Madmud

Tânia Carvalho

Le 13 juin 

En écho direct à Onironauta, Madmud nous immerge littéralement dans l’univers musical et poétique de la chorégraphe Tânia Carvalho. À la voix et au piano, elle distille un flux captivant, où rôdent parfums de mélancolie et tumultes ténébreux.

In direct resonance with Onironauta, Madmud literally immerses the audience in choreographer Tânia Carvalho’s musical and poetic sphere. Through song and piano, she distils captivating fluidity that imparts waves of melancholy and saturnine tumult.

Si Tânia Carvalho est davantage connue en tant que chorégraphe, son imaginaire trouve tout autant de précieux terrains d’expression dans la musique et dans le chant. Autant d’outils avec lesquels l’artiste aime nous faire sillonner des mondes oniriques, aussi mystérieux que torves ou tortueux.
En 2011, elle nous présentait une première version de son concert solo, Madmud. Une véritable performance, à la fois vocale, musicale et physique, qu’elle reprend ici, dix années plus tard, dans un format complètement redéployé. À part une partition de Mozart (revisitée à sa façon), son programme ne renferme plus aujourd’hui que des compositions personnelles. Quant aux paroles, aux couleurs toujours aussi troubles, elles sont signées par deux de ses compatriotes : Patrícia Caldeira et, pour quelques morceaux, Fernando Pessoa – l’incontournable, pourrait-on dire, quand on parle de littérature portugaise...
À la fois noires et brumeuses, comme sous un ciel de pleine lune, ses atmosphères denses, épaisses, s’envolent ou plongent avec une désarmante facilité. À l’image de sa voix, aussi tendre que rocailleuse, avec laquelle Tânia Carvalho vient discrètement, sournoisement, entremêler ambiances spokenwords, chants mélodiques ou grondants, et étonnantes percées stridentes. Ou quand le suave s’en vient caresser les tréfonds.

Interprétation (voix et piano) Tânia Carvalho
© Rui Palma

Production Tânia Carvalho.

Rencontre avec Tânia Carvalho (propos recueillis par Olivier Hespel)

Madmud ; « boue folle », donc. D’où vient ce titre ?
Cela vient d’une sensation que j’ai quand je me mets à chanter au piano, qui me fait penser à des éléments qui viennent de loin, quelque chose qui viendrait de la terre et, en même temps, de mon propre corps. L’image de la boue me parle par rapport à cette sensation. Quant à mad, cela crée un jeu de sonorités avec mud, qui me plait.

On vous connait avant tout comme chorégraphe. Votre rapport à la musique est plus récent. Ou, en tout cas, c’est plus récemment que vous le donnez à voir en public… Qu’est-ce qui a fait naitre Madmud ?
J’ai commencé tôt la danse, à l’âge de cinq ans. Le piano est arrivé plus tard. Mais, dans ma famille, la musique a toujours été très présente, du côté de mon père surtout. Et quand j’étais petite, il arrivait souvent que quelqu’un se mette à jouer de la musique (guitare, mandoline, flûte…) et, ma sœur aînée et moi, nous chantions. […] À quatorze ans, j’ai voulu apprendre le piano. J’ai commencé des cours, mais j’ai rapidement arrêté : je n’avais pas de piano à la maison – il y avait beaucoup d’instruments, mais pas de piano… Ce n’est que des années plus tard, vers 2006, que j’ai repris des cours, de façon intensive même.

Et pourquoi le piano ?
Il y a quelque chose de très chorégraphique, je trouve, dans le rapport avec cet instrument : on ne doit pas être « en corps à corps » avec lui pour jouer. Et c’est précisément pour cela que j’ai repris des cours de piano en 2006 : pour écrire une chorégraphie. J’ai pris des cours pour apprendre à jouer une sonate de Mozart. Et, à partir des mouvements nécessaires pour interpréter cette pièce au piano, j’ai développé une partition chorégraphique [NDLR : le solo Uma lentidão que parece uma velocidade, 2007 ; Une lenteur qui ressemble à une vitesse, pourrait-on traduire]. C’est aussi à cette époque que j’ai commencé à faire des improvisations au piano et à composer de la musique, en partant du corps, d’une impulsion chorégraphique si l’on peut dire.

La voix est également très présente dans vos concerts. On la compare souvent à des personnalités comme Nina Hagen, Diamanda Galás ou Yma Sumac. Cela vous parle ?
Des personnes qui ont vu mes concerts m’ont souvent parlé d’elles, c’est vrai. Mais ce n’est pas un « choix » de ma part. Je ne connaissais pas Diamanda Galás par exemple. Nina Hagen bien, et c’est vrai qu’elle m’a marquée. Yma Sumac également. Meredith Monk aussi [NDLR : compositrice, chanteuse et chorégraphe-interprète américaine dont les débuts remontent aux années 1960]. Il y a une force dans leurs voix. Elles chantent avec tout leur corps aussi, et plus encore même : elles chantent avec l’énergie du monde, ou quelque chose comme ça… Je n’oserais pas dire que je leur ressemble, mais elles m’inspirent. […] Quand je chante, je sens quelque chose qui vient vers moi, des émotions qui me traversent. Certains artistes disent qu’ils sont un véhicule. Quand je chante et quand je joue du piano, j’ai une sensation qui va dans cette direction-là.

  • dimanche 13 juin à 21h00
  • durée 50 minutes / au Jardin de l’évêché
  • Parking "de la mairie" ou "des Marronniers" à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    La majorité des lieux est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, nous vous invitons à nous signaler votre situation au 04 66 03 15 39.

    CONVIVIALITÉ
    Restauration légère, à emporter
    Présence de foodtruck avant les spectacles à L’Ombrière et au Jardin de l’évêché.
    Salon d’été, au Jardin de l’évêché
    Ouvert avant et après les représentations au Jardin.
    Les soirées peuvent être fraîches, pensez à prendre une couverture.

    INFORMATION COVID
    Quelques règles sanitaires en vigueur actuellement et qui sont susceptibles d’évoluer :
    • port du masque homologué obligatoire dans tous les espaces (pour les personnes de plus de 11 ans) ;
    • distance physique entre chaque groupe de réservation, dans tous les espaces ;
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à plusieurs points clés.
    Nous vous remercions de bien vouloir respecter ces consignes. Nous vous assurons que nos équipes les respectent afin de vous accueillir dans les meilleures conditions.

    VIGIPIRATE
    Ne vous chargez pas. Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place. Il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.
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