Marvelous

Bryan Campbell

Le 17 juin 

dans le cadre de la carte blanche à David Wampach

Chorégraphe-interprète, Bryan Campbell nous invite à découvrir MARVELOUS, un magazine de mode qu’il a créé avec deux complices, Jacob Peter Kovner et Matthieu Delahausse. Comment « feuilleter collectivement » les quelques 300 pages de cette publication très glossy ? Tel est le point de départ de ce solo, dont le parcours se révèle en réalité bien plus complexe et joyeusement sinueux.
Partant d’un rôle de guide-conférencier présentant « son » périodique fashion, Bryan Campbell joue subrepticement de la dérive et s’embarque régulièrement dans des soliloques au propos galopant toujours plus loin de leur sujet initial : du Big Bang à Beyoncé, de l’économie du luxe à la théorie de la relativité, en passant par le plaisir du silence ou la dynamique du bruit…
Jonglant volontiers avec les contradictions et les échelles de valeur, l’artiste slalome entre les idées avec finesse et légèreté. Voix et corps sont au service de cet habile cheminement qui, l’air de rien, réussit à titiller autant la pensée que les sens.

Choreographer/performer Bryan Campbell invites us to discover Marvelous, a fashion magazine that he created with Jacob Peter Kovner and Matthieu Delahausse. The starting point of this breezily meandering solo is how to leaf through the some 300 pages of this publication together. Playing the role of a lecturing guide, Bryan Campbell stealthily and regularly digresses from the initial subject to soliloquize. He jumps from the Big Bang to Beyoncé, from the luxury economy to the theory of relativity, or from the pleasure of silence to the dynamics of noise, as he juggles adroitly with contradictions and values.

Durée : 80 minutes
Conception, interprétation “Editor in Chief” Bryan Campbell
Assistance artistique “Managing Editor” Jacob Peter Kovner
Projections,graphisme “Layout Editor” Matthieu Delahausse
Regard extérieur “Senior Editor” Stéphane Bouquet
Régie Arnaud Le Breton

Production déléguée Météores
Co-production PACT Zollverein (Essen), Honolulu (Nantes) et Au bout du plongeoir (Rennes-Métropole) dans le cadre du programme de coopération entre la ville de Nantes et Rennes-Métropole.
Avec le soutien de la Workshop Foundation (Budapest) dans le cadre des résidences WildCard, un projet du Jardin d’Europe, soutenu par la Commission Européenne, Rethink Dance (Oslo), Micadanses (Paris), Edifício - un projet de résidence de O Rumo do Fumo et Forum Dança (Lisbonne) avec le soutien de DEPARTS, work-spacebrussels (Bruxelles)
Accueil studio Centre National de la Danse (Pantin), Ménagerie de Verre (Paris)

Rencontre avec Bryan Campbell

Comment est né ce projet mêlant performance et projet d’édition ?
Tout a commencé vers 2011 par une recherche autour de l’artiste Dieter Roth (1930-1998) surtout connu pour ses sculptures utilisant des matériaux « sales » comme de la graisse ou des produits alimentaires pourris. (…) Durant ce travail, j’ai découvert ses livres d’artiste, qui sont à la fois plastiques et révélateurs d’un acte performatif. De là, je me suis demandé comment je pourrais les performer : comment les feuilleter, les lire, à travers un acte performatif… A la même époque, j’ai découvert le film documentaire Paris is Burning de Jennie Livingstone (1991) sur la ball culture new-yorkaise, là où le voguing est né, et s’entremêlaient mode, danse et performance. (…) De fil en aiguille, je me suis de plus en plus rapproché de l’idée d’un magazine de mode, et à la façon de le rendre performatif, chorégraphique… En avril 2013, je me suis ainsi lancé dans la fabrication d’une édition, avec Jacob Peter Kovner (qui a fait un stage à Vogue et a côtoyé ce monde) et Matthieu Delahausse, graphiste (notamment pour des éditions arty et des cahiers « tendances »).

Pourquoi avoir réalisé votre propre magazine, et non vous être contenté de prendre un numéro de Vogue par exemple, pour – à partir de là – imaginer le performer ?
Début 2013, j’ai fait une tentative de travail à partir d’un exemplaire de Harper’s Bazaar. J’aurais pu aller plus loin avec cette idée mais j’ai eu le sentiment que ce choix réduisait le projet au niveau du commentaire. Je voulais un regard plus complexe : depuis mon endroit de consommateur (à la fois critique mais aussi fasciné) chercher un chemin pour devenir producteur. Cette position vous oblige à préciser ce que vous aimez dans ce type d’édition. En même temps, elle vous permet de développer un contenu que vous soutenez éthiquement, tout en cadrant votre travail dans une idée d’imitation et d’observation détaillée de ce type de magazines, depuis sa structure jusqu’à sa linguistique. Ceci vous met dans une position très performative en réalité : il y a comme un travestissement de soi qui doit s’opérer pour y parvenir.

Ce magazine, vous l’avez intitulé MARVELOUS, intelligent reporting for fabulous people (NDLR : ‘MERVEILLEUX, reportage intelligent pour personnes fabuleuses’). Un choix innocent ?
Les adjectifs utilisés pointent les jeux d’autocongratulation et de superlatif avec lesquels jouent ces magazines, vis-à-vis d’eux-mêmes et de leurs lecteurs. On peut y percevoir de la critique de ma part, mais ce n’est pas de la parodie : jouer avec le deuxième degré est très propre à l’édition de mode, tout comme jouer sur l’idée du mode/antimode, etc. La mode se vend aussi par son intelligence à se déconstruire, à se critiquer, voire à se moquer d’elle-même…

Et le contenu ?
Les publicités sont vraies, reprises de magazines de l’époque. Pour les articles, ils sont tous originaux. Nous avons choisi de les rédiger soit parce qu’il s’agissait de sujets que nous voulions aborder, soit pour remplir des rubriques spécifiques à ce type de publications.

Comment s’est passé le passage de l’édition vers la performance ?
Ce fut un long processus, par étapes très différentes, sans autre prétention que chercher une manière de rendre performatif cet objet d’édition, et faire en sorte que la performance soit l’endroit de la rencontre avec ce magazine. (…) Comment le lire ensemble, et malgré tout développer une intimité avec cet objet – ce qui est le propre de la lecture ? Quelle.s place.s prendre au plateau pour rendre cela possible ? Mais aussi comment jouer notamment avec la notion de séduction ou l’illusion de liberté sur lesquelles s’appuient ces revues ? Des enjeux qui ont traversé la construction de la performance, et qui me traversent en réalité à chaque représentation.

  • dimanche 17 juin à 18h30
  • Salle de l’ancien évêché
  • Accès par la place de l’évêché
    (à gauche du Tribunal d’instance).
    Parkings à proximité.
    Boissons rafraîchissantes à la buvette.
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