Nos, tupi or not tupi ?

Fabrice Ramalingom

Le 15 juin 

Fidèle invité du festival, Fabrice Ramalingom revient à Uzès avec sa dernière création. Pleine de générosité, celle-ci révèle la force et la légèreté de l’amitié qui relie trois jeunes Brésiliens, danseurs hip-hop.
À travers le portrait esquissé de ces trois personnalités, NÓS (« nous » en portugais) pose son regard sur le Brésil d’aujourd’hui, terre de contrastes et de métissages multiples. À l’image de ce qui se dessine sur le large rectangle blanc qui sert de terrain de jeu à ce triplé à la fois chorégraphique et résolument humain. Un jeu de corps et de rythmes qui noue avec subtilité vocabulaire hip-hop et grammaire contemporaine.
Tantôt acérée, tantôt ronde, cette danse de l’« altération » s’entremêle à une prise de parole en direct et au format cinémascope d’images documentaires. Car s’il est avant tout question ici de sincérité et de simplicité, NÓS aime également voguer entre deux sensations que l’on aurait cru opposées : intimité et voyage, proximité et distance.

Regularly performing at the festival, Fabrice Ramalingom is back in Uzès with his latest creation. Through a portrait of three young Brazilian hip-hop dancers, NÓS (Portuguese for “we”) reveals the strength and lighthearted nature of their friendship and examines present-day Brazil, a country of many contrasts and mixed origins. Interspersed with live speech and documentary images projected on the white background, the trio’s corporal expression and rhythms make a subtle connection between hip-hop vocabulary and contemporary speech, with a focus on sincerity and simplicity, but also on the contrast between privacy and voyage, closeness and distance.

Durée : 70 minutes
Conception, chorégraphie Fabrice Ramalingom
Fabrication, interprétation Renann Fontoura, Eduardo Hermanson, Tito Lacerda
Assistant à la chorégraphie, dramaturgie Matthieu Doze
Lumières Maryse Gautier
Musique François Richomme
Scénographie, costumes Thierry Grapotte
Image Jeanne Dosse
Montage, images additionnelles David Olivari
Régie Bastien Pétillard
Production, diffusion Luc Paquier
Administration Anne Guiraud
Coordination du projet, traduction Astrid Takche de Toledo

Production R.A.M.a
Co-production Festival Montpellier Danse 2017, Gessnerallee Zürich, théâtre de Nîmes – scène conventionnée d’intérêt national - danse contemporaine – art et création, ICI-CCN Montpellier - Occitanie / Pyrénées Méditerranée / Direction Christian Rizzo, Théâtre Paul Eluard - scène conventionnée de Bezons, dans le cadre de la permanence artistique de la région Île-de-France, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Châteauvallon scène nationale
Avec le soutien de La Ménagerie de Verre dans le cadre du StudioLab, du Centre Chorégraphique de Rio, du CAM - Centro de Artes da Maré - Lia Rodrigues Companhia de Danças, du Consulat Général de France à Rio de Janeiro, de l’Institut Français, de l’ADAMI et du FONDOC - Fonds de soutien à la création contemporaine en Occitanie

Artiste accompagné dans le cadre du Fonds de soutien à la création contemporaine en Occitanie

Rencontre avec Fabrice Ramalingom

Au-delà de l’enjeu formel de travailler avec le langage hip-hop que renferme NÓS, vous présentez cette création avant tout comme une rencontre…
Je pars rarement d’emblée d’une question conceptuelle : mon moteur est avant tout humain. Ce projet-ci est le résultat de plusieurs rencontres successives. A commencer par Astrid Toledo, une Brésilienne vivant en France. Elle se définit comme une artiste-etc, un concept créé par un artiste visuel brésilien, Ricardo Basbaum. Parmi ses « etc. », elle aime particulièrement construire des ponts entre son pays d’origine et la France. C’est grâce à elle que j’ai rencontré le Brésil – il y a six ans maintenant. J’y ai présenté des pièces, donner des stages, des conférences… J’y ai rencontré beaucoup de personnes aussi. Ces rencontres m’ont notamment posé la question de ma position d’Occidental, potentiellement néo-colonialiste, venant apporter ses pratiques et une certaine façon de penser la danse. Cela m’a mené à réfléchir au degré d’importance que je mettais entre le fait de venir au Brésil et le fait de laisser de la place (ou non) à ceux que j’y rencontrais, avec qui j’y travaillais... C’est dans ce contexte qu’Astrid m’a présenté Willow (NDLR : alias Eduardo Hermanson, un des trois danseurs de NÓS). Il venait du hip-hop, avait travaillé avec Bruno Beltrão, et cherchait à explorer d’autres façons de faire. Il ne connaissait pas mon travail et, de mon côté, j’avais un peu de préjugés par rapport au hip-hop : il fallait que l’on prenne le temps de se parler. Je lui ai proposé de venir en France, d’être mon invité à des ateliers que j’allais donner et de passer le reste du temps à discuter, et à travailler en studio. La rencontre m’a bluffé. Il y a quelque chose de Nijinski chez lui : il est complètement dans la danse, avec une facilité et une inventivité impressionnantes. Un an plus tard (2015), nous nous sommes revus, au Brésil. Je lui ai fait part de mon envie de retravailler la question de l’autre et du groupe (que j’avais déjà abordée dans My Pogo, pièce créée en 2012 et présentée à Uzès). Je lui ai proposé d’inviter d’autres danseurs à se joindre à nous. C’est ainsi qu’il m’a présenté deux de ses amis, Renann Fontoura et Tito Lacerda… Nous avons fait une session de travail tous ensemble, qui m’a confirmé le désir de faire une création avec eux.

La pièce mêle le portrait (presque documentaire) et enjeux de danse « purement » chorégraphiques. Comment s’est imposée cette articulation ?
C’est le reflet, très honnête, du processus de création qui, chaque jour, débutait par une heure de discussions. Une sorte d’échauffement durant lequel je cherchais à en savoir plus sur eux, leurs origines, leur pays, leur rapport à la danse, etc. Après quoi, on passait au plateau, pour des séances d’improvisation et de construction chorégraphiques, où l’enjeu était de dessiner des ponts entre leurs écritures hip-hop et la mienne.

L’essentiel de la partition musicale se dessine comme une lente construction (ou découverte) d’une mélodie. D’où vient cette idée ?
Je voulais que la musique ait un rapport au voyage, et à l’« altération » qu’il apporte. Nous sommes ainsi partis d’une musique européenne : une composition de Bach, très normée, calculée. Cette partition (que l’on entend telle quelle vers le début de la pièce), le compositeur François Richomme l’a étirée à l’extrême pour en faire la musique de la pièce. A l’intérieur de quoi, à l’aide de logiciels, il est venu « tordre » les rythmes de Bach pour, petit à petit, faire brièvement émerger une rythmique inspirée de différentes musiques brésiliennes. Et pourtant aucun son n’a été ajouté à l’enregistrement original.

  • vendredi 15 juin à 22h00
  • Jardin de l’évêché
  • Accès par la promenade des Marronniers
    ou la promenade Racine.
    Parkings à proximité.
    Boissons et restauration légère à partir de 20h30 par Juliette & Pierrot - caravane à délices (plats faits maison avec des produits frais, issus de producteurs locaux).
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