t o u t e s t b e a u

Erwan Ha Kyoon Larcher

Le 17 juin 

dans le cadre de la carte blanche à David Wampach

Acrobate de formation, Erwan Ha Kyoon Larcher est danseur, performeur, acteur… Un profil multiple auquel s’ajoute, depuis trois ans, la musique avec son groupe T o u t E s t B e a u. Ou, plus exactement, « un projet d’homme orchestre pour une batterie, des synthétiseurs et une voix », comme il le définit lui-même.
Rencontre entre expérimentations krautrock et techno faite maison, sa musique se révèle aussi ingénieuse qu’impulsive. Plutôt physique également : cerné par deux synthétiseurs, une batterie, quelques pédales et autres boîtes à effets, l’homme n’a rien du musicien « laptopeur » caché derrière son écran d’ordinateur. Sa fabrique musicale est 100% live et résolument investie : « Que ce soit cirque ou musique, l’idée est physique, le geste précède le son, le musicien les machines », commente-t-il.
Rythmés, haletants même – sinon tripants, ses concerts nous embarquent loin, très loin... Une franche invitation à bouger, à entrer dans la danse, version « cardio » !

Trained as an acrobat, Erwan Ha Kyoon Larcher has a multifaceted profile as dancer, performer and actor – and, for the past three years, musician, with what he calls a “one-man band project for percussion, synthesizers and a voice”. Surrounded by two synthesizers, a drum kit, pedals and effect boxes, he is no laptopper hidden behind his screen. A cross between krautrock and homemade techno, his music is original and impulsive, and 100% live : “Whether it’s the circus or music, the idea is physical, the gesture goes before sound, the musician before the machines,” he says.

durée : 50 minutes
Suivi d’un DJ set de Lebe Mit

Homme orchestre Erwan Ha Kyoon Larcher
Production Adeline Ferrante
Ingénieur son Romain Drogoul

Rencontre avec Erwan Ha Kyoon Larcher

Comment vous est venue l’idée de ce projet d’homme orchestre pour une batterie, des synthétiseurs et une voix, comme vous le définissez vous-même ?
Il est né dans ma chambre... Je suis acrobate à la base. J’ai ensuite fait de la danse et du théâtre. Le rapport au son et à la musique a toujours été important. J’ai réfléchi à comment je pouvais faire de la musique seul, sachant que j’avais l’envie d’un rapport physique à cette musique, que je voulais tout jouer, sans passer par un ordinateur ou des boucleurs. Je voulais rester dans un rapport à l’instrument : l’ordinateur offre trop de possibilités pour moi, c’est infini comme outil... Et j’ai toujours aimé les hommes orchestre, ceux qui marchent dans la rue ou ceux assis derrière une batterie avec une guitare, etc. Il y a quelque chose de touchant et de désespéré... Venant du cirque, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Autant jouer tout à la fois !

Comment s’est construit ce projet ?
Par surprise. En 2015, un chorégraphe avec qui je travaillais ponctuellement, Frank Micheletti (Kubilai Khan Investigations) m’a proposé mon premier concert. Il dirige le festival Constellations à Toulon, qui a lieu chaque année en septembre, et propose des concerts et performances dans des lieux assez atypiques : musée, lieu historique, club de nuits, crique, etc. Il savait que j’avais commencé à jouer de la musique, chez moi, de manière souterraine… Si tu as quelque chose à présenter pour le prochain festival, tu es le bienvenu ! Il m’a dit ça en janvier, j’avais huit mois pour préparer quelque chose... Ce qui est assez drôle, c’est que par rapport aux spectacles, j’ai toujours eu besoin de me dire : Tant que ce n’est pas prêt, je ne montre pas. Alors qu’avec la musique, le projet s’est avant tout construit en jouant, en le montrant... J’ai eu beaucoup de chance aussi, dans le sens où ce premier concert m’a fait rencontrer des gens qui m’ont proposé un autre concert, où là aussi on m’a proposé une autre date, ou une résidence de travail, et ainsi de suite...

T o u t E s t B e a u : d’où vient cette appellation ?
Je cherchais un nom. Je me suis rappelé d’un texte d’Antonin Artaud, Le Jet de Sang, qui commence avec un dialogue très simple entre le jeune homme et la jeune femme : Je t’aime et tout est beau/ Tu m’aimes et tout est beau… Puis, j’ai vu une œuvre de Pascale Consigny (une amie artiste) dans son atelier : une plaque de marbre sur laquelle elle avait gravé Tout est beau, comme une épitaphe… Une conjonction s’est faite… Pour moi, évidemment, tout n’est pas beau. Mais c’est une vue de l’esprit, ce n’est pas cynique comme choix : tout dépend du point de vue que l’on veut prendre sur chaque chose, comment on les considère. Après, c’est aussi une manière de questionner les endroits de postures ou d’avis, ce qui se passe un peu partout – que ce soit en musique ou ailleurs : on met des étiquettes sur les choses, et on développe une posture par rapport à cela, on défend des « écoles »… J’essaye d’éviter de rentrer là-dedans. C’est important d’être critique mais, en même temps, comment faire pour ne pas être méprisant vis-à-vis de ce qui ne te touche pas ?

Vous portez à la bouche comme une espèce de masque à gaz. Une image particulièrement forte – voulue, j’imagine ?
Oui, et non… C’est arrivé plus pour des raisons technico-pratiques que pour dessiner une image en particulier… Ça aurait été très compliqué d’avoir un micro classique sur pied : ma tête aurait été bloquée dans une seule direction pour chanter. Pour manipuler les machines et jouer de la batterie, j’ai dû trouver une solution plus mobile. Donc, j’ai bricolé ce masque anti-odeurs toxiques dans lequel j’ai placé un micro.

  • dimanche 17 juin à 22h30
  • Salle de l’ancien évêché
  • Accès par la place de l’évêché
    (à gauche du Tribunal d’instance).
    Parkings à proximité.
    Boissons rafraîchissantes à la buvette.
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