Sérénités

Danya Hammoud

Le 16 juin 

étape de travail

Cette saison, David Wampach passe le relais à Danya Hammoud en tant qu’artiste associé·e. Invitée au festival en 2015 et en 2017, cette chorégraphe-interprète développe une écriture très singulière, à la fois ténue et profondément chargée. Un travail à partir d’états de corps comme en vibration, qui rendent résolument palpable tout le poids de la violence, sans jamais pour autant qu’elle ne s’expose ou n’explose au plateau : une gageure.
À l’occasion du festival, et pour « inaugurer » ses trois saisons de collaboration avec La Maison, Danya Hammoud nous ouvre pour ainsi dire les portes de son atelier en nous invitant à partager une étape de travail d’un futur projet : Sérénités. Un trio au féminin pluriel, mu par une quête commune, celle d’un apaisement possible malgré un déplacement permanent, une traversée, d’un point à un autre, d’un état à un autre, d’une frontière à une autre... Cohésion et contradictions, bassin et visage : quelques-uns des mots-clés de cette pièce encore en recherche et en construction.

With this new season David Wampach hands over the reins to guest artist Danya Hammoud. For this festival, and to inaugurate her seasons with La Maison, Danya Hammoud takes us into her studio and shares a phase of her impending project, Sérénités (Serenities). A women’s trio driven by a shared quest, seeking peace despite constant movement, crossings, change from one state to another, one border to another. Full of both cohesion and contradictions. We discover the key words to this work under construction.

durée : entre 30 et 40 min.
De Danya Hammoud
Avec Yasmine Youcef, Ghida Hachicho, Danya Hammoud
Accompagnatrice Marion Sage
Illustration Nancy Naseraldeen

Pièce soutenue dans le cadre du programme Étape danse.
Le programme franco-allemand ÉTAPE DANSE est un réseau composé par la fabrik Potsdam, l’Institut français Deutschland / Bureau du Théâtre et de la Danse, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie et le théâtre de Nîmes - scène conventionnée d’intérêt national - danse contemporaine.

Production Association L’Heure en Commun.
Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, le théâtre de Nîmes, la Fabrik Potsdam (DE) dans le cadre du programme Etape Danse, deSingel (BE), Moussem (BE), Atelier de Paris/CDCN.
Avec le soutien de la Cité internationale des arts dans le cadre du programme de résidences de l’Institut Français, du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Culture.


Rencontre avec Danya Hammoud

Quel est le point de départ de ce futur projet ?
Comme pour toute nouvelle création, je conçois mon travail dans la continuité des pièces qui l’ont précédée. Je crois que l’état zéro n’existe pas. Il y a toujours un temps, une expérience, qui précède. La trace de l’expérience passée se retrouve dans l’expérience présente, et dans celles qui suivront… Dans mes précédents projets, je me suis intéressée à l’intention d’un geste (ou d’un acte) avant qu’il n’ait lieu. Par exemple, l’intention de l’acte de tuer avant sa représentation, dans Mes mains sont plus âgées que moi [NDLR : présenté au festival en 2015]. Suite à tous ces états de corps dans la retenue, dans le pré-mouvement, dans l’avant-acte, il est question aujourd’hui d’explorer le « pendant ». Une phase nécessairement en mouvement donc, en transformation continue. Une étape complexe, comportant simultanément des tensions contradictoires, des élans et des suspensions, des découvertes et des accidents. […] Dans ce projet, nous sommes trois femmes, avec des énergies différentes et une qualité de mouvement différente. Cependant, une quête commune nous lie : celle de travailler des états de corps qui aspirent vers une certaine sérénité, tout en étant « habités » par un vécu qui traîne avec lui des réminiscences d’une violence latente contre soi et contre l’autre. Dans ce processus, je m’intéresse particulièrement à ce qui me permettra de rendre difficile la distinction entre la fin d’un geste et le début d’un autre. Comme un sourire dont on ne saurait dire s’il est en train de naître ou de disparaître.

Un des premiers éléments de travail plateau à trois a été la question du bassin : une récurrence dans votre écriture.
Le bassin a toujours été un élément important dans mon travail. C’est l’endroit de la fertilité, du potentiel de vie et de survie. C’est le lieu qui nous donne la capacité de tenir debout, et de se mettre en mouvement. C’est un lieu qui porte nos émotions aussi, notre colère, notre amour, notre volonté. C’est le point de départ de toute action, en somme. […] Et c’est là, dans le bassin, que la quête commune dont je parlais tout à l’heure, trouvera son fondement.

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