Glissement d’infini

Myriam Gourfink

Le 19 juin 

Baigné dans d’épaisses étendues sonores, Glissement d’infini nous invite à vivre l’étirement du temps. Une chorégraphie tout en vibrations et tressaillements, pour une expérience au plus près des corps, aussi magnétique que méditative.

Steeped in deep sound landscapes, Glissement d’infini takes us into the tensile stretch of time. Choreography of vibrations and quivering for an experience that espouses the body. Both magnetic and meditative.

Puisant dans la figure du serpent (sa mobilité et son pouvoir de mue), Myriam Gourfink et quatre autres danseuses signent un puissant éloge à la lenteur, au minimal, et à l’éveil décuplé des sens. Dans une chorégraphie qui glisse et se transforme sinueusement, elles plongent au plus profond d’elles-mêmes pour mieux écouter leurs sensations.
Tout au long de ce lent continuum, à la fois individuel et collectif, rien ne jaillit ostensiblement. Tout reste ici à fleur de peau, de paupière, de lèvre, de doigt... Une subtile invitation à plonger dans les détails de chaque instant, de chaque corps. Car les émotions sont bel et bien débordantes dans ce Glissement d’infini traversé par les intensités sonores de Kasper T.Toeplitz : d’enivrantes oscillations entre vrombissements lancinants et grondements souterrains.
À mille lieues de la logique actuelle qui rêve (toujours) de vitesse et d’abondance, Myriam Gourfink nous propose d’étirer le temps et de goûter autrement à la notion de plaisir. Elle nous emmène ainsi dans un surprenant état, à la fois physique et psychique, dans lequel les sens circulent entre extérieur et intérieur, contemplation et méditation.

Chorégraphie Myriam Gourfink
Danse Carole Garriga, Myriam Gourfink, Deborah Lary, Azusa Takeuchi, Véronique Weil
Composition Kasper T.Toeplitz
Musique Didier Casamitjana, Brice Catherin, Kasper T.Toeplitz
Lumière Yvon Julou
Régie technique, mise en espace sonore Zakariyya Cammoun
Informatique musicale et électronique live Patrick Delges (Centre Henri Pousseur à Liège)
© Marie Petry

Production Loldanse. Coproduction Centre Pompidou, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie. Avec le soutien du CN D Pantin, CCN de Tours – direction Thomas Lebrun.

Rencontre avec Myriam Gourfink (propos recueillis par Olivier Hespel)

Quel est le point de départ de ce projet ?
Il y a en particulier une expérience vécue lors d’une représentation en extérieur où le sol – argileux – était particulièrement glissant. Je me suis ainsi retrouvée à prendre des appuis très lents tout en glissant littéralement sur le talus en pente qui me servait de plateau. J’ai donc vraiment dû résister pour allier ce glissement inattendu à mon désir de lenteur. Cette expérience m’a donné l’envie de développer une recherche en studio pour voir comment arriver à combiner au mieux la notion de glissement à celle de lenteur... D’autre part, ce travail en rapport au sol et au glissement m’a fait penser au serpent qui, dans beaucoup de civilisations antiques, est lié à la régénérescence et au cycle de l’infini. Je me suis appuyée sur cette symbolique pour construire la dramaturgie de cette chorégraphie où la tête est très importante : c’est elle qui guide la danse dans laquelle jamais le corps n’atteint la station debout.

Cinq femmes dans cette pièce : un choix significatif ?
Par rapport au serpent, une interprétation m’a beaucoup marquée. Elle vient d’une école kabbaliste polonaise qui explique que le serpent n’est absolument pas un animal maléfique mais, au contraire, sage. Selon cette école, l’Église chrétienne a effectué une grossière erreur de traduction. En fait, il n’y a pas d’arbre du mal dans le jardin d’Éden – Éden qui par ailleurs veut dire « transformation », ce qui est très cohérent avec la figure du serpent et ses mues. Ce jardin est en réalité un lieu de passage où l’on apprend à savourer la vie ; et c’est cela que le serpent a proposé à Ève en l’invitant à savourer la pomme… Nous sommes donc dans une civilisation dont la sagesse était, au départ, fortement liée au plaisir. Et c’est cela aussi que je voulais ramener avec cette chorégraphie... Le choix d’interprètes exclusivement féminines dans cette pièce est symboliquement lié à cette interprétation du jardin d’Éden, et le sera d’autant plus à Uzès que nous serons effectivement dans un « jardin ».

Dans une interview accordée à La Terrasse, vous dites que ce projet est fait de « chemins sinueux qui proposent délibérément un corps inefficace, qui savoure son rapport au sol, à l’espace qui l’entoure et au temps ». Il y a là comme une équation qui va a contrario du monde d’aujourd’hui.
Un corps au sol, c’est le contraire d’un corps guerrier, efficace. C’est un corps en économie d’énergie, qui essaie de puiser un maximum dans ses ressources internes et se laisse traverser par ses sensations. […] La pièce crée un dispositif de résistance aux stimulations, excitations, pulsations du monde d’aujourd’hui, tout en sachant que l’on ne peut pas y échapper. Elle n’est donc pas une dénonciation en soi, mais davantage une tentative pour réharmoniser les choses, recréer un équilibre…

  • samedi 19 juin à 09h00
  • durée 4h / au Parc du duché

  • INFORMATION COVID
    Quelques règles sanitaires en vigueur actuellement et qui sont susceptibles d’évoluer :
    • port du masque homologué obligatoire dans tous les espaces (pour les personnes de plus de 11 ans) ;
    • distance physique entre chaque groupe de réservation, dans tous les espaces ;
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à plusieurs points clés.
    Nous vous remercions de bien vouloir respecter ces consignes. Nous vous assurons que nos équipes les respectent afin de vous accueillir dans les meilleures conditions.

    VIGIPIRATE
    Ne vous chargez pas. Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place. Il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.
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