HooDie

Olivier Muller

Le 16 juin 

Un homme en baskets, bermuda et sweat-shirt à capuche (ou hoodie, précisément). Un plateau nu, balisé par quatre sculptures-piliers, montages bruts et insolites d’objets divers, récupérés ou fabriqués… Les principaux ingrédients de ce premier solo signé Olivier Muller.
Mêlant danse, action plastique et prise de parole, la pièce prend comme points d’appui des mots comme révolte, spiritualité, carnaval. Des figures également : la sorcière, l’émeutier.
Pour autant, aucune prétention de discours frontal sur ces sujets. Il n’est pas question ici de rage, d’incantation ou de débordement. Mais plutôt de liberté. Celle de s’inventer encore et toujours différemment. Celle de jouer, transformer, apparaître, disparaître.
Légèreté, bizarrerie, sensualité : les trois lignes de force de ce solo aux accents d’autoportrait pour le moins singulier. Et pourtant, c’est bien l’énergie du pluriel, du « nous » qu’Olivier Muller fait émerger. Un « nous » joyeux d’exister dans la cohabitation libre, le contraste et la multiplicité.

A man dressed in sneakers, bermuda shorts and hoodie, a stage marked out with four curious sculpture-pillars put together with various recycled or fabricated objects – these are the main ingredients in Olivier Muller’s first solo. In a blend of dance, performance art and speech, the piece pivots around words like revolt, spirituality, carnival, and figures such as the witch or the rioter, but without directly addressing these subjects. Rather than rage, incantation or eruption, in this solo – from which the joyous plural energy of “we” emerges – the idea is freedom : reinventing oneself, playing, transforming, appearing, and disappearing.

Durée : 40 minutes
Conception Olivier Muller
Interprètes Olivier Muller + guest
Regard extérieur Caroline Breton, Isabela Santana
Dramaturgie Youness Anzane
Son Benoist Bouvot
Lumières Laurence Verduci

Production déléguée La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie
Co-production Pôle Arts de la scène - Friche la Belle de Mai, ICI-CCN Montpellier Occitanie / Direction Christian Rizzo, Théâtre de Nîmes, Scène conventionnée d’intérêt national - danse contemporaine – art et création, KLAP Maison pour la danse / Kelemenis & cie à Marseille
Avec le soutien du Collège Condorcet et du Conseil départemental du Gard
Remerciements Réseau en Scène Languedoc-Roussillon, Dans les Parages - Cie La Zouze Christophe Haleb à Marseille

Rencontre avec Olivier Muller

HooDie est votre première pièce personnelle. D’où vous vient l’idée de ce solo ?
En 2016, j’ai fait un solo avec Christophe Haleb, Retour sur Terre. C’était la première fois que je me retrouvais seul sur scène... Aujourd’hui j’ai 33 ans, j’ai étudié les arts plastiques, j’ai ensuite commencé la danse en tant qu’interprète. L’an dernier, j’ai terminé exerce à Montpellier, ma première école de danse. À côté de cela, je donne aussi des ateliers et je m’intéresse beaucoup aux pratiques somatiques... HooDie découle de toutes ces expériences. C’est une manière de me présenter, de travailler pour la première fois seul, avec mon propre corps, mon histoire, mon imaginaire. Une façon de me les réapproprier aussi. (…) Mais s’il fallait donner un point de départ plus précis, ce serait la recherche que j’ai menée pendant mes deux années de master à exerce où j’ai exploré la figure de la sorcière. À laquelle vient s’associer ici celle de l’émeutier. Deux images fortes de renversement du réel, de transgression – de peur aussi – avec qui j’avais envie de dialoguer pour trouver, en miroir, du matériel à partager. Mais ces deux figures ne sont pas, en soi, des thématiques sur lesquelles j’ai voulu travailler.

On parle de solo mais, en réalité, vous n’êtes pas seul sur scène. Vous êtes accompagné de toute une série d’objets, notamment…
C’est une façon de baliser l’espace, et de ne pas me retrouver dans le vide : j’avais besoin de m’entourer d’autres présences au plateau. C’est l’envie aussi d’intégrer un travail plastique, et de jouer avec des questions d’échelles avec mon corps et entre eux (…) Dans la construction des danses, je me suis également occupé à remplir l’espace vide autour de moi. En prenant des objets dont je dois m’occuper. En imaginant le plateau saturé d’une matière qui me fait bouger. Ou en imaginant une présence qui vient me visiter : ma mère qui était professeur de danse, des chorégraphes qui m’ont marqué (Mary Wigman, Pina Bausch, Yvonne Rainer)… Ceci, non pour me lancer dans la citation mais plutôt comme moyen de revisiter des traces de mémoire personnelle.

Comme pour la sorcière ou l’émeutier en somme : ce ne sont pas des thèmes en soi.
Oui, ce sont avant tout des leviers pour m’activer durant le processus de création. (…) Pour revenir à la sorcière, j’ai notamment cherché à voir comment certaines pratiques de sorcellerie pourraient être appliquées à une création de partitions : la divination, l’invocation des esprits, la possession, l’utilisation de plantes comme la jusquiame ou la mandragore, etc. À chaque fois, il ne s’agissait pas de « reproduire » la pratique, ni de la « jouer », mais d’y trouver des impulses. Pour les plantes par exemple, j’ai cherché des stratagèmes pour reproduire leurs effets physiques (accélération du rythme cardiaque et de la respiration, contractions de la mâchoire, tensions musculaires, etc.) sans pour autant en prendre, ni travailler leurs effets de façon illustrative. (…) Pour l’émeutier, je l’ai davantage convoqué comme un motif graphique. J’ai notamment récolté toute une série de photos de manifestations ou d’émeutes, repris certains gestes, en les simplifiant au maximum, et les ai ensuite additionnés pour écrire une partition qui, en soi, n’évoque pas l’émeute mais vient de là.

HooDie : vous pouvez commenter ce titre ?
Un hoodie, c’est un sweat-shirt à capuche. La capuche est un signe assez fort. Elle évoque directement l’émeutier, mais quelque part aussi la sorcière ou, en tout cas, clairement le Moyen-Age. Elle évoque également l’idée de se cacher, ou l’ablation d’identité. En même temps, c’est un vêtement simple, très quotidien, et d’aujourd’hui. Il y a sa sonorité également : le mot hoodie sonne très enfantin. C’est pour ces résonances multiples que je l’ai choisi comme titre.

  • samedi 16 juin à 19h30
  • Salle de l’ancien évêché
  • Accès par la place de l’évêché
    (à gauche du Tribunal d’instance).
    Parkings à proximité.
    Boissons rafraîchissantes à la buvette.
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