage d’oser : le foisonnement de ses écrits, le nombre de pas qu’elle a fait… Elle a ouvert également des qualités de réflexion (avec générosité, sans jugement) dont tout le monde peut se saisir ; des pensées qui réconcilient en somme… En même temps, elle a des initiales magnifiques : A D-N. Quelle ouverture !

La pièce s’ouvre sur une séquence avec les trois danseuses à l’avant-scène, côte à côte, face au public, très simplement, très humblement aussi…
C’est ce que nous appelons le podium de l’équité, de l’égalité. Nous sommes toutes trois [NDLR : Prunelle Bry, Phia Ménard et Régine Chopinot] de tailles différentes. Mais grâce à de petites marches, nos six yeux sont à la même hauteur, dans une égalité de regard, et de salut. Cette scène d’ouverture est aussi un moment de silence, parce que ce n’est pas évident de se donner à voir.

A D-N a été créée à la MC93, en Seine-Saint-Denis, dans une immense « boîte noire » comme on dit – et toute noire, effectivement. À Uzès, le cadre est très différent, avec ce mur-muraille en fond de scène et ces deux grands arbres qui bordent l’avant-scène…

La MC93 n’est qu’une strate de cette pièce. Nous nous sommes appuyés sur ce plateau-là, immense en effet, et sur ce qu’il nous offrait. Mais nous n’avons pas peur de changer de lieu. C’est une joie même ! Le piège serait de vouloir reproduire quoi que ce soit. […] Quand je suis partie pendant 10 ans – quand je me suis sauvée (dans les deux sens du terme) – dans le Pacifique, pour travailler sur l’oralité (sur tout ce qui se transmet en dehors de l’écriture), j’ai notamment appris qu’il ne faut jamais lutter contre la force des lieux. Depuis, il y a une espèce de phrase qui est toujours présente en moi, quand j’arrive dans un endroit : si l’on arrive à trouver où se placer dans un lieu, il nous le rend… Et désormais, je commence toujours par saluer le lieu, par écouter le lieu, chercher (comme un animal) l’endroit où nous pouvons résonner, lui et moi. […] Pour ce qui est d’Uzès en particulier, vous parlez du mur et des deux arbres mais, pour moi, c’est la présence du ciel surtout qui est marquante ; ce n’est pas rien, le ciel ! […] Au-delà de ce cadre nouveau, nous serons aussi tellement plus proches du public que, forcément, nous serons dans une tout autre expérimentation, une tout autre écoute.

  • samedi 19 juin à 21h30
  • durée 1h / au Jardin de l’évêché
  • Parking "de la mairie" ou "des Marronniers" à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    La majorité des lieux est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, nous vous invitons à nous signaler votre situation au 04 66 03 15 39.

    CONVIVIALITÉ
    Restauration légère, à emporter
    Présence de foodtruck avant les spectacles à L’Ombrière et au Jardin de l’évêché.
    Salon d’été, au Jardin de l’évêché
    Ouvert avant et après les représentations au Jardin.
    Les soirées peuvent être fraîches, pensez à prendre une couverture.

    INFORMATION COVID
    Quelques règles sanitaires en vigueur actuellement et qui sont susceptibles d’évoluer :
    • port du masque homologué obligatoire dans tous les espaces (pour les personnes de plus de 11 ans) ;
    • distance physique entre chaque groupe de réservation, dans tous les espaces ;
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à plusieurs points clés.
    Nous vous remercions de bien vouloir respecter ces consignes. Nous vous assurons que nos équipes les respectent afin de vous accueillir dans les meilleures conditions.

    VIGIPIRATE
    Ne vous chargez pas. Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place. Il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.

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