Pólis

Emmanuel Eggermont

Le 16 juin 

À partir de l’idée de la cité, du « construire ensemble », Emmanuel Eggermont et quatre autres interprètes nous emmènent dans une traversée d’images et de paysages aussi abstraits qu’oniriques. Une « cité chorégraphique », comme le définit l’artiste, dans laquelle cinq chemins individuels se croisent et s’entrecroisent pour mieux se retrouver, ponctuellement, dans des unissons de temps, de lieux et/ou de gestes.
Une écriture précise, minutieuse même, qui veille pourtant à ce que l’imprévu émerge : chaque interprète reste libre de dessiner les intonations de son parcours. Cette attention pour l’instant donne aux corps une présence très singulière, à la fois impliquée et appliquée.
πόλις (Pólis) se révèle ainsi une invitation claire à la contemplation, et à élargir son champ de perceptions jusqu’aux moindres détails. À l’image des nuances de noir qui tapissent le plateau et habillent les corps, des jeux de textures et de matières qui animent la danse et les objets qu’elle convoque. À l’image aussi du riche entrelacs sonore qui circule subtilement entre scène et gradin, pour mieux nous immerger, tous les sens en éveil.

Starting from the concept of city, of “building together”, Emmanuel Eggermont and four other performers lead us through a series of abstract, dream-like images and landscapes. A "choreographic city" in which five individual paths crisscross, occasionally converging in the same place and/or with gestures in unison. But the unexpected can emerge from the precise, even meticulous script : the performers are free to modulate their individual itineraries, and the focus on the instant confers a distinctive presence to the bodies. πόλις (Pólis) lends itself to contemplation and expanded perceptions of detail – like the shades of black that cloak stage and bodies, the play of textures and materials, and the rich interweave of sounds.

Durée : 70 minutes
Conception, chorégraphie, scénographie Emmanuel Eggermont
Interprétation Mackenzy Bergile (en remplacement de Manuel Rodriguez), Laura Dufour, Emmanuel Eggermont,
Jihyé Jung, Nina Santes

Collaboration artistique Jihyé Jung
Créateur lumières Serge Damon
Compositeur Julien Lepreux
Régie générale Alice Dussart
Consultants Marine Pagès, Colin Roche
Accompagnement artistique L’L
Diffusion Sylvia Courty
Administration Violaine Kalouaz

Production L’Anthracite
Co-production L’L (Bruxelles), Pôle Sud CDCN Strasbourg, Le Vivat d’Armentières scène conventionnée danse et théâtre, Le Gymnase | CDCN Roubaix-Hauts-de-France, l’Echangeur-CDCN Hauts-de-France, La Place de la Danse–CDCN Toulouse/Occitanie, La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Danse en Normandie, le CCN de Tours direction Thomas Lebrun et l’Agora de la danse (Montréal) dans le cadre de Correspon-danses, Le Phare CCN du Havre Normandie direction Emmanuelle Vo-Dinh et la Ville de Deauville avec le soutien du réseau Labaye
Avec le soutien de Le Triangle scène conventionnée danse (Rennes), le CN D - Centre national de la danse - accueil en résidence, l’OFQJ
Avec l’aide de la DRAC Hauts-de-France et la région Hauts-de-France

Rencontre avec Emmanuel Eggermont

πόλις (Pólis) : pourquoi ce titre en grec ancien ?
L’idée était de travailler sur la cité, le « construire ensemble », se questionner sur les origines et la formation de la cité. La cité grecque est une de ses origines. Mais ce n’est pas pour autant le sujet de la pièce. Je ne voulais pas me contenter d’une seule vision de la cité : nous avons travaillé sur différentes villes, plus ou moins anciennes.

Comment ce travail par rapport à la ville s’est développé ?
Le projet est né d’un processus de recherche mené à L’L (NDLR : lieu de recherche expérimentale en arts de la scène – Bruxelles). Pour resserrer mon sujet, j’ai choisi de me porter sur l’humain : questionner la construction de la cité par le prisme d’une personne qui nous parlerait de sa ville à travers son expérience, son regard. Dans chaque lieu qui nous a accueilli en résidence de travail (durant ma recherche à L’L mais aussi, ensuite, durant la phase de création), nous avons ainsi demandé que l’on nous fasse rencontrer une personne en lien avec la ville. A chaque fois, nous avons eu des regards très différents : historien, archéologue, membre d’association de quartier, citoyen... Ces rencontres ont été très importantes.

En quoi ont-elles nourri le langage chorégraphique ?
Je préciserais tout d’abord que l’enjeu de ce projet de cité chorégraphique était de voir comment arriver à construire ensemble, à partir des matériaux de chacun, sans imposer une seule vision. Pour enrichir cette perspective, j’ai choisi des danseurs qui ont un rapport singulier à la danse, différent du mien. (…) Nous étions tous présents lors de ces rencontres. Chacun a eu accès à cette « matière première », au même moment et au même niveau. Et chacun a pu s’en emparer de façon autonome : en fonction de sa façon de travailler la danse, et des échos que ces rencontres faisaient avec son parcours et son vécu. Certains se sont davantage attachés à des questions historiques, d’autres architecturales, graphiques, à des questions d’organisation du territoire, etc.

Vous parlez de construire ensemble. Votre écriture, c’est aussi construire au présent : vous laissez aux interprètes beaucoup de liberté lors des représentations.
Effectivement, je ne développe pas une écriture de phrases de mouvement mais un canevas chorégraphique auquel s’ajoute, pour chaque interprète, un ensemble de matières dansées, modulables à chaque représentation : en fonction de son état, des autres danseurs au plateau, des spécificités du lieu, etc. C’est important à mon sens qu’une pièce puisse respirer, évoluer. (…) Ceci dit, dans le canevas chorégraphique de πόλις, il y a aussi ce que j’appelle des événements, des moments où l’on se rassemble – comme c’est le cas dans n’importe quelle cité... Une façon aussi pour moi de laisser à chacun son espace de liberté et de développement mais, en même temps, qu’aucun n’oublie que c’est ensemble que nous sommes en train de faire les choses.

Et l’univers sonore, comment s’est-il construit ?
Il ne s’agit pas d’une trame musicale sur laquelle les danseurs viennent s’inscrire, ni l’inverse. Il est comme un sixième interprète : il évolue en fonction du lieu. (…) La matière musicale, comme la danse, est le fruit d’une accumulation d’éléments récoltés au cours de chaque résidence : des bruits et des silences enregistrés dans l’un ou l’autre lieu, un vieux piano qui trainait dans un studio, etc. A ces matières sonores avec lesquelles Julien Lepreux joue en direct, s’ajoutent des micros captant les sons de ce qui se joue au plateau. L’ensemble est travaillé en multidiffusion (dix sources sonores réparties dans le lieu) pour une spatialisation à chaque fois différente.

  • samedi 16 juin à 22h00
  • Jardin de l’évêché
  • Accès par la promenade des Marronniers
    ou la promenade Racine.
    Parkings à proximité.
    Boissons et restauration légère à partir de 20h30 par Juliette & Pierrot - caravane à délices (plats faits maison avec des produits frais, issus de producteurs locaux).
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