3

Malika Djardi

Le 15 juin 

Au fond d’un plateau noir, un monolithe au profil de menhir dégage une lumière lunaire, vibrante, vivante. Au sol, un léger effet miroir ajoute une étrange profondeur, abyssale, à cet espace légèrement brumeux… Telle est la première image de 3, dernière création de Malika Djardi : un plongeon scénique dans l’univers cinématographique de la science-fiction.
Oscillant entre lyrisme et gravité, kitsch et fantaisie, l’aventure qu’elle nous conte ici est emprunte de quête spirituelle malgré un regard catastrophe sur notre devenir planétaire.
Quelle foi (en l’avenir) nous restera-t-il quand nous aurons tout détruit ? La question en filigrane qu’elle semble nous poser dans ce « rituel futuriste de la fertilité », pour reprendre ses propres termes. Jouant joyeusement avec les registres, allant de l’abstraction à un vocabulaire inspiré de la langue des signes, ce trio nous embarque avec appétit dans un scénario aussi fantastique que fantasque.

In the first image of Malika Djardi’s latest creation, a menhir-like monolith at the back of a dark stage gives off a vibrant, lunar light and a slight mirror effect on the floor adds a strange abyssal depth to the space, plunging us theatrically into the world of a science-fiction movie. Wavering between rhapsodic and solemn, kitsch and fantasy, the adventure has something of a spiritual quest in spite of a catastrophic view of our planet’s future. The question the trio in this futuristic “fertility ritual” seem to be asking us is : What faith we can possibly have (in the future) once we have destroyed everything ?

Durée : 70 minutes
Conception, chorégraphie Malika Djardi
Interprétation Malika Djardi, Aude Arago, Polina Akhmetzyanova et un conférencier
Voix Camille Semprez
Texte et dialogues Nicolas Doutey
Sculptures, objets Nodd
Animations vidéo Arnaud Laffond, Julien Humbert, François Jaime Preisser
Mapping, vjing François Jaime Preisser
Création musicale Ulysse Klotz
Régie son Marco Laporte
Création lumières Thomas Laigle
Costumes Marie Coline Madan, Heley
Remerciements Yves Godin, Ana Pi, Maud Pizon, Julien Lacroix, Florian Ponçon
Spectacle parfumé par Methaldone des parfums Aether.

Production Association Stand
Co-production Charleroi Danse - Centre Chorégraphique de la Fédération Wallonie - Bruxelles, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, fabrik Potsdam, L’échangeur - CDCN Hauts-de-France, TANDEM Scène Nationale (Douai), SPEDIDAM, ADAMI
Résidences et soutiens CND – un centre d’art pour la danse, Studio de la Maison de la Danse à Lyon, accueil-studio dans le cadre du StudioLab à la ménagerie de Verre à Paris

Artiste accompagnée dans le cadre du programme franco-allemand ÉTAPE-DANSE, réseau composé par la fabrik Potsdam, l’institut français Deustchland / Bureau du Théâtre et de la Danse, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie et le théâtre de Nîmes. Avec le soutien du Ministère de la Culture - DGCA et de la ville de Potsdam.

Rencontre avec Malika Djardi

Pour 3, vous avez eu l’envie de partir d’un récit SF. Que dévoileriez-vous de ce récit ?
L’histoire se passe sur Terre, dans le futur. Ce qui reste de la société est réfugié dans une grotte, et est obnubilé par la question du soin. La Terre est éteinte, l’humanité est perdue : il n’y a plus de couche d’ozone ; il n’y a plus d’hommes, seules des femmes naissent et la réserve de « cryo-bébés » masculins est quasi épuisée… Voilà pour le contexte. (…) La pièce s’articule autour d’un jeu de dialogues entre une voix off narratrice, la voix d’un « big data » (un peu comme l’ordinateur HAL dans 2001, l’odyssée de l’espace) et trois corps humains qui ont délaissé la parole pour s’exprimer avec un langage de signes et grâce à des capacités sensorielles très développées. Le tout se termine par une sorte de rituel de fertilité, dans l’espoir de faire revenir la vie sur Terre.

D’où vous vient cette trame narrative ?
Elle est venue comme une continuité dans mon parcours. Ma première pièce, Sa prière (NDLR : « dialogue » entre la chorégraphe, au plateau et à la danse, et sa mère, en voix off, interviewée sur sa foi et sa pratique de l’Islam ; pièce programmée l’année dernière à Uzès) se terminait par la question du paradis. Ma deuxième pièce, Horion, était une sorte d’Adam et Eve qui finissait sur une idée de guerre, d’Apocalypse. Pour cette troisième pièce, je suis repartie de cette question de la violence, en me demandant ce que seraient nos émotions dans le futur : est-ce que la violence serait toujours là ? De là, je me suis posée la question de savoir comment pourrait être la Terre dans le futur (d’un point de vue anthropologique, sociologique, écologique, etc.) en me basant sur des phénomènes physiques objectifs actuels, pour ensuite les fantasmer et développer le récit de 3. Je me suis ainsi notamment appuyée sur des interrogations de chercheurs comme Isabelle Mansuy, Aurélien Barrau… et sur des idées fictionnelles puisées chez Kubrick, Ballard, Philip K. Dick, et dans certains jeux vidéo interactifs également, comme Thumper… C’est en accumulant tout cela qu’est arrivée cette histoire de Terre stérile. Une histoire dans laquelle j’ai cherché à creuser, au plateau, ce que serait le corps de ce futur empli de solitude et de désarroi, ce que seraient aussi encore ses plaisirs, ses désirs, ses espoirs, ses buts, alors qu’il ne reste plus grand chose et que la fin semble inévitable…

3 : d’où vient ce titre ?
C’est ma troisième pièce. C’est un trio… Après, j’ai choisi ce titre un peu comme une énigme aussi… Trois est le nombre des couleurs primaires. C’est la Trinité. La Terre est la troisième planète de notre système solaire. L’eau est l’union de trois molécules… Ce chiffre est relié a beaucoup de choses, qui le rendent un peu magique, mystérieux.

  • vendredi 15 juin à 19h30
  • Salle de l’ancien évêché
  • Accès par la place de l’évêché
    (à gauche du Tribunal d’instance).
    Parkings à proximité.
    Boissons rafraîchissantes à la buvette.
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