Wilder Shores

Michèle Murray

Le 17 juin 

Entre circulations à la mécanique complexe et jeux d’appuis à deux, la dernière création de Michèle Murray souffle un étrange vent de liberté et nous emporte vers des « rivages plus sauvages », comme son titre nous le glisse à l’oreille.

Between movements with complex mechanics and plays of support for two, the latest choreography by Michèle Murray blows a strange wind of freedom and sails us toward wilder shores as its title suggests.

Sur un plateau blanc, six corps vêtus de noir investissent un à un l’espace. Six électrons libres qui se croisent, s’éloignent et se resserrent dans un jeu de circulations presque incessantes, faites de marches, de sauts et de tournoiements en tout genre. Une individualité de gestes qui vient relever l’homogénéité des corps en présence, dans leurs tailles et leurs gabarits.
Çà et là, des duos ou trios apparaissent, des synchronisations se forment et se déforment, quelques unissons également. Une surprenante légèreté mécanique emplit ce sextette impassible, semble-t-il, devant les grondements sonores, hypnotiques et lancinants de Gerome Nox (également présent sur scène), alors que la lumière, elle aussi, suit sa propre logique, acérée, parcourant différentes intensités de blanc, de bleu ou de rouge, tout en démultipliant au sol les ombres des interprètes…
Éminemment « danse », WILDER SHORES nous plonge dans une écriture à la fois tendue et relâchée, rigoureuse et libre, mathématique et organique. « Une composition instantanée régie par une grille de règles strictes », comme aime à le préciser la chorégraphe. Une expérience à vivre, à ressentir. Celle de la liberté dans le cadre. Heureux mariage entre deux notions que l’on a trop facilement tendance à qualifier d’antinomiques.

Direction artistique, chorégraphie Michèle Murray
Collaboration artistique Maya Brosch
Création musique Gerome Nox
Création lumière Catherine Noden
Création, interprétation Alexandre Bachelard, Rebecca Journo, Marie Leca, Baptiste Ménard, Manuel Molino, Déborah Pairetti (au moment de la création Élodie Fuster Puig, Félix Maurin)
© Julien Reyes

Production PLAY / Michèle Murray – Association Stella. Coproduction, partenaires Festival Montpellier Danse 2020, CCN de Tours – Direction Thomas Lebrun, ICI–CCN de Montpellier Occitanie – Direction Christian Rizzo, La Place de la Danse CDCN de Toulouse Occitanie, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Emmetrop Antrepeaux Bourges, Pôle de Développement Chorégraphique Montpellier Mosson – Direction Didier Théron. Avec le soutien du théâtre La Cigalière de Serignan, ZZT HFMT Köln (école supérieure universitaire pour la danse de Cologne), la fondation BNP Paribas dans le cadre d’une résidence à l’Agora, cité internationale de la danse Montpellier.
Spectacle soutenu par le FONDOC.
PLAY/Michèle Murray est subventionnée par le ministère de la Culture – Drac Occitanie au titre de l’aide à la structuration, la région Occitanie Pyrénées-Méditerranée, la ville de Montpellier au titre de l’aide au projet 2020 et l’aide au fonctionnement.

Rencontre avec Michèle Murray (propos recueillis par Olivier Hespel)

Quelle est l’origine de ces WILDER SHORES ?
Je suis tout d’abord partie du titre. Depuis plusieurs années, je m’intéresse au travail du peintre d’origine américaine, Cy Twombly. Ce titre, je l’ai emprunté à l’une de ses œuvres, The Wilder Shores of Love [1985]. Et pour moi, ces « rivages plus sauvages » sont ceux des corps, de l’expérimentation, de l’espace, du temps, de l’énergie… De toutes les questions liées au chorégraphique, en fait… Et, en même temps aussi, pourquoi pas, ceux de l’amour…

Mais vous n’avez pas gardé le « of Love » du titre original. Pour ne pas donner un contexte narratif trop concret, trop restreint, à la pièce ?
Effectivement, je ne voulais pas forcément orienter le regard ou l’interprétation dans cette direction-là. Je voulais laisser les choses plus ouvertes. D’autant que, comme dans ma précédente pièce, ATLAS/ÉTUDES [6 des 10 opus qui forment cette pièce ont été présentés au festival en 2016], je ne suis pas partie d’une thématique précise dans mon travail avec les danseurs, ni même du travail de Cy Twombly, mais d’enjeux strictement chorégraphiques.

Chorégraphiquement justement, à partir de quels types de contraintes avez-vous travaillé ?
Parmi les premières contraintes avec lesquelles nous avons travaillé, il y avait l’idée de la circulation (des interprètes, des énergies, des formes, des matières) et des images comme celle de la spirale ou de la tornade. Un travail sur un espace ouvert et circulaire dans lequel (dans la première partie de la pièce en tout cas) viennent s’immiscer des choses plus linéaires, vient se construire un espace plus « cadré ». (…) Mon travail s’articule sur des principes d’écriture instantanée dans le cadre d’une grille chorégraphique stricte. C’est-à-dire qu’à partir d’un alphabet chorégraphique commun (ce que j’appelle des « modules »), chaque interprète peut jouer et combiner ces éléments comme il le souhaite, mais en suivant des règles bien précises, que ce soit en matière de systèmes de construction dans l’espace, de durée des séquences successives, de points de rendez-vous, etc. Un principe d’improvisation très cadrée dans lequel j’ai tenu également à insérer quelques moments écrits : deux courts passages, deux danses d’ensemble. (…) Pour la seconde partie de la pièce, que l’on appelle entre nous le « lac » ou le « désert », j’ai voulu réinterroger d’une certaine manière l’idée du pas de deux, travailler à une relecture d’un vocabulaire que l’on pourrait qualifier d’« académique » ou de « classique »… En dernier point, j’ajouterais que, dans cette pièce, il s’agit aussi tout simplement de célébrer la danse, les interprètes, et leur capacité à nous transmettre vitalité, élan, désir – en tout cas, j’espère que nous y parvenons ! C’est là, pour moi, la première fonction de l’art – si l’on peut parler de fonction.

  • jeudi 17 juin à 21h30
  • durée 1h environ / L’Ombrière
  • Parking "stade du refuge" à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    La majorité des lieux est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, nous vous invitons à nous signaler votre situation au 04 66 03 15 39.

    CONVIVIALITÉ
    Restauration légère, à emporter
    Présence de foodtruck avant les spectacles à L’Ombrière et au Jardin de l’évêché.
    Salon d’été, au Jardin de l’évêché
    Ouvert avant et après les représentations au Jardin.
    Les soirées peuvent être fraîches, pensez à prendre une couverture.

    INFORMATION COVID
    Quelques règles sanitaires en vigueur actuellement et qui sont susceptibles d’évoluer :
    • port du masque homologué obligatoire dans tous les espaces (pour les personnes de plus de 11 ans) ;
    • distance physique entre chaque groupe de réservation, dans tous les espaces ;
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à plusieurs points clés.
    Nous vous remercions de bien vouloir respecter ces consignes. Nous vous assurons que nos équipes les respectent afin de vous accueillir dans les meilleures conditions.

    VIGIPIRATE
    Ne vous chargez pas. Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place. Il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.
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