Le jour de la bête

Aina Alegre

Le 17 juin 

dans le cadre de la carte blanche à David Wampach

Sur un plateau recouvert de terre, cinq danseurs en pantalon de flanelle noire et fin tee-shirt de couleur variée. Ils marchent. Ils frappent le sol de leurs chaussures en cuir noir. Ils invoquent, convoquent le rythme, l’écoute... et la force du rassemblement. Telles pourraient être condensées les premières minutes du Jour de la Bête, un quintet auquel Aina Alegre a convié quatre de ses ami.e.s, histoire de célébrer ensemble l’énergie du groupe.
Si certaines fêtes, carnavals et autres rituels populaires ont servi de points de départ à ce travail chorégraphique et rythmique, il n’est pas question ici de parcourir un catalogue folklorique. Pas question non plus de plonger dans une procession au crescendo toujours plus débordant.
Non, Le jour de la bête préfère surfer sur des vagues successives et puiser dans ces dynamiques collectives non pas la démesure ou la rage mais le plaisir et la libération qu’il y a à se célébrer, tout simplement. À la fois précis et débridés, les cinq danseurs s’amusent avec les tempos et les images, entre bourrasques et accalmies. Avec le public comme complice de leur traversée, ils veillent à se faire du bien, à prendre soin... de soi et des autres !

Five dancers in black pants and different-colored T-shirts walk around an earth-covered stage, stamping the floor with their black leather shoes, summoning rhythms, receptivity and collective strength. This is how the first five minutes of this piece could be put in a nutshell. Celebrating together the energy of the group. Certain festivals, carnivals and other collective rituals may have served as a starting point for this choreographic and rhythmic work, but “The Day of the Beast” is neither a catalogue of folklore, nor a progressively unrestrained procession. It “surfs” on successive waves, not of immoderation or rage, but of the simple pleasure and freedom of celebration. These dancers are playing and caring. The audience is their accomplice !

Durée : 60 minutes
Conception Aina Alegre
Interprétation Aniol Busquets, Teresa Acevedo, Charlie Fouchier, Cosima Grand, Aina Alegre
Création sonore Romain Mercier
Création lumières Pascal Chassan
Costumes en collaboration avec Astrid Cadoz
Mise en espace en collaboration avec Pascal Chassan
Fabrication costumes Aurélie Noble
Régie générale Pascal Chassan
Conseil artistique Quim Bigas, Isabelle Catalan, Chiara Gallerani
Production Ryan Kernoa
Diffusion Claire Nollez

Production Studio fictif
Co-production CDCN Atelier de Paris, Format, CCN de Caen en Normandie, dans le cadre de l’accueil-studio/Ministère de la Culture et de la Communication, Théâtre de Vanves, La Place de la Danse CDCN Toulouse-Occitanie, CDCN L’échangeur Hauts-de-France
Avec le soutien de Le Vivat d’Armentières, scène conventionnée danse et théâtre, Arcadi Île-de-France
Ce spectacle bénéficie de septembre 2018 à août 2020 du soutien de la Charte d’aide à la diffusion signée par l’Onda, Arcadi Île-de-France, Culture O Centre, l’OARA, l’ODIA Normandie, Réseau en scène Languedoc-Roussillon et Spectacle Vivant en Bretagne.
Studio Fictif est soutenue par la DRAC Île-de-France au titre de l’aide au projet chorégraphique.

Rencontre avec Aina Alegre

D’où vient l’envie de ce projet ?
C’est lié à une sensation de mon passé en Catalogne. Une sensation que j’ai eue lors de fêtes populaires durant lesquelles des gens de tout âge se montent les uns sur les autres pour former un castell (NDLR : château, en catalan). Cette construction collective crée une énergie particulière : tout le monde est réuni autour du groupe qui va former cette « tour » dont le sommet sera occupé par le plus petit, de 4-5 ans. Le tout est accompagné de grallas (NDLR : sorte de hautbois aux notes aigües). Ce rassemblement donne beaucoup d’adrénaline... Depuis que j’habite en France, je regarde ces castells avec une certaine distance et je me suis rendue compte – au-delà de leur aspect réellement festif – qu’ils répondent en fait à une idée sociétale, construisent une auto-représentation « extraordinaire » d’une communauté. Je me suis rendue compte aussi qu’ils n’étaient pas propres à la Catalogne, et que l’on peut retrouver ce type de constructions collectives dans d’autres coins du monde... De là, je me suis posée différentes questions qui ont servi de points de départ au projet. Qu’est-ce qu’on invente pour se célébrer ? Quelles sont les énergies nécessaires pour cela ? Physiquement, quels seraient les gestes, les endroits, les codes que l’on utiliserait pour fabriquer quelque chose qui n’appartient à personne mais qui existe uniquement parce que l’on se rassemble pour travailler, et fabriquer cette chose en question ?

La notion de fête est donc très présente dans cette pièce ?
Oui, mais j’avais envie de travailler la fête – ou plutôt les rituels de célébration – en explorant différents états, et pas uniquement l’état jubilatoire... L’énergie collective ne naît pas d’emblée : il y a toute une série de « zones » nécessaires à traverser pour la mettre en route ; ces « aller vers » m’intéressaient tout particulièrement... J’avais la nécessité d’explorer des « zones de rien » aussi, et pas forcement d’aller vers la catharsis ou la transe – au contraire même : assumer les descentes, les chutes... En fait, nous avons travaillé l’ensemble comme une sorte de vagues successives, avec des creux et des pleins.

Comment s’est construite la chorégraphie ? Avez-vous notamment partagé des vidéos de fêtes populaires avec les quatre autres danseurs ?
Je n’ai pas utilisé de vidéos documentaires, non. J’avais peur que nous restions trop concrètement collés à ces codes et ces gestes : je n’avais pas envie de « coloniser » cela et de les mettre dans la pièce pour en faire une sorte de défilé d’images et de démonstrations folkloriques. Mais j’ai transmis, c’est vrai, quelques types de mouvement que je connaissais (des sauts, des frappes au sol, par exemple). Nous avons aussi beaucoup pratiqué l’improvisation musicale, en cercle, avec les pieds, les mains, la voix ; une façon de travailler l’impro que l’on peut également trouver dans le jazz en fait... L’idée était de ne pas se cantonner dans des styles de danse, mais plutôt de comprendre, au final, qu’est-ce qui crée et meut un groupe, par rapport aux énergies, au sol (à la contamination par le sol), à la place des individualités, etc.

Le Jour de la Bête. Ces mots évoquent une certaine énergie – bestiale précisément. Pourtant, c’est davantage une douceur qui se dégage de la pièce...
J’ai choisi ce titre de façon très intuitive, sans chercher pour autant à le justifier ou à l’illustrer au plateau... Il y avait l’idée d’un rendez-vous (Le Jour de) et d’une force, d’une transformation de soi que le collectif peut engendrer, et qui n’a pas besoin d’aller jusqu’à l’animal ou la transe pour exister. (...) Vous parlez de douceur, oui. Se faire du bien surtout, en incluant les autres, et cela, de manière totalement gratuite (pour rien d’autre que le plaisir de le faire) : c’est une forme de résistance nécessaire aujourd’hui. Cela appelle une forme de croyance, au-delà d’une croyance intellectuelle, rationnelle, ou politique...

  • dimanche 17 juin à 21h00
  • Jardin de l’évêché
  • Accès par la place de l’évêché
    (à gauche du Tribunal d’instance).
    Parkings à proximité.
    Boissons rafraîchissantes à la buvette.
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