We Were The Future

Meytal Blanaru

Le 16 juin 

Dans un coin du parc du duché, à même l’herbe, trois corps presque fixes, le regard plongé dans un lointain ailleurs. Le public cadre ce tableau à peine vibrant, encerclé par la nature. Installé dans un coin de cette réunion intime, un guitariste baigne l’endroit d’ondes sonores, sereines et intrigantes. Dans cet espace-temps en suspension, un détail jaillit : un doigt, une cheville, un regard. Les mouvements se font plus distincts, les corps s’ouvrent lentement, avec précaution. Comme un doute les habite pendant qu’ils s’avancent dans cet espace dont l’épaisseur semble résister à leurs pas…
Telles sont les premières tonalités de cette pièce que Meytal Blanaru a creusée autour de la notion de souvenirs : ces images, ces odeurs, ces sensations vécues, qui s’échappent et se transforment toujours plus à force de vouloir les attraper. Avec un soin pour la virgule et l’incise, We Were The Future dégage une lente et lancinante douceur à peine éraflée par quelques accélérations ou entrechocs, d’autant plus puissants qu’ils se font rares. Une traversée trouble et magnétique, qui nous laisse dans un état d’apesanteur, à la fois fragile et apaisé.

In the grass at the parc du duché, surrounded by nature, three bodies gaze far off in the distance. A guitarist brings waves of music, space and time are suspended. Details surge forth - a finger, an ankle, a gaze. Movement becomes more distinct, bodies open slowly. Meytal Blanaru explores the dimension of memories, images, scents and sensations that elude us the more we try to capture them. Troubling, magnetic We Were The Future takes audiences to a gravity-free state, creating a feeling of fragility and conciliation.

durée : 55 min.
Conception, chorégraphie, interprétation Meytal Blanaru
Interprétation Gabriela Cecena, Ido Batash, Meytal Blanaru
Musique live Benjamin Sauzereau
Regard dramaturgique Olivier Hespel

Pièce soutenue par le réseau des CDCN.

Coproduction Les Brigittines (BE), La Briqueterie - CDCN du Val-de-Marne, Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine, SACD, l’ACDCN (association des CDCN : Art Danse - CDCN Dijon Bourgogne, La Briqueterie - CDCN du Val-de-Marne, L’Échangeur CDCN Hauts de France, Le Gymnase | CDCN Roubaix Hauts de France, Les Hivernales CDCN d’Avignon, La Manufacture - CDCN Bordeaux Nouvelle Aquitaine, Le Pacifique - CDCN Grenoble Auvergne Rhône-Alpes, Atelier de Paris/CDCN, Pôle Sud - CDCN Strasbourg, La Place de la danse - CDCN Toulouse/Occitanie, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Touka Danse CDCN Guyane).
Avec le soutien de Wolubilis et de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Service de la Danse.

www.meytal-blanaru.com


Rencontre avec Meytal Blanaru, par Olivier Hespel

D’où vient ce désir de travailler à partir de la notion de souvenir ?
La question de la mémoire, des souvenirs, m’a toujours intriguée. Sans doute parce que j’ai un souvenir personnel qui m’a profondément marqué et guidé dans ma vie. Au point que j’ai le sentiment qu’elle me renvoie toujours, d’une façon ou d’une autre, à ce moment précis. D’une manière plus générale, je pense que nous sommes tous liés à notre passé, nous le portons tous avec nous, il façonne notre identité, et nous le façonnons aussi avec le temps… C’était important pour moi de choisir de travailler à partir de quelque chose qui fait sens à mes yeux, mais qui peut le faire aussi pour n’importe quelle autre personne qui viendrait rencontrer mon travail. Et à propos des souvenirs, le sentiment le plus fort qui, je pense, peut tous nous réunir, c’est cette impossibilité à pouvoir réellement toucher à nouveau un moment passé. Ce rapport au temps, cette linéarité du temps dans laquelle nous vivons tous, guide avec force la vie de chacun. C’est quelque chose en tout cas qui nous occupe tous, qui nous préoccupe tous, d’une manière ou d’une autre.

Votre travail développe des situations, mais pas de narration tangible, même si des impressions d’histoire·s sont perceptibles.
Nous avons essayé de jouer avec cette notion d’« impressions de » dont vous parlez. Nous avons essayé de créer un cadre dans lequel chacun puisse se percevoir, se projeter, un cadre suffisamment ouvert pour que chacun puisse y construire son interprétation. Nous avons donc cherché à ne pas trop rétrécir le champ de lecture de ce que nous faisons au plateau, tout en veillant à laisser transparaître – à ce que soient malgré tout perceptibles – les questions qui ont traversé ce projet, et dont je parlais tout à l’heure. Offrir ces questions, offrir un certain espace qui appelle le public à venir nous rejoindre pour examiner le temps, et l’éprouver autrement…

Les états de corps sont un autre élément que vous invitez à examiner autrement.
Dans l’écriture de cette pièce, c’est vrai qu’une des priorités a été la question de l’état. Et quand je dis « état », j’entends manifestation physique d’une émotion, une façon pour nous d’être au plateau, mais aussi d’exprimer un sentiment, un climat, une atmosphère. Car le défi dans ce projet a été de créer un paysage avec le moins d’artifices possibles : pas de décor, lumière du jour quand nous jouons en plein air (comme c’est le cas à Uzès) ; seules notre engagement physique et la musique sont sources d’écriture.

  • dimanche 16 juin à 10h00
  • Parc du Duché
  • avenue Maxime Pascal, 30700 Uzès
    15 min. de marche depuis le jardin de l’évêché
  • Votre itinéraire sur Google Map

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