Alexandre

Pol Pi

Le 16 juin 

En 2017, Pol Pi venait pour la première fois à Uzès avec Ecce (H)omo. Partant d’une enquête sur une pièce des années 1960 de la chorégraphe allemande, Dore Hoyer, ce solo esquissait un subtil questionnement sur la vérité et l’identité des choses, et leur essentielle pluralité, fluidité. Un travail entre parole et mouvement, plein feu et pénombre, tout en finesse dans son propos, dans ses gestes et dans son rapport au temps.
Cette même finesse se retrouve dans son nouveau solo, ALEXANDRE. Un voyage en suspension, dans un entre-deux, dont l’écriture part cette fois de l’enregistrement de la voix d’un homme, ou plus exactement de sa langue si particulière, celle des Indiens xavantes. Un point de départ – littéralement – pour dessiner au plateau un récit onirique et enveloppant, à la fois inspiré de sa rencontre avec l’imaginaire de ce peuple du centre du Brésil et de sa propre transition de genre, Pol Pi se nommant jusqu’il y a peu Paula Pi.

Second performance by Pol Pi who came to Uzès in 2017 with his work Ecce (H)omo. This new solo, Alexandre contains the same finesse and takes us on a journey suspended in time and space, using the recording of the very special sound and language of the Xavante Indians. The literal starting point for a dreamlike, all-encompassing tale inspired by the encounter with the imagination of the Xavante people and his own gender change from Paula Pi to Pol Pi.

durée : 1h
Un projet de et avec Pol Pi
Création sonore, accompagnement dramaturgique Gilles Amalvi
Costumes, collaboration artistique Rachel Garcia
Création lumières, espace Florian Leduc
Collaboration artistique Pauline Le Boulba
Accompagnement en pratiques somatiques Violeta Salvatierra
Interprète pendant le processus de création Sorour Darabi
Photos, captation Morgad Le Naour

Production NO DRAMA.
Production déléguée Latitudes Prod. Lille.
Coproduction La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, CN D - Centre national de la danse, Festival Montpellier Danse 2018, CCN de Caen Normandie - direction Alban Richard dans le cadre de l’accueil studio, CCN d’Orléans dans le cadre de l’accueil studio 2018, La Place de la Danse – CDCN Toulouse/Occitanie, Le Vivat Armentières, Charleroi danse (BE).
Avec le soutien de la Drac Ile-de-France - au titre de l’aide au projet, d’Arcadi, PACT Zollverein (DE), Montévidéo - créations contemporaines - Atelier de Fabrique Artistique, les Laboratoires d’Aubervilliers, ICI–CCN de Montpellier Occitanie / Direction Christian Rizzo et le FONDOC.
Avec le soutien de Montpellier Danse 2018, résidence de création à l’Agora, cité internationale de la danse, avec le soutien de la Fondation BNP Paribas.



Rencontre avec Pol Pi, par Olivier Hespel

À l’origine d’Alexandre, un enregistrement : les paroles d’un homme dans une langue qui vous est inconnue, celles des Xavantes (peuple indien du centre du Brésil). Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre ce document comme point de départ d’un solo ?
Travailler à partir d’éléments qui existent déjà, et qui ne viennent pas de moi, est un moyen de me déplacer, une façon d’essayer de trouver d’autres corps, d’autres voix en entrant dans un autre univers. […] La première fois qu’un ami m’a fait entendre cet enregistrement, cette voix m’a vraiment affecté. Cette langue surtout, très incisive et répétitive, quasi de la percussion. Par la suite, je suis allé à la rencontre de cet homme, et j’ai appris que ce que j’avais entendu est une façon particulière de s’exprimer chez les Xavantes quand il s’agit de parler de choses importantes : des rituels et des rêves. […] Je ne pouvais pas me contenter de prendre cet enregistrement et d’en faire ce que je voulais, sans avoir aucun rapport avec son contexte. Même si j’ai eu très peur de tomber dans une appropriation de cette culture indigène, qui vit dans une énorme précarité, qui lutte tous les jours pour sa survie. Je n’aurais pas pris la réelle mesure de leur contexte social, politique et économique, si je n’étais pas allé là-bas. Même si, évidemment, je n’ai aperçu qu’une infime partie de leur richesse culturelle et des enjeux politiques dans lesquels ils et elles évoluent.

Il y a quelque chose de très doux dans ce solo, d’onirique aussi. Un temps très étiré également. Qu’est-ce qui a amené ces tonalités ?
Concrètement, j’ai découvert que l’enregistrement parlait d’un rituel masculin pour apprendre à rêver – leur culture tourne essentiellement autour du rêve. J’avais envie d’évoquer cela, sans pour autant parler des Xavantes ou d’expliquer quelque chose que je n’atteindrai jamais (c’est pour moi presque impossible de toucher à leur rapport très particulier aux rêves), mais davantage en partant de ce qui vient me toucher dans cette culture. […] Pour moi, cette pièce est un voyage, une suspension totale d’un… moment à venir. Une pièce de transition – vraiment. En fait, je peux dire que ce projet m’a permis de prendre la décision de commencer une transition de genre ; j’ai eu besoin de passer par le plateau avant [NDLR : Pol Pi – auparavant Paula Pi – s’identifie aujourd’hui comme un homme trans]. La pièce n’est pas sur ce sujet en particulier, mais parle davantage de la notion de passage, de l’entre-deux, qui touche également à la question du genre.

Étymologiquement, Alexandre signifie « celui qui protège l’homme ». Ce qui prend une couleur particulière suite à ce que vous venez de dire.
Pour moi, il était évident que cette pièce devait s’appeler Alexandre. Au départ, parce que c’était le seul mot que je comprenais dans l’enregistrement, et qu’il y apparaît plusieurs fois. Mais je pense aussi parce que c’était un mot masculin. Et que ce mot évoque également tout un imaginaire mythique d’une autre culture encore, grâce à la figure d’Alexandre Le Grand. […] À un moment du processus, on a aussi essayé d’évoquer la figure de mon ami Alexandre – qui m’a fait écouter l’enregistrement et m’a permis ensuite de rencontrer une communauté xavante. C’est un peu de là que vient l’idée du costume. Même si c’est avant tout l’image de l’enfance, de l’adolescence, qu’il évoque aujourd’hui. Une image très proche pour moi de l’univers xavante, dont tous les mythes parlent d’enfants ou d’adolescents.

  • dimanche 16 juin à 18h00
  • Salle de l’ancien évêché
  • place de l’Évêché, 30700 Uzès
    (à gauche du Tribunal d’instance)
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