Aberration

Emmanuel Eggermont

Le 18 juin 

Après Πόλις (Polis), magnétique pièce de groupe tout en noirs sur fonds noirs (présentée en 2018), Emmanuel Eggermont caresse les nuances infinies du blanc. Un solo à la fois fulgurant et méticuleux, sensoriel et plastique. Pour un hymne vibrant au changement, à l’imaginaire et à la pluralité.

Following Πόλις (Polis), magnetic black-on-black group work performed in 2018, Emmanuel Eggermont here ruffles the infinite shades of white. A dazzling, meticulous solo that is both sensual and intensely visual. A vibrant ode to change, to the imagination and to plurality.

Une note d’orgue vibre obstinément pendant qu’une aube légère se lève sur un plateau d’un blanc immaculé. D’emblée de hauts stores s’imposent et tracent deux verticales dans cet espace plane et épuré. Une silhouette blanche apparaît au loin. Une image d’adolescent avec son sweat à capuche, son bermuda et ses hautes chaussettes.
Lentement, elle s’avance, accompagnée par les ondulations d’un orgue qui, progressivement, ouvrira sa palette de couleurs, des plus tendres aux plus sombres. Et la figure d’adolescent, elle, de s’effacer subrepticement pour laisser place à un vaste champ d’images et de figures : abstraites, féminines, masculines, animales ; d’ici ou d’ailleurs, d’hier ou d’aujourd’hui...
Tout en gardant la même attention esthétique et une même qualité d’écriture quasi maniériste, Emmanuel Eggermont trace un parcours étrangement discontinu, qui n’a de cesse de dévier et de nous livrer des fragments qui, à peine apparus, s’échappent, insaisissables. En ressort une brise d’émotions largement plurielles qui nous traversent continuellement, avant de s’effacer dans une profonde douceur, presque océanique.

Concept, chorégraphie, interprétation Emmanuel Eggermont
Collaboration artistique Jihyé Jung
Musique originale Julien Lepreux
Création lumière Alice Dussart
Consultante artistique Élise Vandewalle
Production et diffusion Sylvia Courty
Administration de production Violaine Kalouaz
© Jihyé Jung

Production L’Anthracite. Coproduction CCNT direction Thomas Lebrun, ADC Genève, Le Gymnase CDCN Roubaix Hauts-de-France, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Le Tandem Scène Nationale, Pôle Sud CDCN Strasbourg, le théâtre de Nîmes – scène conventionnée d’intérêt national – Art et Création – danse contemporaine. Avec l’aide de la DRAC Hauts-de-France et la Région Hauts-de-France. Avec le soutien de la Spedidam. Projet soutenu dans le cadre du programme Etape Danse, initié par l’Institut français d’Allemagne – Bureau du Théâtre et de la Danse, en partenariat avec la Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, le théâtre de Nîmes – scène conventionnée d’intérêt national – Art et Création – danse contemporaine, la fabrik Potsdam, et Interplay International Festival contemporary dance (Turin) en collaboration avec La lavanderia a Vapore/ Fondazione Piemonte dal Vivo (Piémont) et l’aide de la DGCA – ministère de la Culture et de la Ville de Potsdam.
Emmanuel Eggermont est artiste associé au Centre Chorégraphique National de Tours – direction Thomas Lebrun (2019-2021).

Rencontre avec Emmanuel Eggermont (propos recueillis par Olivier Hespel)

Quel enjeu a guidé l’écriture de ce solo ?
Un des enjeux dans la construction de cette pièce était de livrer une succession de fragments apparemment désorganisés et parfois de natures différentes les uns des autres, telles des résurgences chorégraphiques qui émergeraient sans que l’on puisse les contrôler, ni savoir à quels moments elles vont ressurgir. En même temps, l’idée était que cet enchainement d’événements spontanés soit perçu comme étant le plus naturel possible, comme s’il s’agissait d’une évidence ; l’idée que tout puisse être possible : que l’on accepte de passer de montées en chutes (en termes d’émotions et d’images), que l’on accepte de ne pas savoir ce qui peut advenir, que ces déviations de trajectoire nous orientent vers une harmonie en devenir. Un travail, en somme, sur l’acceptation du changement et des altérations. Une dynamique de reconstruction dont l’ensemble des possibles apaise – je trouve – d’autant plus par les temps qui courent.

La notion d’identité plurielle se dégage aussi de cette pièce : vous passez avec une fluidité presque déconcertante du « masculin » au « féminin », de l’abstraction à l’image tangible, d’une culture à une autre même, voire d’une époque à une autre…
C’est une notion qui me parle et que j’assume – sans pour autant être dans la revendication. […] J’ai plutôt travaillé sur l’idée du prisme qui, traversé par une lumière blanche, ferait voir tout le spectre des couleurs. Des couleurs (des matières, des émotions, des images en l’occurrence ici) qui ont des connexions très profondes entre elles – qui font corps en réalité – même si elles sont apparemment très différentes les unes des autres. Elles mettent en lumière l’organisation stratigraphique de notre identité.

Que ce soit dans la scénographie, vos vêtements et tous les objets, tissus ou matières que vous amenez au plateau, le blanc s’impose ici. Dans la danse, on sent également ce jeu autour d’une même couleur : une phrase semble ici et là se répéter, mais à chaque fois « habillée » ou « habitée » différemment.
Effectivement, je décline la danse comme je décline la couleur blanche : il n’y a en réalité qu’une phrase chorégraphique dans cette pièce. Ses composantes sont énoncées et éprouvées petit à petit dans la pièce. Seule une partie (vers la fin) les réunit, mais paradoxalement cette phrase de mouvement n’est pas écrite. J’ai choisi d’y évoluer dans une liberté totale, de plonger dans toutes les matières dessinées jusque-là et de voir ce qui refait surface. Une partie en somme où je travaille concrètement à partir de cette idée de résurgence dont je parlais plus tôt, et d’acceptation de l’altération possible... À chaque représentation, c’est un challenge : il y a des mouvements qui ne me reviennent pas, d’autres que je répète deux fois, trois fois ; tout dépend de mon état de présence, de ma qualité d’ouverture et de connexion au moment présent, et de comment je suis affecté par ce qui vient de se passer…

  • vendredi 18 juin à 19h30
  • durée 55 minutes / à L’Ombrière
  • Parking "stade du refuge" à proximité.

    ACCESSIBILITÉ
    La majorité des lieux est accessible aux personnes à mobilité réduite. Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, nous vous invitons à nous signaler votre situation au 04 66 03 15 39.

    CONVIVIALITÉ
    Restauration légère, à emporter
    Présence de foodtruck avant les spectacles à L’Ombrière et au Jardin de l’évêché.
    Salon d’été, au Jardin de l’évêché
    Ouvert avant et après les représentations au Jardin.
    Les soirées peuvent être fraîches, pensez à prendre une couverture.

    INFORMATION COVID
    Quelques règles sanitaires en vigueur actuellement et qui sont susceptibles d’évoluer :
    • port du masque homologué obligatoire dans tous les espaces (pour les personnes de plus de 11 ans) ;
    • distance physique entre chaque groupe de réservation, dans tous les espaces ;
    • mise à disposition de solutions hydroalcooliques à plusieurs points clés.
    Nous vous remercions de bien vouloir respecter ces consignes. Nous vous assurons que nos équipes les respectent afin de vous accueillir dans les meilleures conditions.

    VIGIPIRATE
    Ne vous chargez pas. Pour des raisons de sécurité, il ne sera pas possible d’entrer en salle avec un gros sac ou une valise. Des mesures de sécurité sont mises en place. Il vous sera demandé d’ouvrir vos sacs.
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