The Automated Sniper

Julian Hetzel

Le 14 juin 

Qu’y a-t-il de commun entre l’art et la guerre ? Entre création et destruction ? Avec ces deux questions en toile de fond, The Automated Sniper (« le tireur automatisé ») nous invite à un jeu pour le moins inattendu, à la fois vidéo et scénique... et qu’il vaut mieux ne pas trop dévoiler ici – si ce n’est qu’il s’inspire de la technologie militaire des drones et que quelques volontaires parmi le public seront amenés à y prendre concrètement part, un joystick en mains.
Pièce pour un espace blanc (au départ), quelques objets usuels, deux hommes et un dispositif électronique à la douce voix féminine, The Automated Sniper nous entraîne dans une sinueuse situation au profil plus torve et complexe qu’il n’y paraît d’emblée... Avec un goût pour les tours et détours, voire les retournements de situation, l’expérience proposée joue clairement avec les limites : entre réalité et fiction, entre légèreté et tensions, entre ce qui est agréable et ce qui l’est nettement moins...
Il y a du plaisir en perspective. Certainement de la peur aussi. Et qui sait... de la colère ?

What does art share with war ? Or creation with destruction ? These two questions set the framework here for an unexpected stage video game. It is better not to reveal too much here – other than that it takes inspiration from military drone technology, and that several volunteers from the audience will be called upon to participate, joystick in hand. We are drawn into a meandering situation that is more menacing and complex than it seems at first, and which stretches the limits between reality and fiction, buoyancy and tension – and what is agreeable and what is much less so...

Conception, direction Julian Hetzel
Conception de la machine Hannes Waldschütz
Interprètes Bas van Rijnsoever, Claudio Ritfeld, Ana Wild
Joueur Akram Assam
Dramaturge Miguel Angel Melgares
Assistants à la dramaturgie Luc Groen, Artun Alaska Arasli
Collaborateur artistique Joachim Robbrecht
Costumes Karianne Hoenderkamp
Lumières Nico de Rooij
Directeur de production Jasper Hupkens

Production Théâtre Frascati (Amsterdam) en collaboration avec Stichting Ism & Heit
Co-production Gessnerallee Zürich, Beursschouwburg Bruxelles, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, WP Zimmer (Anvers)
Avec le soutien du Fonds pour les Arts vivants des Pays-Bas.

The Automated Sniper a reçu le Prix VSCD-Mime 2017 (Pays-Bas).
Artiste accueilli dans le cadre du RÉSEAU EUROPÉEN WEB
Spectacle en français et en anglais.
(passages courts et compréhensibles)

Rencontre avec Julian Hetzel

Quel a été le point de départ de cet Automated Sniper ?
Deux ans avant de me lancer dans ce projet, je voulais travailler sur la peur, et notamment utiliser des armes sur scène. Mais cela s’est avéré impossible, à cause des règles de sécurité en vigueur dans les théâtres aujourd’hui. J’ai ainsi mis cette idée de côté jusqu’à ce que je me rende compte qu’il y avait moyen de parvenir au résultat que je cherchais en développant un dispositif qui aurait les mêmes propriétés qu’une arme mais dont les spécificités tiendraient compte de ce qui est autorisé et interdit par la réglementation. Ceci a impliqué non seulement de s’imposer toute une série de paramètres, mais aussi d’être inventifs dans les choix de vocabulaire que nous utilisons. L’appareil en question n’est pas une arme par exemple, et il ne tire pas. Techniquement parlant, c’est en fait une « imprimante » qui « projette de l’encre à longue distance »... Cet engin a été conçu avec l’aide d’un artiste multimédia, Hannes Waldschütz. Il est fixé au-dessus de la scène, et est muni d’une caméra et d’un viseur grâce auxquels on peut repérer sur le plateau des « cibles », les « viser » et « tirer »... Ce dispositif technologique est au centre de l’action de The Automated Sniper. (…) Je cherchais à travailler sur la physicalité de la peur et à pouvoir transcrire cela au plateau... L’engin en question permet de créer de vraies conditions de menace et de peur pour les interprètes, car il est actionné en direct par des volontaires parmi les spectateurs. (…) Cette « imprimante » fait clairement écho aux drones et autres techniques actuelles de guerre à distance, ainsi qu’à la gamification de la guerre et de la violence. Elle joue notamment avec la vision aérienne, qui donne un regard d’une toute autre perspective sur le monde, rend les choses plus abstraites. Une vision proche des jeux vidéo en fait.

Dans cette pièce, vous posez clairement la question du public, et de la responsabilité.
D’une certaine manière, nous mettons le public à l’épreuve, nous questionnons son rôle, en l’invitant à jouer avec le dispositif, à le contrôler en temps réel... Jusqu’où est-il prêt à aller ? Bien sûr, il est clair qu’il s’agit ici d’un jeu, et que les deux performeurs sur scène y participent de leur plein gré. Il est clair aussi qu’ils ont des protections (une sorte de couche de néoprène sous leurs vêtements, entre autres). Mais même si les risques ont été minutieusement étudiés et sont « sous contrôle » – et la douleur donc également, la pièce joue avec les limites et c’est finalement plutôt extrême ce à quoi les performeurs sont exposés.

Vers le début de la pièce, le dispositif technique qui va permettre le « jeu » prend la parole et se présente comme un produit fabriqué en Allemagne. Ce n’est pas innocent comme précision, j’imagine ?
[Rires] Il a été effectivement réalisé en Allemagne, à Leipzig pour l’essentiel... Après, c’est certain que cette précision fait également référence au fait que l’Allemagne est devenue aujourd’hui l’un des plus grands exportateurs d’armes technologiques. Je suis originaire d’Allemagne (NDLR : actuellement, Julian Hetzel vit et travaille aux Pays-Bas), et je pense qu’il est sain d’avoir une position critique par rapport à certaines de ses réalités. (…) Critique aussi, par exemple, par rapport à ce qui se passe dans la base aérienne militaire de Ramstein, d’où les forces américaines dirigent la plupart des opérations militaires qu’elles mènent dans le monde à l’aide de drones. Cela se passe sur le sol allemand, avec l’assentiment du gouvernement allemand. Or il y a clairement là-bas des violations des Droits humains qui sont commises : depuis leurs écrans de contrôle, ils tuent des gens dans des pays avec lesquels ils ne sont parfois même pas en guerre... Tout le monde est au courant de cela. Pourtant rien ne bouge.

  • jeudi 14 juin à 22h00
  • Jardin de l’évêché
  • Accès par la promenade des Marronniers ou la promenade Racine.
    Parkings à proximité.
    Boissons et restauration légère à partir de 20h30 par Juliette & Pierrot - caravane à délices (plats faits maison avec des produits frais, issus de producteurs locaux).
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