TRAP

Clémence Galliard

Le 20 mars 

#PERFORMANCE
durée : 20 minutes
en partenariat et avec le soutien du musée d’art sacré du gard
dans le cadre du week-end des musées télérama

Conception, chorégraphie, interprétation Clémence Galliard
Musique Arvo Pärt Sarah was ninety years old (1977) Miserere (1989)
Collage musical Nosfell
Regard extérieur, scénographie Éric Martin
Réalisation objet lumineux Guillaume Troublé

Sur des musiques d’Arvo Pärt, aussi pieuses que puissantes, Clémence Galliard balade sa longue silhouette noire dans la cour de justice du Musée d’Art sacré du Gard. Jouant volontiers avec les décalages, son solo frotte images, époques et sensations, pour mieux interroger nos perceptions et notre regard.
À l’origine de TRAP, une commande passée par le Musée de Grenoble. L’offre était simple, mais précise : écrire un solo sur des compositions d’Arvo Pärt, et l’interpréter dans l’un des espaces du musée… Pour répondre à cette invitation, Clémence Galliard a choisi de construire sa danse dans un rapport direct avec la première contrainte du projet : Arvo Pärt. Une base d’écriture qu’elle a définie en optant non pas pour une œuvre de ce compositeur estonien, mais deux.
La notion de contraste, de décalage, est clairement au centre de ce travail. À commencer par les deux partitions musicales que la chorégraphe-interprète a choisi d’entremêler, deux univers radicalement différents : jeu de percussions empli de silences solennels, d’une part, et élans lyriques aux intonations cathédrales, de l’autre.
Le choix du costume exprime également cette irrésistible envie de créer du frottement. Veste courte en fausse fourrure tachetée noir et gris, larges épaulettes, leggings noirs, baskets orange, visage surmonté d’un épais chignon noir : cette silhouette dénote avec l’atmosphère religieuse et « sérieuse » qui se dégage tant du paysage sonore que du cadre muséal dans lesquels évolue ce corps élancé à l’allure plutôt saugrenue.
Entrelacs de déplacements et de postures, jeux d’équilibre et de regards : quelque chose d’absurde se dégage aussi de la danse que cette « créature » dessine. En ressort une troublante cohabitation entre corps, son et espace…


Commande du Musée en Musique (Musée de Grenoble) dans le cadre d’une soirée consacrée à l’Estonie.

Rencontre avec Clémence Galliard (propos recueillis par Olivier Hespel)

Pour répondre à la commande que vous a faite le Musée de Grenoble, vous avez choisi deux partitions d’Arvo Pärt (le début de Sarah was ninety years old et la fin de son Miserere) que vous avez fusionnées, entrelacées. Pourquoi ce choix ?
Quand, en 1995, j’ai tenté le concours pour entrer au Conservatoire de Paris, je devais venir avec une variation. Cette variation, je l’avais construite sur un montage – déjà – de ces deux partitions d’Arvo Pärt… Lorsque j’ai reçu cette proposition du Musée de Grenoble, j’ai tout suite pensé à ces deux pièces sur lesquelles j’avais beaucoup aimé travailler à l’époque. J’étais curieuse de voir ce que cela ferait de m’y replonger à nouveau, 22 ans plus tard… Mais en les travaillant différemment. J’ai ainsi demandé au chanteur-auteur-compositeur, Nosfell, de m’aider à réaliser un montage entre ces deux partitions d’Arvo Pärt, sur lequel j’ai composé le solo, indépendamment du contexte du Musée de Grenoble. Ce n’est qu’après que je m’y suis rendue pour trouver l’endroit où cette danse s’inscrirait le mieux – en fonction des œuvres exposées, mais aussi de l’espace disponible.

TRAP : d’où vient ce titre ?
Il y a deux raisons à ce choix. Tout d’abord, TRAP est le palindrome de « Part » ; un clin d’œil au compositeur à partir duquel ce solo a été créé. Ensuite, quand je me suis retrouvée au Musée de Grenoble, devant la toile que j’avais choisie [Roger arrivant dans l’île d’Alcine, une peinture monumentale du XVIIIe siècle, de Hyacinthe Collin de Vermont], je me suis aperçue que, tant cette œuvre que les deux pièces d’Arvo Pärt, chacune faisait référence à une femme que je trouvais, dans leur histoire respective, manipulée, piégée par les hommes… Or « trap », en anglais, signifie « piège » justement…

Vous aussi, d’une certaine manière, vous aviez été prise au piège : la commande étant plutôt cadrée…
On peut dire ça comme cela, oui [rires]. Il y avait, en tout cas, un collage à assumer et à faire entre la musique de Pärt et une œuvre du Musée de Grenoble qui, a priori, n’avaient pas plus de raisons que cela d’être réunies. […] Mais cette idée me convenait assez bien. Je me sens avant tout interprète, plus que chorégraphe. La notion de commande a été, en somme, un bon moyen de me mettre le pied à l’étrier ! Car c’était presque inédit de me lancer dans une écriture chorégraphique que j’allais signer de mon nom… Et je suis d’ailleurs très reconnaissante envers Liliane Schaus [directrice de La Maison CDCN] de m’inviter à tenter l’expérience une seconde fois, le temps d’une adaptation de TRAP pour le Musée d’Art sacré du Gard.

Photos © Gaëlle Sonnier

  • samedi 20 mars à 18h00
  • Musée d’Art Sacré du Gard, Pont-Saint-Esprit
  • cour de justice

    ENTRÉE LIBRE
    dans la limite des places disponibles

    Informations COVID
    Plusieurs mesures à respecter pour accéder au cinéma :
    • port du masque obligatoire dans tous les espaces (pour les plus de 11 ans)
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à l’entrée
    • distanciation physique d’une place entre chaque groupe de personnes.

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