La belle Humeur

Magali Milian & Romuald Luydlin

Le 11 juin 

Invitée régulière du festival, La Zampa nous offre la première de son nouvel opus. Construit à partir d’un travail sur la respiration, ce quintette joue avec les déséquilibres, les instabilités. Une subtile invitation, par les sens, à réinvestir notre rapport au monde.

La Zampa has frequently performed for the festival and here offers us the première of its new opus rooted in work on breathing. The quintette explores disequilibrium and instability, extending a subtle invitation to reinvolve ourselves in our relation to the outside world.

Comme point de départ pour leur nouvelle création, Magali Milian et Romuald Luydlin (alias La Zampa) ont choisi d’explorer ces moments intermédiaires, ces entre-deux cycles (d’une vie, d’une époque) où les repères s’estompent, les certitudes s’étiolent. Autant de situations instables qui essoufflent et font perdre pied. Mais il pourrait en être tout autrement... C’est le sens de ce nouveau projet : consentir à faire de ces situations de troubles une possibilité de ressources pour (re-)faire corps avec le monde – au présent.
Sur un plateau accidenté, hérissé de plans inclinés, cinq corps entament une lente respiration. Dans une quiétude apparente, mais attentifs, actifs, ils ouvrent petit à petit l’espace, le parcourent ; chacun à la recherche, semble-t-il, d’un chemin pour cohabiter au mieux avec ce lieu et ces autres corps qui l’occupent. À peine quelques regards entre eux : c’est davantage l’écoute qui semble construire leur coexistence…
Telles sont les premières touches de cette Belle Humeur qui joue à la fois sur le souffle de ses interprètes et leur circulation presque incessante. Rien d’un corps commun ici, mais cinq individualités qui, dans un étrange crescendo entremêlant calme, densité et accélération, trouveront l’espace-temps d’un chœur commun… pour mieux percevoir un autre horizon possible.

Chorégraphie Magali Milian, Romuald Luydlin
Assistante Laurie Bellanca
Avec Alice Bachy, Romuald Luydlin, Magali Milian, Camilo Sarasa Molina, Anna Vanneau Scénographie Magali Milian, Romuald Luydlin, Denis Rateau, Antoine Desnos
Musique Jean-François Laporte
Oreille extérieure Marc Sens
Costumes Lucie Patarozzi
Lumière Denis Rateau
Régie son Valérie Leroux
Dramaturgie Marie Reverdy
© Pierre Ricci

Production La Zampa en coproduction avec Productions Totem Contemporain Montréal. Coproducteurs L’Empreinte Scène Nationale Brive – Tulle, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, L’Usine CNAREP Tournefeuille Toulouse Métropole, Théâtre Molière-Sète scène nationale archipel de Thau, scène nationale du Sud-Aquitain – Bayonne, La Place de la Danse CDCN Toulouse-Occitanie. Avec le soutien de la ville de La Grand Combe et la maison du Mineur (Alès Agglomération). Aide à la résidence L’Usine CNAREP Tournefeuille Toulouse Métropole, La place de la Danse CDCN Toulouse-Occitanie, HYBRIDE #3 projet de coopération L’Usine / Japon / Villa Kujoyama, Châteauvallon – Le Liberté scène nationale Toulon Provence Méditerranée, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, L’Archipel scène nationale de Perpignan, scène nationale du Sud-Aquitain – Bayonne, Montpellier Danse. Merci à Yuko Mori et Kosei Sakamoto – Cie Monochrome Circus (Kyoto/Japon).

Rencontre avec Romuald Luydlin (propos recueillis par Olivier Hespel)

Quel est le point de départ de La Belle Humeur ?
Plusieurs réflexions et chemins nous ont amené·e·s à construire cette pièce. En particulier, une phrase du philosophe italien, Antonio Gramsci : « La crise consiste en ce que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître ; dans cet interrègne, on observe les phénomènes les plus morbides »… Cette notion d’« interrègne » dont il parle nous intéresse : cela nous évoque un espace intermédiaire, où – même s’il y a quelque chose à voir –, on ne le voit pas, on ne le saisit pas, on ne le comprend pas – ou pas encore en tout cas. Cette situation peut, d’un côté, générer une forme d’impatience à vouloir une réponse, à vouloir la clarté. D’un autre côté, on peut choisir d’accepter un autre temps, une autre densité : traverser cette situation, sans la nier ; se laisser traverser… C’est sur ce côté-là que nous avons voulu travailler, pour répondre à ce monde angoissé et impatient dans lequel nous vivons. […] Ce qui nous intéresse également ici, c’est le regard que nous portons sur ce qui est perturbant, changeant, incertain, qui a quelque chose de l’ordre de l’obscène, dans le sens où à la fois cela nous repousse et cela nous attire. Cette double dynamique entre quelque chose que l’on vide et que l’on remplit, que l’on rejette et auquel on aspire, est même l’un des principaux moteurs de la construction de ce projet.

En termes de construction justement, y a-t-il des axes particuliers à partir desquels vous avez travaillé ?
Dans cette idée de dynamique de va-et-vient, la respiration nous a paru le premier élément intéressant, et concrètement physique, sur lequel nous appuyer… D’un autre côté, la respiration est cette zone tampon avec le monde et, en même temps, une expérience profondément intime. […] Nous avons ainsi commencé par respirer ensemble au plateau, tout simplement. Et par observer ce qui se passait, entre nous, et pour chacun de nous. Dans ce travail, en restant uniquement concentré sur la respiration, d’autres écritures physiques peuvent émerger. Ce n’est pas un état particulier qui était recherché ici, mais le principe était de tenir – et de considérer – une certaine respiration (lente, saccadée, en apnée, etc.) et, en essayant d’être à l’écoute des autres interprètes, de se mettre en mouvement. Cette façon d’aborder le travail du corps permet de faire apparaître des images, des gestes, des présences, « décollés » de toute volonté de fabrication. De l’extérieur, cela crée des sensations très troubles et, en même temps, très « lisibles », car la respiration (son rythme, son intensité) a aussi quelque chose de très évocateur en termes d’émotions ; toucher à ces deux aspects nous intéressait.

La Belle Humeur . D’où vient ce titre ?
C’est une expression empruntée à Nietzsche : l’idée de faire corps avec le monde… tel qu’il est. C’est-à-dire également, faire corps avec l’impermanence, avec ce qui nous déséquilibre, ce qui est nouveau, ce qui nous paraît dangereux ou insaisissable, etc. Il nous a plu de réunir ces deux notions : la perte de repères, d’ancrage, et faire corps. Il y a peut-être là un moyen de consentir à être davantage disponibles à ce qui nous entoure, pour de se recomposer autrement.

  • vendredi 11 juin à 19h30
  • durée 1h / à L’Ombrière
  • Parking "stade du refuge" à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    La majorité des lieux est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, nous vous invitons à nous signaler votre situation au 04 66 03 15 39.

    CONVIVIALITÉ
    Restauration légère, à emporter
    Présence de foodtruck avant les spectacles à L’Ombrière et au Jardin de l’évêché.
    Salon d’été, au Jardin de l’évêché
    Ouvert avant et après les représentations au Jardin.
    Les soirées peuvent être fraîches, pensez à prendre une couverture.

    INFORMATION COVID
    Quelques règles sanitaires en vigueur actuellement et qui sont susceptibles d’évoluer :
    • port du masque homologué obligatoire dans tous les espaces (pour les personnes de plus de 11 ans) ;
    • distance physique entre chaque groupe de réservation, dans tous les espaces ;
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à plusieurs points clés.
    Nous vous remercions de bien vouloir respecter ces consignes. Nous vous assurons que nos équipes les respectent afin de vous accueillir dans les meilleures conditions.

    VIGIPIRATE
    Ne vous chargez pas. Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place. Il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.
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