LIBER

Maguelone Vidal

Le 12 juin 

Intrication multiple entre son et mouvement, Liber nous entraîne dans un récit à la fois poétique et éminemment sensoriel. Une parabole à partir de la peau, cet espace-frontière de tout corps, mais surtout ce lieu d’échanges entre soi et le monde.

Arising from intricate cross-pollination between sound and movement, Liber sweeps us into a tale that is both poetic and highly sensorial. Liber is a parable that starts with skin, the boundary space defining all bodies, to describe the inter-connection between self and the world.

En matière d’explorations scéniques, Maguelone Vidal creuse un singulier sillon, à la recherche des hybridations possibles entre son et mouvement. Est-ce le mouvement qui crée le son ? Ou le son qui induit le mouvement ? À voir – à vivre, à vibrer avec – le travail de cette artiste, ce n’est pas ce genre de questions de « hiérarchie » qui domine, tant on se retrouve immergé·e·s dans un continuum contrasté de paysages convoquant aussi bien l’auditif, le visuel que le tactile.
Effacer les frontières, les barrières, est d’ailleurs le sens même du propos de ce Liber, quartette scénique avec, en son cœur, le corps d’Hanna Hedman, Suédoise d’origine éthiopienne, reflet limpide de la force des métissages qu’explore et défend, par essence, la démarche artistique de Maguelone Vidal.
Au centre, un corps donc, se découvrant, se redressant, s’ouvrant au monde. Un corps dansant, respirant, chantant. Un corps tantôt muni de capteurs, tantôt nu de toute technologie, tantôt micro en main pour s’écrier, s’exprimer, pour toucher aussi. Un corps en relation/discussion/transmission avec trois autres, tout aussi vivants, tout aussi en mouvement – même s’ils sont le plus souvent derrière des machines, une harpe électrique ou un jeu de percussions.

Mise en scène, dramaturgie, composition musicale, musique électronique Maguelone Vidal
Artiste chorégraphique Hanna Hedman
Harpe électrique Rafaëlle Rinaudo ou Félicité De Lalande
Percussions Philippe Cornus ou Marc Dumazert
Lutherie informatique, coréalisation musique électronique Vivien Trelcat
Collaboration à la dramaturgie Matthieu Doze
Assistanat à la mise en scène Fabrice Ramalingom
Ingénieur du son Emmanuel Duchemin ou Axel Pfirrmann
Scénographie Emmanuelle Debeusscher
Lumière Romain De Lagarde
Costumes Catherine Sardi
Régie lumière Mathieu Zabé
Régie générale et plateau Jean Marie Deboffe
Direction de production Nathalie Carcenac
Diffusion Marthe Lemut
© Marc Ginot

Production Intensités. Coproduction L’Archipel – Scène Nationale de Perpignan, théâtre de Nîmes – scène conventionnée d’intérêt national – art et création – danse contemporaine, Arsenal de Metz – Cité de la Musique, La Muse en Circuit – Centre national de création musicale Île-de-France, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, théâtre des Quatre Saisons à Gradignan. Partenariats Césaré – Centre national de création musicale Grand Est – Reims, Orchestre Victor Hugo Franche-Comté, Sonopopée – Reims, BrainModular Usine. Remerciements à Anne Varichon, Luc Diaz, David Geneviève. Liber bénéficie du dispositif Commande d’État du ministère de la Culture.

Rencontre avec Maguelone Vidal (propos recueillis par Olivier Hespel)

Quel est le point de départ de cette pièce ?
L’origine de cette pièce est une question qui – en tant que musicienne à la base – m’accompagne depuis mes débuts, que ce soit au piano ou, plus tard, aux saxophones : le fait que c’est le mouvement qui crée le son. Cette prise de conscience m’a amenée à convoquer la danse, avec une première pièce, Le Cœur du son [2011] dans laquelle je diffuse en temps réel les bruits de cœur de danseur·euse·s, que je dirige à la manière d’une cheffe d’orchestre – c’est parce qu’ils dansent que le son de chaque cœur se modifie (au plan de sa brillance, de sa dynamique, de sa fréquence, de son rythme ) et donc que la partition musicale globale évolue [performance créée en complicité avec Fabrice Ramalingom, et présentée à Uzès danse en 2014]. (…) Pour Liber, j’avais envie de confier le mouvement qui crée le son à une danseuse [Hanna Hedman], de sorte que ses mouvements puissent générer et/ou sculpter la musique. Car cela déploie une toute autre physicalité du son. Par exemple, quand Hanna fait glisser un micro sur sa peau, elle le réalise très différemment de ce que je le ferais en tant que musicienne – c’est-à-dire d’une façon pleinement induite par les sensations physiques que génère le mouvement – et il s’avère, qu’en plus d’être chorégraphique, ce geste est magnifiquement musical : il y a une puissance démultipliée de l’effet du mouvement dans le son. (…) J’avais également une seconde envie : que les mouvements sculptent des sons issus de l’intérieur du corps : toute la première partie est entièrement réalisée à partir d’enregistrements d’échographies-doppler [en rapport avec la circulation du sang dans les vaisseaux du corps]. J’ai aussi utilisé pour cette pièce des sons d’influx nerveux, des sons de cœur, etc.

Vous vous présentez comme musicienne, compositrice, metteure en scène, mais pas comme chorégraphe. Pourtant, on sent clairement votre intérêt pour une écriture à partir du corps. Pourquoi ce choix de ne pas « s’afficher » chorégraphe ? Et comment s’est passé le travail avec Hanna Hedman, « artiste chorégraphique » comme vous l’indiquez dans la distribution ?
C’est vrai que j’ai apporté la matière : la dramaturgie de la pièce, les idées et les intentions chorégraphiques – puisqu’elles sont complètement intriquées à la dramaturgie sonore et à la mise en scène. Mais je trouverais « gonflé » de me qualifier de chorégraphe pour autant : c’est Hanna qui a traduit en mouvements et en danse mes intentions chorégraphiques… Je n’ai aucune technique chorégraphique et la danse n’est pas mon langage premier. Et c’est justement le fait d’être « étrangère » à la danse qui est en jeu ici. Dans le sens où Liber est une pièce sur la relation, sur la traduction, sur comment danse et musique peuvent s’engendrer l’une l’autre… J’ajouterais que ce qui m’importait, dès le départ, c’est que l’interprète soit également force de propositions – et Hanna l’est immensément – sans pour autant que cette personne soit chorégraphe. D’où cette désignation d’« artiste chorégraphique » que vous soulignez.

Liber , d’où vient ce titre ?
C’est un terme de botanique qui désigne la fine pellicule située entre le tronc d’un arbre et son écorce. Cette pellicule assure le passage de la sève. Historiquement, c’était le support que l’on utilisait pour écrire, avant l’invention du papyrus… J’ai trouvé ce mot assez beau pour intituler une pièce qui, précisément, prend comme point de départ d’hybrider écriture musicale et écriture chorégraphique, à l’endroit de la peau, cette surface du corps entre l’intérieur et l’extérieur…

  • samedi 12 juin à 19h30
  • durée 1h10 / à L’Ombrière
  • Parking "stade du refuge" à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    La majorité des lieux est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, nous vous invitons à nous signaler votre situation au 04 66 03 15 39.

    CONVIVIALITÉ
    Restauration légère, à emporter
    Présence de foodtruck avant les spectacles à L’Ombrière et au Jardin de l’évêché.
    Salon d’été, au Jardin de l’évêché
    Ouvert avant et après les représentations au Jardin.
    Les soirées peuvent être fraîches, pensez à prendre une couverture.

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