L’Aurore

Alain Michard / Louma

Du 16 février au 25 février

#RENDEZ-VOUS QUOTIDIENS
#SORTIE DE RÉSIDENCE
résidence de création du 15 au 26 février
en partenariat et avec le soutien de La Maison de L’Eau d’Allègre-les-Fumades et la mairie de Barjac

Chorégraphie, mise en scène, scénographie Alain Michard
Danse, voix, manipulation d’objets Nuno Bizarro, Matthieu Blond, Teresa Silva, Emma Tricard (distribution en cours)
Création sonore Alain Michard, avec les interprètes
Textes choisis et écrits en collaboration avec les interprètes

Cette saison, La Maison CDCN invite Alain Michard en résidence à Barjac. L’occasion de différentes rencontres publiques, dont la découverte d’un travail en cours : une pièce-variation autour de l’aurore, entremêlant temporalités, genres et esthétiques, rêve et réalité…
Voilà des années qu’Alain Michard songe à développer un projet sur ce moment particulier de la nuit qu’est l’aurore. Un temps qu’il voit plein de paradoxes, où excitation et fièvre flirtent avec repos ou torpeur, alors que pointe un jour nouveau. Un état d’entre-deux que l’artiste envisage aussi comme un « moment de délivrance », pour reprendre son expression.
Depuis deux ans, le chorégraphe creuse ses idées à travers des ateliers et quelques séances de recherche avec l’un·e ou l’autre de ses interprètes. Mais sa résidence à Barjac sera son premier temps de travail de création à proprement parler. La première fois aussi qu’il réunira, tou·te·s ensemble, la majorité des interprètes avec qui il entend construire L’Aurore, dont la création verra le jour d’ici deux ou trois saisons.
Jouer sur le trouble entre rêve et réalité, développer une trame narrative plurielle en s’appuyant avant tout sur les corps et une bande sonore : tels pourraient être résumés les enjeux d’écriture de cette pièce future, qui tiendra plus de la juxtaposition de séquences que du récit univoque et linéaire.
Brouiller les pistes serait d’ailleurs une belle façon de qualifier l’esprit qui semble guider ce travail. À l’image des formes et esthétiques que la pièce entend convoquer sans grand souci de transition : danse de corps endormis, séquence d’inspiration expressionniste, accents de music-hall, parfums de rituel animiste ou encore, moments plus « bruts » et complices avec le public…


Production LOUMA. Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie. Avec le soutien de Réservoir-danse (Rennes). LOUMA est soutenue par le ministère de la Culture - DRAC Bretagne, la région Bretagne et la ville de Rennes.

Rencontre avec Alain Michard (propos recueillis par Olivier Hespel)

Dans votre note d’intention, vous épinglez trois sources d’inspiration : Sunrise de Murnau, Au Bois lacté de Dylan Thomas et le compositeur américain Robert Ashley. En quoi ce trio vient nourrir votre travail ?
L’envie de ce projet n’est pas partie de ces éléments-là, mais c’est vrai qu’ils ont une place centrale dans le processus d’écriture… Robert Ashley [1930-2014] est un musicien très particulier, plutôt connu dans la scène jazz et expérimentale, qui a réalisé des œuvres-récits qui tiennent un peu de l’opéra. Deux d’entre elles seront particulièrement présentes dans L’Aurore : Automatic Writing [1979] et Backyard [1977]. Quant à Murnau et Sunrise [1927], ce qui m’intéresse dans ce long métrage muet en noir et blanc, ce sont toutes ses atmosphères nocturnes un peu cauchemardesques parfois, des images de nuit avec des contrastes très forts entre zones éclairées et parties sombres, que ce soit dans les paysages ou sur les visages. Il y a aussi ces états de corps et ces expressions du visage, typiques de l’expressionnisme allemand. Enfin, pour ce qui est de la pièce radiophonique de Dylan Thomas, Au Bois lacté [1945], c’est son aspect sonore qui est central pour moi : cette façon de donner à voir et de raconter par le son uniquement… Mais ce ne sont pas les seuls éléments d’inspiration. D’un point de vue plus strictement esthétique, je m’intéresse beaucoup aussi aux arts premiers, et à ce rapport animiste à la nature qu’ont ces civilisations et cultures non-occidentales… À l’inverse, il y a également tout l’imaginaire artistique « romantique », tel qu’il s’exprimait en Europe entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle.

Quelle est le point de départ de ce projet ? L’envie de parler de l’aurore en tant que telle ?
Oui, effectivement. L’envie d’explorer ce moment particulier de la nuit, plein de paradoxes, cet entre-deux vers un nouveau jour, où l’on digère le jour d’avant et se prépare à celui d’après… D’un point de vue formel – dans une première version du projet – je travaillais sur une idée de scénographie uniquement composée par les extensions et transformations des corps dansants : des jeux de maquillages, de coiffures et de masques, inspirés par les impressionnantes statues vivantes de certains rituels traditionnels en Afrique, au Mali notamment… Mais de cette idée ne reste, aujourd’hui, qu’une séquence avec des masques de papier : une neutralisation du visage qui permet, aux danseurs, de transformer leur corps, d’incarner tous les personnages possibles – et, au public, d’y projeter ce qu’il veut… D’un autre côté, je souhaite également explorer une forme de danse-théâtre dont l’écriture serait moins « documentaire » ou in situ qu’à mon habitude : une écriture où la dimension fictionnelle serait davantage présente, même s’il s’agira plutôt d’un collage ou d’une juxtaposition de bribes d’histoire qu’un récit à proprement parler, avec sa logique chronologique, ses développements de personnages, etc. Avec la petite réserve que j’ai demandé aux interprètes de faire une collecte sonore d’expériences personnelles de l’aurore. C’est d’ailleurs un des éléments de travail prévus pendant notre résidence à Barjac.

Illustration © Sunset de Caspar David Friedrich

  • mardi 16 février à 18h00
  • mercredi 17 février à 18h00
  • jeudi 18 février à 18h00
  • vendredi 19 février à 18h00
  • Les rendez-vous quotidiens (45-50 min)
  • Alain Michard ouvre les portes de sa résidence et nous invite à découvrir son univers artistique. Au programme : lectures, mini-concert, projections de films, conférence-performée, atelier.
  • jeudi 25 février à 18h00
  • Sortie de résidence (1h)

  • MAIRIE DE BARJAC
    studio mobile implanté dans la salle des Fêtes

    ENTRÉE LIBRE
    dans la limite des places disponibles

    Informations COVID
    Plusieurs mesures à respecter pour accéder à l’espace :
    • port du masque obligatoire dans tous les espaces (pour les plus de 11 ans)
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à l’entrée
    • distanciation physique d’une place entre chaque groupe de personnes.

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