Onironauta

Tânia Carvalho

Le 11 juin 

Chorégraphe, chanteuse, pianiste et compositrice, Tânia Carvalho a plus d’un don en réserve. Elle nous le prouve avec cette pièce pour deux pianos et neuf interprètes, aux intonations à la fois sombres et diablement fantasques.

Choreographer, singer, pianist and composer, Tânia Carvalho puts her many talents to work in this creation for two pianos and nine performers. Her choreography is laced with intonations that are both dark and fiendishly fanciful.

Tânia Carvalho n’est pas une inconnue du festival. En 2015, son Weaving Chaos nous embarquait dans les houles féroces d’une entêtante odyssée aux tonalités sépia. Cette fois, c’est dans une navigation au cœur des rêves que cette artiste nous entraîne. Le titre de la pièce l’annonce clairement : Onironauta (entendez « onironaute » ou « explorateur de rêve ») désigne une personne qui parvient à contrôler ses rêves pour mieux explorer son inconscient, et conjurer aussi ses pires cauchemars...
Quelque chose d’à la fois paisible et inquiétant plane tout au long de cette pièce volontairement composite. À l’image de la danse, habile patchwork de techniques et registres différents – même si les postures classiques et modernes semblent relier l’ensemble. Un esprit similaire habille les interprètes : robes à traîne pour les pianistes, collants et autres références « académiques » pour les sept danseur·euse·s, visages grimés ; le tout sali, taché, barré de peinture rose, verte ou bleue.
Traversée tantôt de lentes brises légères, tantôt de bourrasques nerveuses, la chorégraphie joue également avec l’idée du corps de ballet et s’amuse avec ses codes. Sans jamais se complaire dans la caricature, Onironauta caresse l’exagération avec sérieux, l’absurde avec parcimonie, et touche à la beauté dans l’incongru... Pour Tânia Carvalho, cette pièce renfermerait le cauchemar d’un danseur. On rêverait d’en faire d’aussi riches et troublants.

Chorégraphie, direction artistique Tânia Carvalho
Assistant pour les répétitions Luís Guerra
Interprétation Bruno Senune, Cláudio Vieira, Nina Botkay, Filipe Baracho, Luís Guerra,
Marta Cerqueira, Patricia Keleher

Musique André Santos, Tânia Carvalho dans des compositions de Frédéric Chopin et de Tânia Carvalho
Lumière, direction technique Anatol Waschke
Costumes Cláudio Vieira, Tânia Carvalho, avec le soutien de Só Dança
Chaussures Só Dança (ligne Vegan)
© Rui Palma

Production Tânia Carvalho. Coproduction Centro Cultural Vila Flor (Portugal), Culturgest (Portugal), KLAP Maison pour la danse à Marseille, Teatro Municipal do Porto Rivoli – Campo Alegre (Portugal), Théâtre de la Ville Paris. Accueil en résidence Centro de Criação de Candoso – Centro Cultural Vila Flor (Portugal), CSC – Centro per la Scena Contemporanea Bassano del Grappa (Italie), KLAP Maison pour la danse à Marseille, O Espaço do Tempo (Portugal). Avec le soutien du gouvernement portugais – ministère de la Culture – direction générale des Arts (Portugal), de la Fondation Calouste Gulbenkian, Com Calma – Espaço Cultural (Portugal). Avec le parrainage de Só Dança. Remerciements à Academia de Bailado de Guimarães (Portugal).

Rencontre avec Tânia Carvalho (propos recueillis par Olivier Hespel)

Dans cette nouvelle pièce, vous dessinez une trame narrative à partir d’un personnage au piano en train d’écrire une partition. Le récit au plateau qui suivra cette scène d’ouverture, comment le définiriez-vous ?
La pièce est construite comme un rêve, ou comme un cauchemar même. Mais pas vraiment celui du personnage dont vous parlez, qui ouvre la pièce effectivement. Plutôt le cauchemar – ou les cauchemars – d’un danseur. En fait, le titre Onironauta [NDLR : onironaute, en français] fait référence à cette faculté qu’ont certain·e·s à se réveiller dans leur propre rêve, à vivre ce que l’on appelle des « rêves lucides » – ce qui leur permet notamment de neutraliser leurs cauchemars.

D’où vient l’idée de cette pièce ?
Tout a commencé par une résidence de recherche avec l’un des danseurs. Je n’avais pas encore Onironauta en tête, mais juste l’envie de chercher à écrire une séquence chorégraphique à partir de matériaux ou styles de danse très différents (classique, moderne, mime, entre autres choses). En parallèle à ce travail, je lisais un livre qu’un ami m’avait conseillé sur l’expérience d’onironautes. J’avais déjà fait plusieurs fois cette expérience dans mon sommeil – je faisais régulièrement des cauchemars aussi à cette époque – et je voulais mieux comprendre comment naviguer dans mes rêves… Ce n’est que plus tard que j’ai eu l’idée de joindre ces deux recherches.

La question du rêve (ou du cauchemar) revient souvent quand vous parlez de votre travail. Qu’est-ce qui vous importe dans cette question ?
On parle trop peu de nos rêves, je trouve. On ne leur accorde pas assez d’importance. Or ils sont importants, ils font partie de notre vie. Ou plus précisément, ce sont d’autres vies que nous vivons également ; ils convoquent d’autres personnes que nous sommes également… C’est aussi une porte incroyable sur l’imaginaire – sur notre capacité d’imaginaire – que nous avons tou·te·s.

Chorégraphiquement, beaucoup d’éléments de vocabulaire évoquent des pas de danse classique ou néo-classique. Les costumes y font clairement songer aussi. Cela fait partie des cauchemars du danseur dont vous parliez au début ?
[rires] Je pense que tout danseur qui est passé par une formation classique en garde autant de rêves que de cauchemars. Une empreinte forte en tout cas, tant dans la mémoire que dans le corps. (…) J’adore la danse classique ceci dit – vraiment. Mais j’aime aussi jouer avec elle, et avec ses clichés, notamment parce qu’ils sont reconnaissables par tou·te·s.

  • vendredi 11 juin à 22h00
  • durée 1h / au Jardin de l’évêché
  • Parking "de la mairie" ou "des Marronniers" à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    La majorité des lieux est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, nous vous invitons à nous signaler votre situation au 04 66 03 15 39.

    CONVIVIALITÉ
    Restauration légère, à emporter
    Présence de foodtruck avant les spectacles à L’Ombrière et au Jardin de l’évêché.
    Salon d’été, au Jardin de l’évêché
    Ouvert avant et après les représentations au Jardin.
    Les soirées peuvent être fraîches, pensez à prendre une couverture.

    INFORMATION COVID
    Quelques règles sanitaires en vigueur actuellement et qui sont susceptibles d’évoluer :
    • port du masque homologué obligatoire dans tous les espaces (pour les personnes de plus de 11 ans) ;
    • distance physique entre chaque groupe de réservation, dans tous les espaces ;
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à plusieurs points clés.
    Nous vous remercions de bien vouloir respecter ces consignes. Nous vous assurons que nos équipes les respectent afin de vous accueillir dans les meilleures conditions.

    VIGIPIRATE
    Ne vous chargez pas. Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place. Il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.
  • Votre itinéraire sur Google Map

Partagez

tarifs & réservation