Tous les yeux s’émerveillent

Lea Moro

Le 2 avril 

#SPECTACLE TOUT PUBLIC À PARTIR DE 8 ANS
durée : 50 minutes + rencontre avec les artistes (20’)
en partenariat avec l’ombrière

Conception, chorégraphie Lea Moro
Co-chorégraphie, performance Jorge De Hoyos, Daniella Eriksson, Michelle Moura
Création sonore Andres Bucci aka Future Legend
Costumes, scénographie Martin Bergström, Nina Krainer
Création lumières Martin Beeretz
Dramaturgie Mona De Weerdt
Collaboration artistique - chorégraphie Kiana Rezvani - Regard extérieur Leonie Graf
Conseil musical Jana Sotzko - Conseil dramaturgique Marc Streit (Tanzhaus Zürich)
Médiation Lea Moro, Mona De Weerdt, Leonie Graf - Illustrations, graphisme Rommy González
Réseaux sociaux (Instagram) Nima Dehghani - Production, tournée Hélène Philippot

Pour sa première pièce jeune public, Lea Moro nous invite à plonger dans un monde fabuleusement hybride, à la fois sous l’eau, sur terre et dans les airs… Une pièce onirique et ludique, pour une ingénieuse invitation à porter un autre regard sur le monde.

Lea Moro est une invitée régulière de La Maison CDCN. Souvenez-vous de FUN !, quintette espiègle sur notre rapport à l’amusement, présenté au festival Uzès danse 2017. Ou encore de la performance qu’elle présentait en mai 2019, en compagnie du vigneron Luc Reynaud… Tout autre registre avec cette nouvelle création, à travers laquelle elle plonge dans les questions environnementales, avec un esprit plutôt décalé.
Sur le plateau, un jeu de tissus et de plastique dessine un paysage aussi étrange que fabuleux. Au départ immobile, l’espace se met subrepticement en mouvement, en grouillements. Est-on sous l’eau ou sur une surface plus aérienne ? La pièce joue sans cesse sur cette ambivalence au fur et à mesure que se découvrent les trois créatures qui l’habitent, au fur et à mesure également qu’elles se transforment et se métamorphosent encore...
Écrite autour de trois « slogans » (termes de l’artiste), « l’air suffoque », « les océans ont la fièvre » et « la terre tremble de rage », Tous les yeux s’émerveillent (All Our Eyes Believe) nous invite à laisser notre imaginaire s’échapper au gré des humeurs multiples qui se dessinent au plateau. Car si le dérèglement climatique (et autres désastres écologiques) ont bien un fond tragique, il est possible d’aborder ces questions sans surfer sur la culpabilité et l’idée de catastrophe imminente. Lea Moro nous en donne une preuve, pleine de mystère et de poésie, tout en prolongeant sa proposition par une rencontre mêlant jeux, expérimentations et discussions.

Production Lea Moro. Coproduction Tanz im August – HAU Hebbel am Ufer, Tanzhaus Zürich. Produit dans le cadre de Residance et du Fonds des programmateurs de Reso – Réseau Danse Suisse. Soutien à la création Hauptstadtkulturfonds, service culturel de la Ville de Zurich, service culturel du canton de Zurich, Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture, Fondation Nestlé pour l’Art, Fonds culturel de la Société Suisse des Auteurs (SSA), Société d’utilité publique du canton de Zurich (GGKZ), Fondation Stanley Thomas Johnson.
Soutien à la médiation Fondation Oertli et Faber Castell.

Rencontre avec Lea Moro (propos recueillis par Olivier Hespel)

Tous les yeux s’émerveillent. D’où vient ce titre ?
Tout d’abord, je dois préciser qu’il s’agit d’une traduction d’un titre en anglais, All our Eyes believe [Littéralement : « Tous nos yeux croient » ; on peut y entendre aussi : « Tout ce que nos yeux croient »]. Mais comme il s’agit d’une pièce jeune public, mon équipe et moi avons opté pour une traduction en français pour les représentations devant un public francophone. Pour la version française, le titre n’évoque pas exactement la même chose qu’en anglais, car nous avons aussi cherché à ce que la formulation « sonne », « fonctionne » en tant que telle. […] Pour répondre à votre question sur les origines du titre, je vais donc vous répondre par rapport à la version en anglais. Ce projet part d’une envie de traiter au plateau des thématiques écologiques. Et, dans cette perspective, l’idée du titre vient d’une fascination que j’ai pour notre manière non seulement de construire la réalité à partir d’un certain point de vue, qui vient filtrer – différemment pour chacun – les informations que nous recevons, mais aussi de jouer avec le fait que ce que nous percevons n’est en fait qu’une réalité individuelle – même si nous sommes influencés par les autres, et notre contexte… Ce projet renferme ainsi deux questions centrales : comment élargir nos filtres respectifs, et comment imaginer ce que nos yeux ne sont pas capables de percevoir. Car, en termes d’écologie, nous savons comment nous endommageons la planète et nos corps. Mais beaucoup de phénomènes ne sont pas directement perceptibles, et il est complexe de dire à quoi ils ressemblent : on peut voir un nuage de pollution, mais comment décrire les particules fines, par exemple ?

Une narration traverse la pièce. Qu’est-ce qu’elle évoque pour vous ?
C’est une traversée dans un monde. Une traversée qui circule entre trois « zones » différentes (sous l’eau, sur terre, dans les airs). Mais dans quelle « zone » nous sommes exactement n’est pas jamais clairement défini. Chacun peut ainsi la percevoir à sa façon… D’autant qu’une « méduse », par exemple, peut très bien se retrouver sur terre ou dans les airs… Une forme de métaphore avec laquelle nous jouons pour suggérer le changement climatique et les dérèglements de l’écosystème… L’ensemble de cette traversée part d’un monde à dominante rouge qui, petit à petit, se transforme en un monde bleu… Nous jouons avec des constructions hybrides pour créer des points de vue hybrides, interroger la façon dont on observe les choses, avec quoi on les connecte, et avec quelle logique en fin de compte chacun se construit le fil de la pièce.

Pourquoi cette idée de passage du rouge au bleu ?
Il n’y a pas de « message » particulier à y voir… Au départ, il y avait du vert également, mais nous avons finalement opté pour jouer avec un contraste plus marqué entre seulement deux intensités de couleur… Le rouge et le bleu s’associent bien avec les trois « zones » que nous voulons traverser. Dans le sens où le rouge peut évoquer autant des récifs de corail qu’un volcan, et que le bleu fait songer à la fois à l’eau et au ciel… Le rouge est une couleur chargée d’énergie, de dynamique. Quant au bleu, il a quelque chose de plus calme dans un sens, même si, quand on songe aux océans, il renferme également une puissance énorme… Jouer avec ces deux couleurs permet ce voyage hybride dont je parlais (être sous l’eau, sur terre et dans les airs) et, en même temps, de nous ramener à nous, humains : le rouge du sang et le bleu de l’eau, qui nous constituent en majeure partie.

Photos © Andres Bucci, Michelle Ettlin, Dieter Hartwig

  • vendredi 2 avril à 14h00
  • Séance scolaire
  • vendredi 2 avril à 19h30
  • Séance tout public
  • L’Ombrière

    TARIF PLEIN 10€
    MOINS DE 12 ANS ET SCOLAIRES 5€
    Réservation indispensable

    COVOITURAGE
    Vous avez des places libres dans votre véhicule ? Vous cherchez une place ? Faites-le nous savoir lors de votre réservation, nous mettrons en contact les conducteur·rice·s et les passager·ère·s.

    ACCESSIBILITÉ
    La majorité des lieux est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, nous vous invitons à nous signaler votre situation, avant votre venue, au 04 66 03 15 39.

    SUR PLACE
    L’accès à tous les lieux se fait dans la limite des places disponibles. N’hésitez pas à arriver en avance, nous vous accueillons sur place 45 minutes avant l’heure du spectacle. Tous les rendez-vous commencent à l’heure. L’accès à la salle n’est plus garanti au-delà de l’horaire de début indiqué.

    Informations COVID
    Plusieurs mesures à respecter pour accéder au spectacle :
    • port du masque obligatoire dans tous les espaces (pour les plus de 11 ans)
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à l’entrée
    • distanciation physique d’une place entre chaque groupe de personnes.

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